mercredi 17 octobre 2018

++17/10 -  RÉVÉLATIONS SUR LA SECONDE GUERRE MONDIALE.  
LA TRAHISON MILITAIRE FRANÇAISE.  

La première partie de cet ouvrage étant consacrée au rétablissement de certaines vérités « oubliées », base indispensable à la compréhension des grandes options stratégiques ayant présidé à la bataille, je leur dédie ici la plus large place.
Christian Greiner:

1- Concernant les capacités de l’armée allemande au moment de la déclaration de guerre :
Extrait: « Même en tenant compte du réarmement secret qui commença en Russie, suite aux accords secrets établis en 1923 en marge du traité de Rapallo, jamais le IIIe Reich nazi, au regard de l’état de ses finances, n’a pu reconstituer, au cours des quatre courtes années de son réarmement, une armée en mesure de défier le monde en 1939. Pour illustrer ce fait, l’historien révisionniste Karl Heintz Frieser, dans l’introduction de son livre « Le mythe de la guerre éclair », nous dit : « Ainsi, au début de la guerre, beaucoup de territoriaux ne possédaient ni casque, ni bottes, ni masque à gaz, ni gamelle. On n’avait même pas pu fournir d’uniformes à certains d’entre eux, si bien qu’ils n’étaient reconnaissables comme soldats, que grâce à un brassard portant l’inscription « Deutsche Wehrmacht ». (-) la troupe d’active ne comptait que 730.000 hommes, donc moins d’un cinquième du total de l’armée. »   Fin de citation  (Karl Heintz Frieser page 38 )
Image frappante, qu’il convient bien sûr de développer : En septembre 1939, au moment où le conflit débute, la toute jeune armée allemande ne compte que 19 400 officiers et un de ses principaux organisateurs, le général Mueller-Hillebrand, estime que « dans le meilleur des cas, la Wehrmacht ne pourrait être prête qu’en 1943 ».
A l’inverse, les Alliés ont toutes les raisons de penser que leur formidable poids économique déciderait de la victoire, puisqu’en mai 1939, selon le général Thomas en charge du réarmement, l’Allemagne allait y consacrer 3 % de son revenu national, la France 17%, la Grande-Bretagne 12 %. Nous verrons plus loin et en détail, que le programme de réarmement allemand est pratiquement stoppé et que, dès le printemps, la production britannique d’avions aura rattrapé celle de l’Allemagne en quantité et en qualité, tandis que celle de la France la dépassera en septembre 1939.
En outre, même si à la même date les États-Unis ne participaient qu’à hauteur de 2%, leur immense capacité industrielle, leur engagement quasi certain auprès des Alliés, laissaient prévoir une écrasante supériorité en termes de matériel. Enfin les avancées techniques avaient gommé l’avantage acquis par l’Allemagne au début des années trente, notamment en ce qui concernait l’aviation.
En deux mots, l’armée allemande devait toute sa puissance à une propagande bien orchestrée, mais dont les mensonges étaient parfaitement connus des services secrets alliés. Eux savaient avoir affaire à une armée de façade. Ce qui nous permet de penser qu’Hitler était parfaitement averti du fait qu’il n’avait pas la moindre chance de vaincre au cours d’une guerre longue. D’ailleurs, en septembre 1939, alors qu’il menaçait la Pologne, il n’avait aucun plan dans l’éventualité d’une guerre contre les Alliés.
Et pourtant, selon la thèse officielle, le Reich n’hésita pas à la provoquer. (-)
Pourtant, personne ne songe plus aujourd’hui à rappeler ces données élémentaires, hormis quelques historiens économistes comme Adam Tooze, qui écrit en 2002 : « L’économie allemande n’était tout simplement pas assez vigoureuse pour créer la force militaire qui lui permettrait de terrasser tous ses voisins européens en même temps, y compris la Grande-Bretagne et l’Union soviétique, sans parler des États-Unis. (-) Et si les victoires de l’armée allemande en 1940 et 1941 furent bel et bien spectaculaires, elles furent peu concluantes.  Ainsi en arrivons-nous à la conclusion réellement vertigineuse qu’Hitler lança la guerre en septembre 1939 sans plan cohérent pour vaincre son principal antagoniste : l’Empire britannique. Pourquoi Hitler prit il ce risque épique ? Telle est assurément la question fondamentale. Même si l’on peut rationaliser la conquête de l’espace vital en y voyant un acte d’impérialisme, même si l’on peut créditer le troisième Reich d’un remarquable effort de mobilisation de ses ressources pour combattre; même si des soldats allemands se battirent vaillamment, la conduite de la guerre par Hitler impliquait des risques si grands, qu’elle défie toute rationalisation en termes d’intérêt pragmatique. »
( Adam Tooze   Le salaire de la destruction pages 22 et 23)
Fin de citation
Voilà pour ce qui concerne la prétendue supériorité des armées du Reich.
