jeudi 7 février 2019

07/02 - LOI ANTI-CASSEURS : L'ASSEMBLÉE VOTE LE TEXTE, 
50 MARCHEURS S'ABSTIENNENT.
"C’EST UN RECUL DÉMOCRATIQUE CONSIDÉRABLE", 
S'INQUIÈTE LE BARREAU DE PARIS.
LAREM SE FISSURE.



Vu que les députés de LAREM sont en très large majorité, ce qui ne devrait pas être, La loi anti-casseurs est passée, mais l'édifice se fissure. Il sera toujours temps d'annuler toutes ces lois une fois le peuple au pouvoir. La justice rejoint les GJ.
Loi "anti-casseurs" : "c’est un recul démocratique considérable", s'inquiète le barreau de Paris
Par Basile Ader vice-bâtonnier du Barreau de Paris

François Sureau : «C’est le citoyen qu’on intimide, et pas le délinquan »
L’avocat et écrivain, proche de Macron, lance un réquisitoire contre le texte, qui sera voté mardi.
Ses plaidoiries devant le Conseil constitutionnel contre l’état d’urgence ont été publiées sous le titre de Pour la liberté. Proche du président de la République, Emmanuel Macron, il lance ici un réquisitoire contre la loi « anticasseurs » du gouvernement.

Loi anticasseurs : des frondeurs chez LaREM ?
Gilles Le Gendre, né le 13 mai 1958 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique, entrepreneur et journaliste français, spécialisé dans la presse économique. Membre de La République en marche, il est élu député dans la deuxième circonscription de Paris lors des élections législatives de 2017.
Le foulard ne cache pas forcément le visage, mais est là pour protéger des gaz
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Malgré de nombreuses critiques de toute part et l'abstention de certains Marcheurs, la proposition de loi a été votée avec 387 voix contre 92.
"Au-delà de 30 abstentions, ça devient chaud", s'inquiétait une députée LREM quelques minutes avant le vote de la loi anticasseurs. Les résultats du vote montrent qu'un incendie plus violent que prévu couve dans le groupe LREM. Ils ont finalement été 50 députés à refuser de voter le texte ce mercredi 5 février.

Le coup est rude
A la sortie de l'Hémicycle, Sonia Krimi, l'une des pourfendeuses du texte, tente d'engager la discussion avec le président de groupe, Gilles Le Gendre. "On ne débat pas devant les caméras", la rabroue-t-il.
Pour le garant de la discipline dans les rangs LREM, le coup est rude. "50 abstentions, c'est beaucoup, reconnaît Jean-François Eliaou, responsable du texter de loi pour le groupe macroniste. C'est quelque chose qui prête à réflexion". 
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LOI "ANTI-CASSEURS" : LA DÉPUTÉE DE LA MAJORITÉ SONIA KRIMI S'ABSTIENDRA
Une députée LREM poussée vers la sortie pour avoir porté un gilet jaune ..
Alors que le vote interviendra mardi dans l’hémicycle, plusieurs élus LREM indiquent d'ores-et-déjà qu’ils s’abstiendront sur la proposition de loi inspirée par le sénateur LR Bruno Retailleau et amendée par les députés. C’est son article 2, concernant la possibilité octroyée aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, qui pose principalement problème. L’une de ces parlementaires réfractaires, la députée de la Manche Sonia Krimi, qui s'était déjà opposée à la loi "Asile et Immigration" et avait enfilé il y a quelques semaines un gilet jaune, explique sa démarche au micro de Stéphanie Depierre et de Matthieu Desmoulins.
"C'est un événement, ce n'est pas un schisme, minimise le porte-parole du groupe, Jean-Baptiste Djebbari. 50 abstentions, c'est 16% du groupe. Ils sont minoritaires." Dans la majorité, seul le député Modem Brahim Hammouche a franchi le Rubicon en votant contre le dispositif. "C'est ma liberté qui me l'impose aujourd'hui, se justifie ce dernier. C'est ma conscience qui me le rappellera demain dans l'hiver des peuples qui arrive". 

