mardi 19 février 2019

19/02 - HONGRIE : LE PLAN D'ORBÁN POUR DOPER LA NATALITÉ 
ET ÉVITER LES MIGRANTS. 
 
Steve Bannon et Victor Orban

Steve Bannon vient épauler les pays européens.
Refusant d'avoir recours aux migrants, le leader nationaliste lance une politique nataliste. Arrivera-t-il à enrayer le déclin démographique de la Hongrie?
Par Emmanuel Berretta
Viktor Orbán est le premier leader nationaliste à affronter sérieusement le problème démographique de son pays. Qu'on le haïsse ou qu'on l'admire, il se met en cohérence : il l'a répété sur tous les tons, il ne souhaite pas de la migration musulmane pour pallier la crise démographique que traversent son pays et bon nombre de pays européens. «La migration accroît la criminalité, surtout à l'encontre des femmes, et introduit le virus du terrorisme», lance-t-il, par allusion à la France, car Viktor Orbán, qui lance sa campagne européenne, vise en particulier Emmanuel Macron, leader des pro-européens. 
La solution de Viktor Orbán passe par le «réarmement démographique» de la Hongrie. Un thème brassé en France par le Rassemblement national et en Italie par Matteo Salvini avec lequel, sur ce point, Orbán est en phase. Lundi 11 février, lors de son discours sur l'état de la nation, le Premier ministre hongrois a annoncé des « aides à la naissance » sans précédent  ! Un mouvement qu'il a amorcé depuis neuf ans...

La loi pour l'avortement de Simone Veil avait pour but de limiter les naissances de français, ces rebelles !!!! afin de nous remplacer par d'autres populations. Ce que Renaud Camus appelle "Le grand Remplacement". 

Matteo Salvini, l'italien et Orbán s'entendent sur le natalisme anti-migrant
Le coup d'accélérateur est énorme puisque «toute femme âgée de moins de 40 ans qui conclut son premier mariage pourra recevoir un prêt à taux bonifié de 10.000 millions forints soit 31.500 euros pour le démarrage de sa vie en couple », annonce-t-il. Argent que nous n'avons pas donner à des migrants pour élever des enfants qui ne s'intégreront pas.... Dès la naissance du premier enfant, le remboursement du prêt est suspendu pour trois ans, et pour trois nouvelles années à la naissance du deuxième enfant avec effacement d'un tiers du capital. Au troisième enfant, le capital restant dû est effacé. Si bien qu'une jeune Hongroise mariée qui enchaînerait trois naissances n'aurait rien à rembourser.

Le 13 septembre 2018, Matteo Salvini s'était fixé le même objectif en déclarant lors d'une conférence sur les migrations et la sécurité : « Je suis payé par les citoyens pour faire en sorte que nos jeunes aient de nouveau des enfants, comme c'était le cas il y a des années. Et non pas pour déraciner les meilleurs jeunes d'Afrique afin qu'ils viennent remplacer les Européens qui n'ont plus d'enfants (...). En Italie, notre besoin, c'est de permettre à nos enfants d'avoir des enfants, et non pas d'avoir de nouveaux esclaves pour remplacer les enfants que nous n'avons pas. » L'Italie est intensément frappée par le vieillissement de sa population avec un indice de vieillissement de 135 %, le plus élevé d'Europe.

Des aides sans précédent pour doper la natalité
Viktor Orbán a annoncé bien d'autres cadeaux aux familles. « Dès la naissance du deuxième enfant, l'État prendra à sa charge un prêt hypothécaire de 3.150 euros », promet-il. La somme passe à 12.500 euros au troisième enfant, et 3.150 euros à chaque nouvelle naissance au-delà. « Les femmes ayant donné naissance et élevé au moins quatre enfants seront exonérées à vie du paiement de l'impôt sur le revenu », poursuit-il. Outre une aide à l'achat d'une automobile d'au moins 7 places pour les familles nombreuses (7 800 euros), Viktor Orbán promet la création de 21 000 places nouvelles en crèche sur trois ans. Il introduit le « congé grand-parental » pour garder les enfants : « si les parents le souhaitent, les grands-parents pourront rester en congé à leur place », dit-il. L'aide au logement est couplée au projet de naissance : les familles qui s'engagent à avoir deux enfants bénéficieront d'un prêt de 69.300 euros pour l'acquisition d'un logement ancien et 110.300 euros pour celles qui s'engagent à avoir trois enfants...