Abordons maintenant l’un des principaux « mystères » de cette bataille :
L’aveuglement du haut commandement français.

2- Les Services de renseignements français parfaitement informés à la veille de la bataille
En effet, contrairement à ce que prétend la version officielle, les Services de Renseignements français étaient loin d’être aveugles. Entre la fin de novembre 1939 et la fin de janvier 1940, ils notent que le nombre de divisions ennemies sur les frontières belge et luxembourgeoise passe de 25 à 57.
En mars 1940, 7 divisions blindées sont repérées face à la frontière, le déploiement des troupes indique clairement que la principale poussée ennemie s’exercera au centre du front, approximativement entre Sedan et Namur, à la charnière des IIe et IXe armées.
Outre ces renseignements clairs, les SR disposent de bien d’autres informations de première main :
Dès janvier 1940, le général Gamelin, commandant en chef des troupes alliées, est prévenu par ses contacts militaires belges, que les forces du Reich vont attaquer dans les Ardennes.
Le 1er février le poste de Berne, qui maintient des contacts discrets avec le SR helvétique exploitant le réseau Roessler, signale que « l’état-major suisse est convaincu que l’Allemagne va, d’ici quelques semaines, attaquer la Belgique et la Hollande ». Informations corroborée par tous les « grands agents », sans exception.
Le 2, la source ” A ” situe cette offensive au printemps. Le même jour, le poste de La Haye recueille une information analogue, restreignant cependant l’attaque allemande au territoire hollandais, mais l’assortissant de raids aériens massifs sur l’Angleterre. Information juste, nous sommes quelques jours AVANT l’adoption du plan Manstein.
Le 27 février, la source ” T ” informe de vive voix son correspondant français à Budapest: « Les atermoiements successifs depuis novembre dernier ont été la conséquence d’une opposition larvée des généraux allemands à la volonté, maintes fois réitérée, d’Hitler d’en finir à l’ouest. Celui-ci est toujours fermement décidé à attaquer simultanément la Belgique, la Hollande et la France. En même temps, la Luftwaffe écrasera l’Angleterre par des bombardements massifs. En attendant, son objectif immédiat réside dans la mainmise sur le Danemark et la Suède, afin d’interdire aux alliés les accès de la Baltique, d’isoler la Suède et d’assurer ainsi la livraison par ce pays du minerai indispensable à l’industrie de guerre allemande. »  Il s’agit très exactement du plan d’attaque général à l’ouest.
Le 1er mars, Hitler adresse une directive à ses généraux, concernant la future opération du Danemark, opération conjuguée avec celle qui sera menée par Falkenhorst contre la Norvège. Bien avant que la Wehrmacht ne passe aux actes, la Scandinavie, le Danemark, comme la Norvège, sont avertis par le réseau Roessler. Information là encore confirmée par les autres agents.
Même le Vatican sera informé par ces généraux allemands en rébellion.
Le 2 mars, selon les SR français : « un informateur en situation d’être très bien informé sur les opinions exprimées dans les milieux du Haut-commandement allemand, fait savoir qu’une offensive allemande serait imminente sur le front occidental ; elle comporterait l’invasion de la Belgique et de la Hollande. »
Le 8 mars, les Suisses reçoivent les grandes lignes du plan définitif d’attaque à l’Ouest par l’entremise du réseau Roessler.  Suite aux précédents renseignements concernant la Pologne ou la Norvège, la fiabilité des renseignements relayés par le Colonel Masson, chef du service de renseignement suisse, n’est pas contestable.
Le même jour, le roi Léopold III de Belgique, également averti par les SR suisses, informe son gouvernement : « par les Ardennes en direction de Dinant – Saint-Quentin, dans le dessein de couper Paris, des armées alliées en Belgique et de les encercler dans le Pas de Calais ».
Le 10 mars 1940, le colonel Delvoie, attaché militaire belge, reçoit du réseau de Roessler les toutes dernières mesures du plan Manstein  (Fall Gelb N°4), adopté trois jours plus tôt par Hitler, avec tous ses détails:  Il y est spécifié que : « l’offensive allemande sera dirigée sur la Meuse, entre Charleville et Sedan.  La percée sera effectuée à travers les Ardennes, pendant que le gros de l’armée allemande fixera l’essentiel des forces françaises, belges et britanniques sur la frontière belge. Les chars du général Heinz Guderian exécuteront la percée à Sedan, puis pivoteront en un gigantesque coup de faucille, en direction de la basse Somme. Ils s’efforceront de parvenir à la mer, espérant prendre au piège le gros des armées alliées. »
Le 13 mars, le même Delvoie reçoit du général van Overstraeten, conseiller militaire du Roi, l’ordre de transmettre officiellement cette information à l’état-major du Général Georges, commandant en chef des armées du Nord et au QG du général Gamelin, commandant en chef des armées alliées, à Vincennes.
