samedi 22 août 2020

22/08 - POUR LA PREMIÈRE FOIS EN FRANCE, 
DES MANIFESTANTS VERBALISÉS « SANS CONTACT » 

Nos confrères de Numerama rapportent l'histoire de militants ayant reçu chez eux une amende sans même avoir subi de simple contrôle d'identité.
« Ce type d'amende pour des manifestations politiques, c'est du jamais-vu. » Julien Brel, avocat toulousain saisi par des militants épinglés pour un rassemblement post-confinement à Millau, s'étonne. Car le cas de ses clients, dont l'histoire est racontée par Numerama, donne lieu à bien des interrogations. Le 12 mai dernier, au lendemain du déconfinement, une manifestation a lieu à Millau, dans l'Aveyron, comme dans bon nombre d'autres villes pour protester contre la gestion de la crise et apporter un soutien aux soignants. Tout rassemblement de plus dix personnes est à l'époque interdit par un décret datant du 23 mars 2020.
Dix jours plus tard, sur un marché de la ville, nouvelle action, cette fois-ci dans les clous : les militants sont séparés en petits groupes de moins de dix personnes, chacun attaché par une corde pour conserver une distance d'un mètre. Le 12 mai comme le 22, aucune interpellation et même aucun contrôle d'identité n'ont lieu.
Pourtant, comme l'explique Numerama, 36 amendes sont envoyées à des manifestants du 12 mai et 12 à ceux du 22 mai. 135 euros, au motif d'un « rassemblement interdit sur la voie publique dans une circonscription territoriale où l'état d'urgence sanitaire est déclaré ». Parmi les verbalisés, de nombreuses figures militantes locales bien connues pour leur engagement. L'un est verbalisé deux fois, une militante assure avoir porté un masque lors des deux manifestations et n'avoir jamais fait l'objet d'un contrôle d'identité. Un troisième, photographe connu lui aussi pour son engagement, a été verbalisé pour sa présence sur le marché, où il venait ce jour-là simplement faire des achats. D'autres n'ont rien reçu.

« Comment ont-ils pu nous reconnaître alors même qu'on était quasiment tout le temps masqués et qu'on avait même du mal à nous reconnaître entre nous ? » s'interrogent ainsi les militants concernés auprès de Numerama. Car on ne sait ni quels sont les agents qui ont verbalisé ni comment ils ont procédé. Deux pistes sont ainsi envisagées. La première est celle des caméras de surveillance présentes dans la ville de Millau autour des deux endroits où se sont tenus les rassemblements. « On ne communiquera pas plus sur cette affaire, répond la direction départementale de la Sécurité publique. C'est une histoire qui n'en est pas une, où nous estimons avoir fait notre travail. »


Autre hypothèse, l'appui d'agents des renseignements locaux, dont la présence a été remarquée sur les lieux des manifestations, lors de séances de visionnage des images de vidéosurveillance. Arthur Messaud, juriste et membre de l'association La Quadrature du Net, explique à Numerama : « Ces agents sont parvenus à reconnaître des gens même s'ils portaient des masques, en utilisant la vidéo comme appui. » Les militants concernés par ces amendes ont ainsi décidé de les contester. Ils devront désormais aller au tribunal de police pour tenter d'obtenir des éléments sur le mode opératoire des autorités.

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