vendredi 11 janvier 2019

11/01 - GJ - A LA VEILLE DU "GRAND DÉBAT", 
DES GILETS JAUNES INTERPELLENT LES SYNDICATS 
POUR LA GRÈVE GÉNÉRALE. 

Les Gilets Jaunes accueillis à la Bourse du Travail de Toulouse ce 10 janvier 

Syndicats Collabos.
Ce vendredi 11 janvier, le gouvernement a appelé les syndicats de travailleurs à venir autour de la table de Matignon, pour l'ultime réunion préalable au « grand débat national ». La CFDT, la CFE-CGC et la CFTC ont répondu favorablement. De leur côté, dans certaines Assemblées Générales, les Gilets Jaunes, non contents de ne pas se rendre à Matignon, ont, dans plusieurs villes, mené des actions visant à interpeller les syndicats pour construire la grève générale.

Drôle de paradoxe. Alors que le gouvernement, mis dos au mur par le mouvement des Gilets Jaunes, a annoncé la tenue d’un « grand débat national » qui d’ors et déjà prend l’eau de toute part, les principaux intéressés ne seront pas présents demain à Matignon, pour l’ultime réunion de préparation. Aux cotés des représentants du patronat seront présentes la CFDT, ouvertement hostile aux Gilets Jaunes, ainsi que la CFE-CGC et la CFTC...
Rien de bien étonnant que Laurent Berger joue les chiens de garde pour Macron. Dimanche dernier, le leader de la CFDT avait déclaré «qu’il y avait une forme de totalitarisme dans l’exercice de ce mouvement, on y est» tout en dénonçant un «déferlement de violence raciste, antisémite et antirépublicaine». Ce dernier a même été adoubé mercredi dernier sur RTL par Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, qui déclarait, face à l’absence de sollicitation du gouvernement : «Je préfère appeler Laurent Berger et discuter avec les syndicalistes, au moins, ça fait avancer les choses». En première ligne pour défendre la macronie, Berger a donc tout naturellement répondu favorablement à l’invitation de Matignon. Voilà qui en dit long, en définitive, sur le niveau d’enfumage que représente ledit débat.
Si Force Ouvrière n’a, à l’heure où nous écrivons ces lignes, pas encore fait part de sa décision, la CGT a clairement indiqué, par la voix de Philippe Martinez, ne pas participer à cette réunion de préparation sur les ondes de RTL. Si pour une fois, le secrétaire général de la CGT n’est pas allé au chevet de Macron, la réponse positive de l’intersyndicale à l’appel à l’ordre de Macron contre les Gilets jaunes, quelques jours avant le 14 décembre, puis le silence de mort dans lequel se terre Martinez depuis ont été un appui central pour le gouvernement, largement affaibli. Plus encore, elle a légitimé toute la séquence répressive du gouvernement contre les Gilets jaunes. Ce n’est donc pas seulement le manque de convergence dont il s’agit mais, en définitive, d’un rôle d’appui au régime.
Le discours a cependant changé. Si le «mouvement piloté par l’extrême droite» a été rangé au placard, c’est avec d’autres arguments que Martinez avance pour se défausser. «Ce mouvement n’a pas de coordination nationale. Quel interlocuteur on a au niveau national pour discuter ? Aucun, d’ailleurs ils n’en veulent pas» a t-il ainsi avancé, toujours sur les ondes de RTL, avant d’expliquer que la CGT «ne peut pas se rallier à des individus qui réclament la suppression des cotisations sociales (qui) sont notre sécurité sociale».

Pourtant, il est clair que le gouvernement est aujourd’hui totalement impuissant face au mouvement des Gilets Jaunes, et que la situation n’a jamais été aussi favorable pour lancer la contre-offensive après des années de défaites sociales. Le mouvement des Gilets Jaunes a en effet, par sa mobilisation de masse dans la rue, fait pour la première fois reculer Macron, délégitimant profondément le gouvernement et toute forme de «dialogue social», un coup dur porté aux directions syndicales qui essaient, difficilement, à travers le grand débat, de se repositionner comme un interlocuteur légitime et crédible pour le pouvoir et ainsi se refaire une santé sur le dos des Gilets Jaunes.
Il est donc indispensable d’exiger non seulement que l’ensemble des syndicats sortent du «grand débat», mais aussi qu’ils mettent toutes leurs forces vers la construction d’un rapport de force supérieur pour faire plier Macron.

Des Gilets Jaunes en action pour construire la grève générale en interpellant les syndicats
En ce sens, les actions coordonnées dans de nombreuses villes ce jeudi 10 janvier par les Gilets Jaunes sont très progressistes. En effet, de Montpellier à Toulouse, de Lille à Narbonne, les Gilets Jaunes ont décidé d’interpeller directement les directions syndicales pour exiger la mise en œuvre d’un plan de bataille à même de construire une grève générale. 
A Lille, Gilets Jaunes et Stylos Rouges ont convergé pour bloquer le rectorat. 
A Toulouse, ce sont près de 300 personnes qui ont pris part à une discussion entre Gilets Jaunes et certaines structures syndicales (CGT, FSU, Solidaires, UET et Solidaires Etudiant-e-s).
Loin du discours de Martinez et autres dirigeants syndicaux, c’est bien l’esprit de convergence avec le mouvement des Gilets Jaunes qui prédomine à la base des organisations syndicales. Un sentiment renforcé par les déjà nombreuses actions de convergence entre Gilets Jaunes et gilets rouges partout dans l’hexagone.
C’est en ce sens, loin des fauteuils de Matignon, que le mouvement doit se développer pour emporter la mise. Celui de la convergence des luttes, de l’affrontement direct dans la rue et dans les entreprises pour imposer un rapport de force suffisant sur le terrain de la lutte des classes. Plus que jamais, la question de la grève se pose comme une nécessité brûlante.

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