Il spécifie également que « selon toutes les données recueillies, l’axe principal de la manœuvre adverse était orienté perpendiculairement au front Longwy-Givet. »
Dans le même mois de mars 1940, le génie allemand commence à jeter sur le Rhin, entre Bonn et Bingen, huit ponts de bateaux. Ces ponts sont photographiés par Antoine de Saint Exupéry en mission d’observation au-dessus de l’Allemagne à bord de son Bloch 141.
Comme le dit Shirer qui a relevé ces faits : « Tant de pontons dans le secteur indiquait clairement l’endroit où l’ennemi avait l’intention de frapper le plus fort avec ses blindés et ses troupes motorisées. L’indication devint plus claire encore quelques jours après, quand plusieurs autres ponts semblables furent jetés sur la Moselle et l’Ohr, à la frontière du Luxembourg sans défense, où une véritable panique s’ensuivit. »
Parallèlement, un rapport de René Marty, officier d’état-major au QG de Gamelin, chargé depuis janvier d’étudier les conditions d’arrivée des forces allemandes sur la Meuse, concluait que la percée serait effective en 48 heures.  Le rapport n’est pas pris en considération, officiellement : «  Pour ne pas démoraliser les troupes ».
Le 16 mars l’agent A 54 des SR tchécoslovaques, qui a déjà averti des attaques contre Prague, la Pologne, puis la Norvège, confirme qu’Hitler a décidé de violer la neutralité de la Hollande et la Belgique, pour attaquer la France et l’Angleterre.
Le 3 Avril, le colonel Goethals transmet aux SR belges une nouvelle information en provenance du colonel Oster, commandant l’Abwehr de Berlin (Services de Renseignements de l’armée allemande). Celui-ci informe les alliés depuis des mois, et a affirmé : « Il est faux de croire qu’il ne se passera rien au front ouest. J’ai la profonde conviction que cela se déclenchera bientôt. Je ne puis fixer de date, mais mon impression personnelle est que le 15 avril pourrait être le début d’une action offensive, menée d’abord contre le Danemark en direction de la Norvège et trois ou quatre jours plus tard devant la Belgique et la Hollande. Je répète que je suis absolument convaincu d’une offensive à l’ouest. »
11 avril : « Opérations imminentes à l’ouest, attention aux mouvements militaires des prochains jours. »
12 avril : Le capitaine Paul Paillole du 2e Bureau, est averti par un de ses agents double Schlochoff, qui travaille également pour l’Abwehr, que ces services viennent de lui confier la mission de relever sur l’axe Sedan, Charleville, Saint-Quentin, Amiens, la largeur des cours d’eau, l’état des berges, la force portante des ponts et d’identifier les troupes françaises sur place, ainsi que les dépôts d’essence. Il s’agit très exactement de l’axe d’attaque décrit par Roessler et les autres informateurs.
Le 13 avril le roi Léopold III de Belgique insiste et demande à son conseiller militaire, le général van Overstraeten, de confirmer à l’attaché militaire Français, le colonel Hautcoeur, que selon les renseignements fournis par ses SR, la tactique d’Hitler sera  « d’aspirer les franco-britanniques en Belgique avec le dessein de les écraser par une riposte enveloppante, débouchant du grand-duché du Luxembourg. »  Information transmise par Hautcoeur le lendemain.
Le 18 Avril le colonel Gauché, patron du 2e Bureau français en charge de rassembler et synthétiser les renseignements, confirme : « une excellente source diplomatique rapporte les entretiens qu’un informateur a eu avec différents chefs militaires allemands : Hitler a ordonné d’attaquer prochainement la Hollande et la ligne Maginot. Cette action serait conjuguée avec une action contre la Suède.
A la même date, une haute personnalité politique allemande de la République de Weimar déclare que le commandement allemand se disposerait à attaquer la Hollande.
– Une source sûre fait savoir que le gouvernement hollandais aurait été avisé le 5 mai par une très haute personnalité neutre qu’une attaque allemande était à craindre à bref délai.
