mardi 8 janvier 2019

08/01 - MESSE EN HOMMAGE À JOHNNY HALLYDAY 
LE 9 DÉCEMBRE à 12h30 À L'ÉGLISE DE LA MADELEINE. 


Le Chant des partisans Johnny Hallyday
Nos parents ont eu Jean Moulin, nous avons Marc Granié.
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Johnny Hallyday : ce que racontent les 11 chansons de son album posthume

Après des mois d’attente sur fond de bataille judiciaire, une session d’écoute de Mon pays c’est l’amour, 51e opus de Johnny Hallyday, a été organisée lundi dans les locaux de la maison de disque Warner. Compte rendu, avant la sortie de l'album vendredi.
Portrait de Johnny Hallyday sur la façade de l'église de la Madeleine en décembre.
Portrait de Johnny Hallyday sur la façade de l'église de la Madeleine en décembre. 

Il fallait montrer patte blanche pour pénétrer dans les locaux de Warner. Muni de son précieux carton d’invitation, chaque journaliste devait présenter sa carte d’identité, signer "un engagement de confidentialité", avant de rejoindre "le 118", un auditorium faisant office de salle de concert, là-même où Johnny Hallyday a répété ses deux dernières tournées, comme le dira Thierry Chassagne, directeur de la major lors de la conférence de presse organisée lundi dans la foulée de l’écoute du disque Mon pays c’est l’amour, qui sort vendredi et sera distribué - signe du carton annoncé - à 800.000 exemplaires.
Dans une ambiance plutôt cosy (fauteuils chics et confortables, tables basses, éclairages tamisés), la petite centaine de journalistes et trentaine de fans allaient enfin découvrir "le nouvel album de Johnny" et non pas "l’album posthume", comme le précisera dans la foulée Sébastien Farran, manager du Taulier. Chacun s’était vu remettre un casque sans fil (pour éviter les enregistrements pirates) et découvrir les dix chansons enregistrées par Johnny entre mars et septembre 2017. Comme un bras d’honneur à la grande faucheuse. Il l’avait si souvent éconduite… "Il était convaincu que cet album était une épreuve de plus, jamais il ne s’est plaint, il était dans un positivisme total", dira Maxime Nucci, qui a eu la lourde tâche de finaliser - avec l’aide de Yarol Poupaud - l’album après le décès de Johnny.
Il était convaincu que cet album était une épreuve de plus, jamais il ne s’est plaint
Après près de 40 minutes d’une écoute recueillie, la satisfaction et le soulagement se lisaient dans l’assistance. Oui, la voix de Johnny est toujours aussi impressionnante, vivante et expressive malgré l’épreuve de la maladie. Oui les chansons signées Maxime Nucci et Yarol Poupaud sont dans l’ensemble solides, résolument rock and roll, avec une poignée de ballades et de titres grandiloquents taillés pour les stades. Quant aux textes concoctés par une armada d’auteurs, ils sont dans la tradition hallydéenne avec ses thèmes fétiches : l’amour du rock et d’une Amérique fantasmée, la résilience obstinée, la taule et les embrouilles de coeur… Ils prennent aujourd’hui une résonance singulière et donneront lieu à moult interprétations des exégètes. Revue en détail du 51e et dernier album de Johnny Hallyday :
1 - J’en parlerai au diable (paroles Pierre Jouishomme, musique Yodelice)
Johnny rentre dans le vif du sujet avec cette ballade épique où il met en scène son arrivée en enfer. "J'en parlerai au diable si l'heure vient à sonner/Demain soir à sa table dire ma vérité...". Une chanson à la fois grave et ironique, inspirée d’un classique de Ray Wylie Hubbard, Conversation with the Devil : "Je lui avais envoyé la vidéo, quand il l’a vue il m’a envoyé un mail dont il avait le secret : 'Trouve-moi une chanson comme ça'", raconte Bertrand Lamblot, directeur artistique chez Warner. Avec de belles envolées vocales mais aussi des fragilités touchantes, le chanteur évoque ses "mensonges" et ses "trahisons", "les limites" avec lesquelles il a souvent flirté, se présente "l'innocent et le coupable". Sans doute la chanson la plus inspirée du disque.

2 - Mon pays, c’est l’amour (paroles Katia Landreas, musique Yodelice)

La chanson préférée de Johnny selon son entourage. Paroles légères et malicieuses sur un rock sautillant millésimé années 50, avec solos de guitares et de cuivres furibards. "Je viens d’un pays qui ne m’a jamais quitté/ Une terre sans loi ou personne ne se perd", chante Johnny avec l’énergie de ces jeunes années, ragaillardi par ce rockabilly signé Yodelice, dans la lignée du tube De l’Amour tiré de son précédent album. "Elle n’était pas facile à chanter avec son tempo très enlevé, mais il était en demande de ce type de chanson. On avait vraiment l’impression de le retrouver en plus jeune", dira Maxime Nucci.

