mardi 15 janvier 2019

15/01 - GJ. LA CONQUÊTE DU PLUS HAUT VIADUC DU MONDE 
PAR LES GILETS JAUNES, 
UN EXPLOIT SANS VIOLENCE IGNORÉ DES MÉDIAS.

Rien n'arrête une foule déterminée ayant pour but de libérer Son Pays

Viaduc de Millau,
le 12 janvier 2019
Samedi sur les coups de 10 h 30, environ 250 gilets jaunes de Millau, mais aussi de tout l'Aveyron, de Lozère (et même de Paris), rejoints par des membres de l'Amassada, ont, comme ils l'avaient annoncé, entamé une marche vers le Viaduc de Millau. Mais les forces de l'ordre les attendaient…

« On avait ordre de ne laisser passer personne ». Le chef d'escadron Antoine Berna explique pourquoi les forces de l'ordre se sont interposées, ce matin, afin d'empêcher les gilets jaunes de faire leur marche sur le Viaduc de Millau, qu'ils avaient annoncée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, et à grand renfort de tracts. « Hier soir, on a repéré sur les réseaux sociaux que certains individus déclaraient vouloir venir avec des armes », assure le commandant de la compagnie de gendarmerie du Sud-Aveyron.

Aussi, lorsque les quelque 250 gilets jaunes ont avancé à pied vers le péage pour emprunter l'autoroute A75, un comité d'accueil d'une trentaine de forces de l'ordre les attendait de pied ferme.

La rencontre devait avoir lieu à la sortie de l'échangeur de Saint-Germain, mais alors que les gendarmes avançaient vers le nord pour les empêcher de mettre un pied sur l'autoroute, les manifestants ont coupé par un fossé et se sont engouffrés par une grille de sécurité pour arriver directement au niveau du péage…

La tension à son comble

Pris de court, les gendarmes ont vite rebroussé chemin pour les empêcher d'avancer, mais il était déjà trop tard, certains gilets jaunes ayant déjà franchi le péage. Débordés de toutes parts, ils ont alors décidé de bloquer la marche en avant au rétrécissement de l'autoroute, après le péage.

Stoppée un bon moment, la majeure partie de la troupe des gilets jaunes s'est alors retrouvée nez à nez avec les forces de l'ordre, tandis que d'autres avaient déjà passé l'obstacle par les côtés…

Le commandant Berna a essayé de reprendre la main sur les événements, en exhortant les gilets jaunes de faire demi-tour. « Si vous commettez des actions sur le viaduc, vous pouvez déstabiliser le tablier » a-t-il essayé, sans vraiment convaincre.

S'en est suivi un échange que nous qualifierons de « musclé », quand durant plusieurs minutes, les manifestants ont essayé de forcer le passage à travers les boucliers des gendarmes.
Il s'en est fallu d'un cheveu avant que cela ne dégénère, quand un des gendarmes a demandé au commandant l'autorisation de faire usage de la force. Après trois sommations, sans suite, la tension était alors à son comble.

Bousculés, les services d'ordre se sont une nouvelle fois fait déborder par les côtés. Au bout de quelques minutes d'échauffourées, les services de la préfecture ont alors fait savoir aux gendarmes qu'ils devaient laisser passer les manifestants.

Deux faux « gilets jaunes » ont sauté du viaduc…
Les gilets jaunes ont alors pu entamer véritablement leur marche vers le viaduc, encadrés par les gendarmes. La tension retombée comme un soufflé, l'ambiance est devenue bonne enfant. Arrivés au milieu du viaduc après une longue marche, et malgré un vent glacial, les gilets jaunes avaient atteint leur objectif : bloquer la circulation et marcher sur le viaduc.

Aussi, une fois sur place, rien n'avait été véritablement prévu. Certains pique-niquaient, d'autres dansaient pour se réchauffer… On a même vu deux base-jumpeurs déguisés en gilets jaunes grimper sur les protections avant de sauter dans le vide, au nez et à la barbe des gendarmes qui n'ont pu qu'assister à la scène en spectateurs.


Un peu avant 13h, les manifestants vidaient les lieux. Une dernière petite échauffourée a eu lieu quand les gendarmes ont essayé de faire passer les manifestants par l'aire du viaduc, au lieu d'emprunter à nouveau l'A75. Mais ils se sont à nouveau fait déborder…


Le quotidien régional, un peu moins méprisant
que d'habitude avec les gilets jaunes

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