– La même source signale qu’un informateur, qui avait déjà annoncé l’invasion du Danemark , fait savoir que l’attaque contre la Belgique, la Hollande et le front Ouest était à prévoir dès le 8 au matin (Mai) en cas de beau temps et, dans le cas contraire, dans un délai de quelques jours. » (Je précise qu’il s’agit de Roessler)
Fin de citation  (Colonel Gauché le 2e Bureau au travail)
20 Avril : « Le personnel du SR allemand abandonne ses lieux de stationnement en Belgique »
Un autre ex-chef des SR français, le général Navarre écrit dans ses Mémoires : « A partir du début avril, le rythme des construction de ponts et d’embarcadères sur la Moselle et sur le Rhin, des mouvements de forces blindées s’accélère, on nous signale la distribution de cartes du Luxembourg et de la Belgique, l’augmentation de certains dépôts à l’ouest du Rhin, la réduction du trafic civil sur les voies ferrées conduisant vers l’ouest, le retrait des avions allemands en Hollande, la préparation des points de passages sur l’Oure et sur la Sure, le replis des antennes du SR allemand opérant en Belgique et en Hollande. »
Fin de citation  (Général Navarre Le service de renseignement  page 108)
A la même époque un autre bulletin de renseignement précise : « Des questionnaires remis à plusieurs agents, soit directement manipulés par Paris, soit par les postes, portent essentiellement sur la zone comprise entre Sedan et Dunkerque. Les postes Abwehr 1 de Munster et de Stuttgart s’intéressent avec insistance à tous les détails topographiques et militaires de cette zone : Longueur des cours d’eau, capacité des ponts, état des routes, obstacles etc… Les agents chargés de cette prospection doivent fournir les éléments de réponse avant le 15 avril.
Outre les dispositions  du Plan Manstein, que les SR connaissent maintenant, sans grande crainte de se tromper, nous voici donc devant le second problème posé aux Services de Renseignements français : La date de l’attaque. Rappelons qu’elle se produira le 10 mai à l’aube. Sachant que la thèse officielle affirme que les SR seront jusqu’à la dernière minute incapable de la prévoir, voyons ce qu’il en fut réellement :
Le 30 Avril l’attaché militaire français en Suisse le commandant Gaston Pourchot, reçoit l’information suivante des SR Suisses, (donc de Roessler) une source qu’il qualifie lui-même de  « parfaitement autorisée et de 1ère main » :  « L’Allemagne attaquera entre le 8 et le 10 mai. Stop. Axe principal effort, Sedan. Stop. Occupation prévue de la Hollande et de la Belgique, du nord de la France en 10 jours. Stop. Occupation totale de la France en un mois. Stop. Fin »  Vu l’importance de l’information, il se rend à Paris en personne pour la communiquer à l’Etat-major et au Ministre des Affaires étrangères, donc à Paul Reynaud, qui cumule cette charge avec celle de Président du Conseil, depuis le 21 mars 1940.
Le 1er mai, un nouveau renseignement est fourni par Roessler : « attaque le 10 mai 1940, dans la trouée de Sedan. 50 divisions sont massées le long des frontières belges et hollandaises. »
Le même 1er mai, l’agent A 54, qualifié par les Alliés de source parfaitement sûre, transmet la même information à son contact à la Haye: Attaque sur la Hollande le 10 mai. L’information est portée à la connaissance des autorités intéressées. Grâce à ce télégramme, la famille royale et le gouvernement hollandais ne seront pas pris au dépourvu et pourront quitter le pays à temps.
–  Les nombreux observateurs sur le terrain confirment de toute part. Le Colonel Gauché témoigne dans son livre : « Au cours de la seconde quinzaine d’avril et au début de mai, les renseignements, par leur caractère alarmant, vont se faire de plus en plus pressants à l’approche des belles journées du printemps. »
En effet, dès le 1er mai, des concentrations de troupes au nord de la Moselle, face au Limbourg hollandais, à la Belgique, au Luxembourg sont notés par le renseignement français.
–  Le même jour, à la légation de Suède à Belgrade, l’attaché militaire allemand déclare, au cours d’une réception bien arrosée, que l’offensive est proche, qu’elle sera foudroyante et que Paris tombera le 15 Juin.  Il ne se sera trompé que de vingt-quatre heures !
Le 2 mai, le capitaine Paul Paillole des Services de Contre-espionnage témoigne : « L’imminence d’une offensive allemande est apparue aux Anglais. Une réunion des chefs de service des deuxième et cinquième bureaux français et britannique a lieu à l’ambassade d’Angleterre. Nos informations sont confrontées avec celle de nos alliés. Les liaisons sont encore renforcées. (-) Les services de Bertrand (grâce à la machine Enigma ) révèle chaque jour la préparation d’attaques aériennes sur nos terrains d’aviation. Le 6 mai l’antenne du S. R. Allemand de Stuttgart installé au Luxembourg se replie. Les 7 et 8, tout confirme les dispositions offensives de la Wehrmacht. »
Sachant que les renseignements transmis par Roessler ont également été communiqués aux Anglais, nous avons confirmation ici que leur importance n’avait échappée à aucun des Alliés…
Le 5 mai, Mgr Maglione secrétaire d’Etat du Pape, adresse un télégramme chiffré aux nonces de Bruxelles et de La Haye, annonçant une offensive prochaine sur la Hollande et la Belgique, ce dont les souverains sont avertis.  La même information est confirmée par l’ambassadeur de Belgique au Vatican qui informe Bruxelles téléphoniquement.  Toutes ces informations proviennent des généraux allemands démocrates.