3 - Made in Rock’N’Roll

Johnny replonge dans son bain de jouvence avec ce titre vintage, une relecture yé-yé de son classique  Rock’N’Roll attitude, signé Michel Berger. "C’est écrit sur mon cœur, je suis made in rock’n’roll", chante Johnny. D’autres paroles prennent une résonance émouvante cruelle quand il assure avec la morgue des survivants : "C’est pas le temps qui va user ma carcasse/ Le temps il va s’user avant moi/ C’est pas l’argent qui me fera tenir en place, il s’épuisera bien avant moi" Un rock adapté par Pierre-Dominique Burgaud de Let The Times Roll de JD MC Pherson.

4 - Pardonne-moi (paroles Yohann Mallory-Hervé Le Sourd, musiques Yodelice)

Une ballade avec rivières de cordes et guitares racées. Johnny fait son mea-culpa pour ses erreurs et ses errances de combattant inoxydable : "Pardonne-moi si les silences au fond de moi m’ont rendu sourd", souffle le rockeur avec ce mélange de force et de fragilité qui est sa signature. Les exégètes pourront s’interroger sur le ou les destinataire(s) de cette confession : Laeticia, Jade et Joy, Laura et David, des amis perdus… Interprétation libre.

5 - Interlude (instrumental)

Un déclinaison symphonique signée Yvan Cassar du thème J’en parlerai au diable.

6 - 4m2 (paroles Pierre-Yves Lebert, musique Yodelice)

Autre temps fort du disque dans un registre plus social. Johnny, qui fut l’un des premiers artistes français à donner des concerts en prison, renoue avec le thème carcéral (Les Portes du pénitencierLa prison des orphelins…). Il se glisse dans la peau d’un taulard qui rêve de ciel bleu, d’ivresse, de grands espaces et d’étreintes charnelles. Un rock-blues claustrophobique porté par un texte d’une grande justesse signé Pierre-Yves Lebert : "4m² et des poussières, c’est la démesure de l’enfer/ 4m² et des poussières, c’est la mesure de ma misère".

7 - Back in LA (paroles Miossec-Yodelice, musique Yarol Poupaud)

Il se révèle moins convaincant en amoureux en pleine déprime après avoir été largué par sa chérie. Johnny qui se morfond à Los Angeles, l’engueule à distance, s’excuse, la supplie de le retrouver… Si la musique séduit avec son riff stonien, le texte peine à trouver le ton juste entre légèreté et gravité.

8 - L'Amérique de William (paroles Jérôme Attal, musique Yodelice)

Une ballade country-folk à la guitare slide pour dire la fascination de Johnny pour son Amérique fantasmée, ses "grands espaces intimes", ses motels et ses mythes... Cette chanson épurée dans son habillage musical offre un écrin sur mesure au chant tout en retenue de Johnny qui signe un hommage au photographe William Eggleston...

9 - Un enfant du siècle (paroles Yohann Mallory-Yodelice, musique Yarol Poupaud)

Un rock taillé pour les stades à la fois introspectif et universel. "Puisque le ciel est grand/ Que le temps nous tue/ Que restera-t-il de nous?", s’interroge Johnny dans cette chanson un rien grandiloquente conçue pour les apothéoses de fins de concerts… "Dans la foulée de l’enregistrement du disque, il comptait renouer avec la scène. Il m’en a parlé jusqu’au dernier jour, il voulait aussi des chansons épiques. Cet album a d’ailleurs été conçu comme le tour de chant d’un concert", dira Sébatien Farran.

10 - Tomber encore (paroles Boris Lanneau, musique Yodelice-Yarol Poupaud)

Cette ballade qui lorgne du côté de la variété-rock parfois lisse possède son histoire. Elle a été écrite par un fan, Boris Lanneau, qui un jour donna un cahier rempli de chansons à Maxime Nucci. Un temps oublié, le cahier fut retrouvé et cette chanson exhumée pour exister dans cet album posthume. La dernière chanson enregistrée par Johnny.

11 - Je ne suis qu’un homme (paroles Yohann Mallory-Hervé Le Sourd, musique Yodelice-Yarol Poupaud)

Le souffle du vent, un orgue, une rythmique martiale en introduction, puis un tombereau de cordes et de guitares électriques… Et la voix de Johnny qui dans une complainte vibrante et combative chante son impuissance de simple mortel face au drame des "rescapés" et de "oubliés" d’un "monde sans visage". Beau et poignant.
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Johnny Hallyday - Que Je T'aime

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