lundi 17 décembre 2018

17/12 - L’ATTENTAT DE STRASBOURG 
ÉTAIT-IL DESTINÉ À FAIRE ÉCHEC AUX GILETS JAUNES ? 

USA - Veterans Today Par Nauman Sadiq le 12 décembre 2018
Mardi soir, un attentat terroriste audacieux a eu lieu dans la ville Française de Strasbourg, faisant trois morts et une douzaine de blessés, dont six sont dans un état critique.
Le suspect était connu par la police comme étant un extrémiste Islamique et a été identifié comme étant Cherif Chekatt, âgé de 29 ans.
Les relations publiques israéliennes ont diffusé trop tôt le nom, l'âge et la biographie de l'auteur .
Le tireur présumé a échappé au filet tendu par la police et est toujours en fuite*, faisant craindre un nouvel attentat. Le suspect a été blessé par des soldats gardant le Marché de Noël à Strasbourg, mais a réussi à s’enfuir en prenant un taxi en otage.
*Cherif Chekatt a été tué par les forces de police jeudi soir dans le quartier du Neudorf à Strasbourg

Cherif Chekatt figurait sur la liste de personnes à surveiller de près de 26.000 personnes, dont 10.000 sont présumées avoir été radicalisées. Il avait précédemment accompli plusieurs peines de prison en France et en Allemagne pour des délits de droit commun et affronté à deux reprises les forces de l’ordre.   
Il vaut la peine de noter que bien que les puissances Occidentales mènent ostensiblement une guerre contre le terrorisme, elles ont travaillé la main dans la main avec les Djihadistes islamiques de 2011 à 2014 pour renverser les régimes hostiles de Mouammar Kadhafi en Libye et de Bachar el-Assad en Syrie.

Conformément à leur politique étrangère, la Grande Bretagne, la France et l’Allemagne ont laissé libre cours aux Djihadistes Islamiques et à leurs maîtres basés dans ces pays pour mener des guerres pour leur compte contre les gouvernements de Libye et de Syrie. La France était particulièrement vulnérable parce qu’elle a une grande diaspora issue de ses anciennes colonies en Afrique du Nord.

Le conflit de sept ans en Syrie a donné naissance à une multitude de groupes militants, y compris l’Etat Islamique, et après que le conflit ait débordé la frontière vers l’Irak début 2014, il a été la cause de la série d’attentats inspirés par l’Etat Islamique en Europe de 2015 à 2017.

Depuis le début du conflit Syrien en août 2011 jusqu’en juin 2014, lorsque l’Etat Islamique a envahi Mossoul et Anbar en Irak, un pacte tacite a existé entre les puissances Occidentales, leurs alliés Sunnites de la région et les Djihadistes du Moyen-Orient, contre l’axe Chiite Iranien. Selon ce pacte, les militants étaient entraînés et armés dans les camps d’entraînement situés dans les régions frontalières de la Turquie et de la Jordanie pour combattre le gouvernement Syrien.

Cet arrangement et ce pacte tacite entre les puissances Occidentales et les Djihadistes du Moyen-Orient contre l’axe Iranien a bien fonctionné jusqu’en août 2014, date à laquelle l’administration Obama a fait volte-face dans sa politique de changement de régime en Syrie et a commencé à mener des frappes aériennes contre un groupe de militants Sunnites combattant le gouvernement Syrien, l’Etat Islamique, après que ce dernier ait outrepassé son mandat en Syrie en s’emparant de Mossoul et d’Anbar en Irak d’où les Etats-Unis avaient retiré leurs troupes à peine quelques années auparavant en décembre 2011.

Après ce renversement de politique en Syrie de la part des puissances Occidentales, et la subséquente intervention militaire Russe aux côtés du gouvernement Syrien en septembre 2015, l’élan de l’expansion des Djihadistes en Syrie et en Irak s’est brisé, et ils ont eu le sentiment que leurs patrons Occidentaux avaient trahi la cause Sunnite, ce qui a été la cause de leur colère et du fait qu’ils aient pris les armes pour se venger de cette trahison.

Si nous observons la suite des évènements, la chronologie de la série d’attentats terroristes contre l’Occident est d’une importante cruciale : l’Etat Islamique a pris Mossoul en Juin 2014, les puissances Occidentales ont commencé à mener des frappes aériennes contre l’Etat Islamique en Irak et en Syrie en août 2014, et après une accalmie de près d’une décennie après les attentats à la bombe de Madrid et de Londres respectivement en 2004 et 2005, le premier de ces attentats terroristes a eu lieu sur le territoire de l’Occident dans les locaux de Charlie Hebdo en janvier 2015, puis l’Etat Islamique a mené les attaques audacieuses de novembre 2015 à Paris (Bataclan & Co), les attentats à la bombe de Bruxelles en mars 2016, l’attentat au camion-bélier de juin 2016 à Nice, et trois horribles agressions terroristes au Royaume Uni en l’espace de moins de trois mois en 2017, pour finir par l’attentat de Barcelone perpétré par l’Etat Islamique en août 2017.

De plus, le dilemme auquel se trouvaient confrontés les Djihadistes et leurs soutiens régionaux en Syrie était assez inédit : à la suite des attaques à l’arme chimique de Ghouta à Damas en août 2013, le terrain était préparé pour une zone d’interdiction aérienne de plus et une « intervention humanitaire » comme contre la Libye de Kadhafi ; les chiens de guerre n’attendaient plus que le coup de grâce et le Ministre des Affaires Etrangères Turc de l’époque, Ahmet Davutoglu et l’ancien chef du renseignement Saoudien, Bandar ben Sultan, faisaient la navette entre les capitales Occidentales pour plaider en faveur d’une intervention militaire. François Hollande avait déjà fait part de ses intentions et David Cameron était également partant.