–  Le même jour, le vice-amiral Abrial qui commande la flotte Nord est averti par l’attaché naval en Hollande. Il transmet l’information au GQG, qui ne donne aucune suite. Préventivement et de sa propre initiative, il ordonne alors l’embarquement de troupes dans le cadre de la variante Breda, prévoyant d’amener des troupes alliées au secours de la Hollande.
Le général Giraud, qui commande la VII° armée et premier concerné par le plan Breda, est également informé par Abrial, mais ne fait rien.
Les 4, 5 et 8 mai, le Grand Quartier Général à Vincennes, ainsi que les chefs des deuxième et cinquième bureaux de l’état-major du général Georges, reçoivent de Roessler de nouveaux renseignements confirmant l’imminence de la percée à Sedan et du coup de faucille en direction de la mer du Nord.
D’autre part, « Une source sûre » fait savoir que le gouvernement hollandais a été avisé le 5 mai, par une très haute personnalité neutre, qu’une attaque allemande était à craindre à bref délai.
Nuit du 5 au 6 mai :  Les SR français enregistrent : « Prochaine offensive générale, qui englobera les Pays-Bas. »  Dans la même soirée, l’attaché militaire hollandais à Berlin (Sas) informé par son ami le colonel Oster de l’Abwehr, alerte La Haye, que «  l’invasion est pour demain ».  La Hollande prend des mesures immédiates  (ponts minés, permissions supprimées)
Le 6 mai, le colonel Gauché précise que ses services sont informés que : « L’antenne du SR allemand de Stuttgart stationnée à Luxembourg se replie.  Attaque prête.  L’armée française, dit-on dans les milieux du commandement allemand, sera incapable d’arrêter les formations blindées en rase campagne ».
–  Le même jour, le commandant Gustave Bertrand, agent du chiffre, en charge de décrypter les messages les plus secrets de la Luftwaffe, codés par la machine Enigma, avertit des préparatifs d’attaque sur les aérodromes français.
Le 6 mai,  le souverain pontife lui-même confirme ces renseignements à la princesse Marie-Josée, qui en avise son frère, le roi Léopold de Belgique.
Le 6 mai en soirée, le colonel Oster recontacte son ami Sas, attaché militaire hollandais à Berlin et lui dit que la date prévue pour l’attaque est le 8 mai. Celui-ci informe comme d’habitude l’Etat-major hollandais et le général Goethals, attaché militaire belge à Berlin.
Le 7 mai à Bruxelles  le nonce apostolique transmet au roi Léopold le message suivant en provenance du cardinal Maglione, secrétaire d’Etat du Pape Pie XII : «  L’attaque de la Belgique par l’Allemagne serait imminente. »  Rappelons que le Vatican possède le meilleur service de renseignements du monde, que le pape recueille personnellement depuis des mois par l’entremise des généraux allemands dissidents d’innombrables renseignements en ce sens.
Le 7 mai à Paris, dans la salle de conférence du Luxembourg, l’ex-président du Conseil, Pierre Laval, très entouré, parle de l’imminence de l’attaque allemande. Notons ici que M. Laval, que nous retrouverons bien des fois au cours de cette enquête, semble parfaitement informé de la situation, même si dans la version officielle tous ses braves gens se trouveront très « surpris » au matin du 10 mai…
–  A 15h15, on supprime les permissions dans l’armée néerlandaise.
–  Dans la soirée, Oster informe son ami que « l’affaire est remise à plusieurs jours ». Le major Sas transmet immédiatement aux GQG hollandais et belges. Le même jour, les agents français au Luxembourg communiquent les objectifs exacts des parachutistes allemands.
–  Les officiers de reconnaissance belges sont mis en pré-alerte. Chaque soir, on ferme les dispositifs d’obstruction, et un certain nombre de dispositifs de destruction sont amorcés.
Le 8 mai 1940,  nous sommes deux jours avant l’attaque, à midi, le général Delvoie téléphone de Paris à la 2e section belge pour annoncer : « On croit à une attaque possible à bref délai sur le front : Grand-Duché, Belgique, Hollande. Recoupement par ambassade. »
Plutôt étonnant ce message sibyllin au vu de la masse d’information à la disposition des SR français depuis avril… Apparemment la seule communication d’alerte officiellement enregistrée provenant du GQG français en direction de ses alliés belges, concernant l’éventualité d’une attaque en mai 1940.