Réunion agitée
Jusqu'au bout, plusieurs élus LREM auront été tenaillés par le doute. Déjà ébranlés par la violente critique de l'avocat François Sureau, proche d'Emmanuel Macron, dans une interview accordée au journal Le Monde daté du 5 février, ils commencent la journée de mardi par une réunion de groupe très agitée. A huis clos, Aurélien Taché, Cécile Rilhac et Mireille Clapot ouvrent les hostilités. Ils critiquent une loi qu'ils jugent liberticide et dangereuse, et mettent en garde leurs collègues sur ce qu'un gouvernement d'extrême droite pourrait faire de mesures d'interdiction de manifester.
Les opposants au texte sont minoritaires, mais bavards. Le président du groupe Gilles Le Gendre tente de rééquilibrer le débat et se tourne vers l'ancienne socialiste Elise Fajgeles, qu'il lui sait favorable. La députée de Paris défend la proposition de loi initiée par le sénateur LR Bruno Retailleau et met en avant la nécessité d'envoyer un signal de soutien aux forces de l'ordre, rudement mises à l'épreuve par le mouvement des gilets jaunes.
Lui aussi ancien militant PS, son collègue du Cher François Cormier-Bouligeon prend le relais. "Il ne faut pas inverser les valeurs et les faits, renchérit-il. Qui est liberticide ? Ce sont ceux qui empêchent les députés ou les journalistes de travailler librement, en les menaçant ou en les molestant. Je viens de la gauche, je veux défendre la liberté de manifester. Cela ne me dérange pas de priver de liberté les ennemis de la liberté, mais avec une procédure provisoire et encadrée par le juge administratif, qui n'est pas un juge mineur dans notre état de droit. Bien au contraire." 

Critiques aigres
Face à ceux qui s'inquiètent du signal politique envoyé par l'adoption du texte, Aurore Bergé réplique par la nécessité de soutenir les forces de l'ordre et les commerçants dont le chiffre d'affaires est durement frappé par les journées de manifestations. "Ce n'est pas une loi de circonstances", assure-t-elle, faisant référence aux débordements déplorés depuis plusieurs années en marge de différentes manifestations. La rapporteure de la loi, Alice Thourot, et le responsable du texte, Jean-François Eliaou, sont très applaudis par leurs collègues. Plusieurs élus se plaignent, en aparté, de l'activisme dans les médias de Sonia Krimi, Matthieu Orphelin et Aurélien Taché.
Les députés sont à fleur de peau. Sur les boucles Telegram qui les réunissent par affinités ou par groupes de travail, les abstentionnistes essuient des remarques aigres de la part de leurs collègues. En réunion de groupe, Gilles Le Gendre agace les opposants au texte en pointant le confort qu'il y aurait à se réfugier dans l'abstention. Barbara Pompili réplique durement. L'ancienne ministre de François Hollande fait valoir que les abstentionnistes ont des convictions personnelles, et qu'ils se trouvent eux-mêmes pris en étau, critiqués autant dans leurs réseaux de gauche que par leurs collègues LREM à l'Assemblée.

"Complètement contre-productif"
En filigrane, c'est la définition même du macronisme qui est en débat. Les abstentionnistes se considèrent comme des "gardiens du temple" - selon la formule de l'un d'eux - du programme présidentiel d'Emmanuel Macron. Sous le quinquennat précédent, les frondeurs socialistes avaient eux aussi l'habitude de se réfugier derrière le discours du Bourget de François Hollande pour justifier leur opposition à sa politique économique. "L'ADN de la République en Marche, c'est de chercher des solutions qui marchent !", rétorque Elise Fajgeles. "C'est la première fois qu'on peut débattre en réunion de groupe", observe un député LREM. Rare motif de satisfaction dans une journée riche en tensions.

La grande majorité des députés LREM et MoDem, ainsi que des LR et UDI ont voté pour, alors que l'ensemble de la gauche s'est prononcé contre. Cinquante députés LREM se sont abstenus sur cette proposition de loi controversée, un record sur un texte soutenu par le gouvernement, mais aucun d'eux n'a voté contre.
«L'essentiel, c'est qu'il n'y a eu aucun vote contre», a commenté dans la foulée du vote le patron du groupe majoritaire Gilles Le Gendre, devant la presse. Sonia Krimi, qui a un temps envisagé de voter contre, a voulu «envoyer un signal » pour que le gouvernement évolue sur la disposition clé des interdictions préventives de manifester pouvant être prises par les préfets. Plusieurs redoutent à l'avenir que ces représentants de l'État soient aux mains d'un «régime malintentionné».

Le député LREM Aurélien Taché s'abstiendra mardi lors du vote de la loi "anti-casseurs", un texte voulu par le Premier ministre, Edouard Philippe.
"Je ne voterai pas cette loi." Aurélien Taché, député La République en marche (LREM) du Val-d'Oise est formel : "en l'état", il ne peut se résoudre à se prononcer en faveur de la loi "anti-casseurs". Dans le viseur de cette figure de l'aile gauche de la majorité, l'article 2 de la loi, qui permet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester pour toute personne qui " constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public", même si elle n'a pas été condamnée. Le texte vise à renforcer les pouvoirs des forces de l'ordre contre les comportements violents en manifestation.

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