Le problème démographique de la Hongrie est aujourd'hui important. Il occasionne déjà une pénurie de main-d'œuvre... Les salaires augmentent régulièrement depuis quelques années et les employeurs manquent de bras. Le pays tourne à plein régime, au plein emploi avec un chômage à 3,7 % (en juillet 2018). L'avenir est sombre. La Hongrie, comme de nombreux pays en Europe, vieillit et perd peu à peu sa population. Après avoir atteint 10,7 millions d'individus au début des années 1980, la Hongrie décline à 9,8 millions d'habitants – données actuelles –, cumulant un déficit de naissances et un surpoids des populations âgées. Si elle continue à ce rythme, le pays magyar va tomber à 8,3 millions d'habitants en 2050 et 6,5 millions en 2100.

Orbán dénonce « un monde christiano-musulman » à l'Ouest
Viktor Orbán met donc un violent coup d'accélérateur à sa politique nataliste. 
Est-ce que cela peut marcher  ? 
Beaucoup de démographes s'accordent à dire que les femmes, à l'est du Rideau de fer, ont fait moins d'enfants, car, avec la chute du communisme, les structures de garde d'enfants se sont effondrées. Pour concilier natalité et accès au travail, il faut donc, non seulement aider les familles, mais soigner la capacité de garde des enfants. Il faut que les femmes aient le sentiment d'avoir le choix entre vie professionnelle et vie personnelle.
"Un monde christiano-musulman voit le jour dans les pays d'immigration, avec une proportion de chrétiens en baisse constante, souligne Viktor Orbán. Il y en a qui n'y voient rien de mal, et d'autres qui négligent le phénomène parce qu'ils pensent qu'il sera lent. Ils se trompent, et ils seront surpris. La population immigrée, de 10 % passera d'abord à 15-20 %. Et après, tout s'accélère, et il n'y aura plus besoin d'imagination, seulement de mathématiques élémentaires. Ma génération verra encore la rapide transformation des anciens pays chrétiens. Cela nous fait mal, mais nous ne pouvons rien faire. Ceux qui sont montés dans ce Rapide (au sens de Train express, NDLR) continueront leur route jusqu'au terminus. Et il n'y aura pas de billet retour. Nous autres, en Europe centrale, nous disposons encore de notre avenir. »

Au PPE, la ligne Orbán monte en puissance
Engageant la campagne des européennes, Viktor Orbán n'oublie pas d'accabler une nouvelle fois les « bureaucrates de Bruxelles », mais cette fois, il a changé de cible. Jean-Claude Juncker, sur le départ, n'est plus l'objet de ses foudres. Désormais, il s'en prend directement à son vice-président social-démocrate, Frans Timmermans, tête de liste européenne du PSE (Parti socialiste européen). Une aubaine pour Orbán qui peut ainsi charger le spitzenkandidat des sociaux-démocrates et clamer qu'il fait ainsi la campagne du PPE (les chrétiens-démocrates européens) et non celle des populistes français ou italiens. Orbán a légèrement adapté ses attaques : auparavant, il s'en prenait à George Soros pour son soutien aux migrants en Hongrie, désormais, il associe Timmermans et Soros, qu'il décrit comme deux complices. « La gauche européenne est devenue aujourd'hui championne des spéculateurs, assène-t-il, de la citoyenneté mondiale, du gouvernement mondial et, maintenant, de la migration mondiale, le fossoyeur des nations, de la famille et du mode de vie chrétien. La confrontation est devenue ouverte depuis que George Soros a placé à la tête des armées pro-migration un socialiste du nom de Timmermans. »
Sorros a été arrêté :

Orbán déforme en fait la réalité. Il s'en prend à l'idée de créer en Europe une filière légale de migrations, non pas pour encourager les flux, mais pour les réguler et éviter les départs clandestins. Ce n'est pas une idée propre à Frans Timmermans. La chancelière Merkel, elle-même, figure éminente du PPE, a été l'une des premières dirigeantes à poser le sujet sur la table. En novembre 2017, lors du sommet Europe-Afrique, à Abidjan, Angela Merkel a plaidé en faveur de filières légales de migration afin de lutter contre la traite humaine et le business des passeurs clandestins. Cette proposition ne fait pas l'unanimité au sein de la CDU. Il n'est pas certain qu'Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK), qui lui a succédé à la tête du parti, s'aligne sur cette position le jour où, éventuellement, elle lui succédera à la chancellerie. AKK a d'ailleurs marqué une première différence avec la chancelière en se prononçant contre la double nationalité des titulaires d'un passeport extracommunautaire, cédant ainsi à revendication de l'aile droite de la CDU à laquelle Merkel avait toujours opposé un refus... C'est plutôt le signe que la CDU se rapproche, petit à petit, des thèses d'Orbán. Le centre de gravité du PPE lui-même, par l'effondrement de son influence dans les pays occidentaux, va se déporter vers les pays d'Europe centrale et de l'Est. Là même où l'influence des idées d'Orbán trouvent déjà le plus d'adeptes.

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