–  Le même jour, le colonel Oster, annonce au major Sas le départ du Führer pour l’Ouest, en ces termes:  « Le cochon est parti pour le front ».
–  L’ambassadeur français au Vatican, Charles Roux, recueille le renseignement suivant : « Avant la fin de la semaine, les forces du Reich envahiront la Belgique, la Hollande et peut-être la Suisse. L’invasion de la Suisse n’est qu’hypothétique, mais les autres sont annoncées de source sûre. »  Dans ses souvenirs, il témoigne avoir télégraphié à Paris : « Mon télégramme dût être à Paris dans la journée du 8. Je ne doute pas qu’il ait été communiqué au G.Q.G. de Vincennes, qui devait, du reste, être en possession d’indices concordants. »
–  Le vicomte Jacques Davignon, ambassadeur de Belgique à Berlin, informe son gouvernement que les Allemands sont en train de rédiger l’ultimatum en forme d’acte d’accusation qu’ils ont décidé d’adresser au Roi, – afin d’établir un semblant de légitimité à leur action – et que l’ordre d’attaquer à l’ouest vient d’être donné par l’OKW.
Toujours, le 8 mai l’alerte générale est déclenchée à 23h15 en Belgique. La France et la Grande-Bretagne en sont informés. Les observations aériennes des Alliés indiquent que de nombreux blindés et des troupes allemandes s’acheminent en direction du massif ardennais. Il s’agit de la moitié de l’armée allemande, soit des centaines de milliers d’hommes, de chevaux et de véhicules.
Dans la foulée, le bulletin du 2e Bureau informe Gamelin : Alerte en Hollande, suppression des permissions, rappel des permissionnaires, accentuation des mesures de mobilisation.
La radio commente largement la nouvelle et une dépêche de l’agence Havas signale que le président Roosevelt est rentré de Hyde Park plus tôt qu’il n’était prévu, « parce que la situation en Europe lui causait de l’inquiétude. »
Le 9 mai à Bruxelles, après information fournie par un journaliste allemand, le directeur du service de presse du ministère des Affaires étrangères fait vérifier par la police que l’ambassade d’Allemagne est bien en train de détruire par le feu tous les dossiers. L’informateur, a précisé que « Cela commence demain à 5 heures. (-) je ne veux pas être dans le bain. » Il a pris le train pour Aix la Chapelle dans l’après-midi.
–  Au cours de la journée alors que l’amiral français Abrial embarque la 68e division qui doit occuper les îles de Walcheren et de sud-Beveland en Hollande, un observateur clandestin avertit Longwy de la mise en place de matériel de franchissement sur le Rhin.
Le même jour, le dernier message de Roessler et de ses amis officiers est transmis au GQG de Vincennes: « Attaque le 10 mai, dans la trouée de Sedan. Plan jaune maintenu. Cinquante divisions massées le long des frontières belges et hollandaises. Guderian et Hoth prêts à foncer sur Sedan. »
La dépêche se termine par ces mots : «  Tenez bon ! »
–  Pour la soirée, le général Ironside, chef d’état-major impérial de l’armée britannique, note dans son agenda personnel qu’il a reçu bien l’information selon laquelle : « Les Pays-Bas seront attaqués dans quelques heures par la Wehrmacht. »
Vers 21h, la 2e section des SR belges reçoit un cryptogramme de Berlin en provenance du colonel Goethals : « Informateur habituel (c’est-à-dire Oster) : Le Führer a décidé aujourd’hui après-midi, déclenchement offensive générale sur front Hollande-Belgique-Luxembourg le 10 mai à l’aube. Un contrordre toujours possible ne pourra toutefois plus être donné après 21 heures pour raisons technique. Réserve d’usage.  Activité aux abords OKW normale. »
A 22 heures, Oster ressort du Haut commandement de la Wehrmacht, il retrouve Sas, qui l’attend à l’extérieur :  «  Mon cher ami, cette fois, c’est vraiment fini, il n’y a pas eu de contrordre. »
Information confirmée par le major Sas, à 22H35.  Immédiatement les Hollandais et les Belges rappellent la totalité du personnel de leurs quartiers généraux, et lancent l’alerte générale.
En Belgique vers 22h les observateurs aux frontières signalent les mouvements de troupes, révélateurs de l’imminence de l’agression. Le même soir, le représentant du  Service de Renseignement français à la Haye reçoit communication du même renseignement «  L’attaque aurait lieu dans la nuit. Objectif, la Hollande et Sedan ». Il informe son gouvernement que « l’invasion est pour demain ».
9 mai, 22 heure Les ministres belges se réunissent d’urgence et s’interrogent : Faut-il appeler immédiatement à l’aide la France et la Grande-Bretagne ?  Finalement, ils décident d’attendre.