C’est là qu’il faut se rappeler que même au cours de l’intervention en Libye, la politique de l’administration Obama était un peu ambivalente et la France dirigée par Sarkozy avait pris la tête du mouvement. Cependant, dans le cas de la Syrie, le Parlement Britannique a obligé Cameron à demander un vote de la Chambre des Communes avant l’intervention militaire des troupes et de l’aviation Britanniques en Syrie.
Prenant exemple sur le Parlement Britannique, le Congrès des Etats-Unis a également contraint Obama à demander son approbation avant de s’engager dans une autre intervention militaire mal conçue ; et comme les deux gouvernements ont échoué à obtenir la majorité requise de leurs parlements respectifs et que l’opinion publique était violemment opposée à une autre guerre au Moyen-Orient, Obama et Cameron ont dû abandonner leurs plans d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

A la fin, la France s’est retrouvée toute seule en tant que puissance Occidentale en faveur d’une intervention ; c’est alors que le chevronné Ministre des Affaires Etrangères Russe, Serguei Lavrov, a organisé un coup diplomatique en annonçant que le régime Syrien était prêt à évacuer ses stocks d’armes chimiques hors de Syrie et qu’en conséquence le problème pouvait se résoudre à l’amiable.

Cependant, de ce fait, la Turquie, la Jordanie et les état Arabes du Golfe, qui étaient les principaux bénéficiaires du Djihad Sunnite contre le gouvernement à direction Chiite de la Syrie, avaient perdu une occasion en or d’asséner le coup fatal à leurs rivaux régionaux.

Pour en remettre une couche, l’Etat Islamique, un des nombreux groupes militants Sunnites combattant en Syrie, outrepassa son mandat en Syrie en s’emparant de Mossoul et d’Anbar en Irak en 2014, d’où les troupes Américaines s’étaient retirées quelques années auparavant en décembre 2011.

De plus, lorsque les images et les vidéos des exécutions de l’Etat Islamique sont apparues sur l’Internet, les puissances Occidentales n’ont plus eu d’autre choix que d’adopter certaines contremesures pour montrer qu’elles étaient sincères dans leur poursuite de la politique douteuse de « guerre contre le terrorisme » ; cependant en même temps, elles ont assuré à leurs alliés Turc, Jordanien et Arabes du Golfe, que malgré qu’elle menaient une guerre contre le groupe djihadiste dissident de l’Etat Islamique, la politique Occidentale d’entraîner et d’armer les soi-disant militants « modérés » Syriens allait se poursuivre et que les jours de Bachar el-Assad étaient comptés, d’une manière ou d’une autre.  

En outre, le fait de déclarer la guerre à l’Etat Islamique en août 2014 servait également un autre but : afin de faire intervenir l’US Air Force en Syrie et en Irak, l’administration Obama avait besoin de l’approbation du Congrès qu’elle n’avait pas obtenu, comme je l’ai mentionné, mais en déclarant la guerre à l’Etat Islamique, qui est une organisation terroriste reconnue, l’administration Obama s’invitait elle-même dans la guerre sous le prétexte du terrorisme en vertu des lois Américaines et en contournant ainsi le Congrès.

Mais la Russie mit des bâtons dans les roues de l’OTAN et de ses alliés Arabes du Golfe en septembre 2015 en constituant en douce une force militaire à Lattaquié qui a constitué un élément de surprise jamais vu depuis le Général Rommel, le Renard du Désert. Et dès lors, la Turquie, la Jordanie, les états Arabes du Golfe et leurs mercenaires djihadistes en Syrie se retrouvèrent en position de cibles dans le conflit Syrien.

En gardant à l’esprit cet arrière-plan du bourbier créé par les puissances Occidentales en Syrie et en Irak pour tranquilliser leurs alliés régionaux, Israël et les états du Golfe, il devient évident que les puissances Occidentales n’étaient pas sincères en poursuivant leur douteuse guerre contre le terrorisme étant donné qu’elles avaient travaillé la main dans la main avec les Djihadistes Islamiques au Moyen-Orient.

Alors, comment est-il possible qu’un attentat terroriste se soit produit à Strasbourg, alors que les manifestations des Gilets Jaunes ont balayé la France, en demandant la réduction de la taxe sur les carburants, la réintroduction de l’impôt sur la fortune, l’augmentation du salaire minimum et la démission de l’ancien banquier d’affaire et actuel Président de la France, Emmanuel Macron.
Il semble bien que le seul bénéficiaire de la fusillade de Strasbourg, ne soit nul autre que le gouvernement Français lui-même, parce qu’après cet incident, le gouvernement pourra désormais imposer des restrictions à la liberté de réunion et à toutes sortes de manifestations politiques.

Par conséquent, il est probable que l’Etat Secret Français ait incité un de ses djihadistes rémunérés à perpétrer l’attentat de Strasbourg pour casser la dynamique des manifestants des Gilets Jaunes, qui ont représenté la menace spécifique la plus importante pour le gouvernement élitiste de Macron depuis qu’il est au pouvoir.

A propos de l’auteur : Nauman Sadiq est un avocat installé à Islamabad, qui est également un éditorialiste et un analyste politique spécialisé dans les questions politiques Afghanes-Pakistanaises, du Moyen-Orient, du néocolonialisme et du pétro-impérialisme.
Envois et traduction de Patrick T.

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