Ce qui est compréhensible, ils ont donné l’alerte à leurs alliés, on n’en est plus à quelques heures près. Autant laisser Hitler commettre la faute d’attaquer deux pays neutres.
A 22h 20, l’ambassadeur de France au Luxembourg est prévenu de l’imminence de l’attaque « à quatre heure du matin ». La Grande Duchesse et sa cour font leurs bagages pour venir se réfugier en France.
A 22h30, le 3e Régiment de Chasseurs Ardennais passe en état d’alerte.
A 23h45,  « POLUX »,  une antenne des SR français signale au Bureau central de la circulation, du capitaine Kleinman à Longwy : « d’importants mouvements de troupes allemandes à la frontière germano-luxembourgeoise à Palzem ».
Le général Navarre témoigne que « Dans la nuit du 9 au 10 mai, les réseaux d’alerte, (composés de postes radios confiés à des sympathisants et à des gendarmes luxembourgeois) mis en place par le SR à la frontière germano-luxembourgeoise, se manifestèrent à partir de 23h 45.
L’alerte fut également donnée par les antennes de Lorraine de Belgique et de Hollande »
A 23h30 aux Pays-Bas, la reine Wilhelmine et toute sa famille, descendent dans l’abri souterrain du palais royal, dans le même temps la marine et l’armée néerlandaise sont mises en état d’alerte et les destructions programmées.
En Belgique le 10 mai à 0 heures vingt minutes, le Grand quartier général donne l’ordre de se tenir prêt à faire jouer les destructions, et les 750 000 soldats belges sont alertés.
A 0h30, l’ambassadeur de France à Bruxelles, Paul Bargeton téléphone à Paul Reynaud, qui cumule les charges de ministre des affaires étrangères et président du Conseil, pour confirmer l’attaque imminente.
A 1h30, tous les postes de l’armée belge reçoivent le mot codé : « René ». C’est l’alerte réelle ! Les divers régiments montent en ligne de la Meuse aux Ardennes, les aéroports sont alertés et le fort d’Eben-Emaël tire les six coups de canon réglementaires pour confirmer le branle-bas de combat.
A 0h30, au Luxembourg, l’armée est mise en état d’alerte. Le ministre de France téléphone lui aussi au Quai d’Orsay.
A 2h50 du matin, la Grande duchesse de Luxembourg et son mari quittent la capitale et se dirigent vers la frontière française. C’est la route de l’exil, et de la résistance.
Le 10 mai 1940, à 3h du matin, l’action allemande se déclenche. Tandis que les parachutistes s’apprêtent à sauter sur leurs objectifs, les avions s’envolent pour aller bombarder les aérodromes alliés.
La France attend sereinement un choc inévitable
En ces premiers jours de mai 1940, les tankers américains débarquent encore des tonnes de pétrole dans les ports français, les grandes raffineries tournent à plein régime, les réservoirs stratégiques construits spécialement sont pleins à ras bord, tout comme les dépôts d’approvisionnements et d’armement. Les millions d’hommes qui attendent dans leurs casernes, même si on les a contraints à se tourner les pouces depuis huit mois, savent que l’issue est proche et l’attendent avec une impatience partagée par toute la population : « Qu’on en finisse une bonne fois pour toute ! »  On retrouve la même détermination dans les usines qui tournent à plein rendement. La main de fer du président Daladier a fait taire toute contestation, éliminé toute menace de sabotage, ou de coup d’état civil, en s’attaquant au noyau dur formé par les chefs communistes aux ordres de Moscou, mais également aux forces réactionnaires d’ultra droite. Patronat et syndicats marchent, bon gré-mal gré main dans la main, l’union sacrée est faite.
«  Nous vaincrons, parce que nous sommes les plus forts » proclamait Paul Reynaud le 10 septembre 1939, alors qu’en tant que ministre de l’économie, il venait de relever les finances de la France. Les réserves d’or sont suffisantes pour payer les armes commandées à l’étranger et assurer la production nationale, Edouard Daladier a confié à Raoul Dautry la mission de terminer le réarmement. Au 10 mai, chars, canons et avions sortent chaque jour par dizaines des usines réparties sur tout le territoire.
La France est prête, et attend l’ennemi de pied ferme.
Toute la France ?…
A l’exception de l’armée française au grand complet, qui dort…
Officiellement, à Paris, il n’y a pas lieu de s’attendre à une attaque. Maurice Gamelin, généralissime des armées alliées, parti se coucher vers 22h, dort sur ses deux oreilles dans sa forteresse de Vincennes et le Grand Quartier Général semble avoir été transformé en château de la Belle au Bois dormant…  Non seulement on n’a pas expédié un seul homme, pas un canon sur la ligne de front pour tenter de combler cette brèche dénoncée depuis des mois, mais tout le monde est en vacances !
C’est le weekend de Pentecôte et les permissions, logiquement suspendues le 14 avril, ont été rétablies le 26.  Dans certaines unités jusqu’à 15 % de l’effectif sont tranquillement en famille ! Les généraux Prételat et Billotte, responsables du front de Dunkerque à l’Alsace, le général Besson qui commande le 3e Groupe d’Armées stationné en Alsace du Sud, ainsi que le général Bourret qui commande la 5e Armée en Alsace du nord, sont absents. Sur les 94 divisions françaises du front Nord-Est, 78 n’ont plus de chefs !
Absence de commandement qui n’a pas été sans inquiéter les Services Secrets. Mais le 9 mai, à l’état-major de l’Armée à Paris, lorsque le commandant Baril, du 2e bureau, suggère au général Colson, responsable des effectifs, de rappeler les permissionnaires, celui-ci lui fait cette réponse « surprenante » : « Rappeler les permissionnaires ? Pour quoi faire ? Ce n’est pas demain qu’ils auront à se battre ! L’Allemagne se désagrège ! »
(Cité par l’encyclopédie « La France contemporaine » – 1971)
Tandis que les officiers allemands démocrates de l’OKH risquent leur vie pour assurer la victoire alliée, le 9 Mai au soir, le Général Huntziger, premier concerné, est à son QG de Senuc et se prépare à aller tranquillement inaugurer le « foyer du soldat » à Vouziers.
Le lieutenant-colonel Paquin, chef du 3e Bureau de son armée doit l’accompagner. Tandis qu’il s’habille, un des hommes de son service, le capitaine de Lombarès, lui apprend qu’un ingénieur des Ponts et Chaussés belge, vient de l’informer que l’attaque allemande est attendue pour le lendemain à l’aube. Réponse de Paquin : «  Bon, mettez-moi tout cela par écrit… »
Avant son départ, Huntziger s’arrête au PC du 18e Corps d’armée à Dun-sur-Meuse et entre au troisième bureau, où veille le commandant Rollot. Ce soir-là, Rollot note sur son carnet de route : « vers 20 heures, le Général Huntziger passe à mon bureau. Je lui dis que nos aviateurs ont pris des photos sur la Sûre, que de multiples passerelles y apparaissent tout récemment construites. Le général me répond qu’il ne peut s’agir que d’exercices et il ajoute, un peu vivement : « Les Allemands ne sont pas fous ! Ils ne vont pas risquer de se mettre en ce moment les 26 divisions belges sur le cul en violant la Belgique ! »
Puis il emmène son staff à Vouziers, à 50 kilomètres de Sedan, pour assister, en grande tenue de soirée, au cinéma Stella, à une représentation du théâtre aux armées : 20 chansons animées, mises en scène par Xavier de Courville suivies de la comédie : Le mariage forcé, pièce de Molière en un acte.
Il rejoindra son quartier général à Senuc le 10 mai, à deux heures du matin.
Quant au général Corap, commandant la IXe armée, il est à son poste. Réveillé à 4h45 par les sirènes d’alerte de son QG de Vervins, il descend dans son bureau avec son ordonnance le capitaine Audigier et fait réveiller ses hommes à la hâte. Pourtant, l’ordre d’alerte N°3 ne lui parviendra qu’à 6 heures du matin…  L’ordre de mise en route ne sera donné qu’à 6h30. Le temps de réveiller les troupes et de les préparer, la plupart des grandes unités ne bougeront pas avant midi. Soit douze heures de retard, aux mieux, pour les plus légères !  Alors que chaque minute compte…
Les premières divisions : 3e DLC, 1ère Brigade de Spahis, et 5e bataillon de chars de combat (BCC) qui devaient entrer au Luxembourg dès la violation de la neutralité du territoire, n’y pénètreront donc qu’à partir de 7h30, soit quatre heures après l’attaque, pour se retrouver presque immédiatement face aux éléments avancés de la Wehrmacht.  « L’aide » française s’arrête donc à quelques kilomètres seulement de la frontière. Et ce scénario, se reproduisant sur tout le front, pénalise lourdement la manœuvre Dyle-Breda, qui prévoyait de bloquer au plus vite et au plus loin, l’avance allemande.
Apparemment, selon certains auteurs, qui semblent trouver cela normal, les services de renseignement n’auraient donc informé de rien les plus hauts responsables français. Pourtant, outre les renseignements fournis par ses SR,  difficile de prétendre que Gamelin ne s’y attendait pas un petit peu…
Dès le 16 décembre 1939, alors qu’il recevait à Vincennes son ami Jules Romain, il lui avait confié : « J’imagine que la période d’immobilité actuelle sera rompue par une action dans laquelle on jouera le tout pour le tout… La décision se produira alors bien plus vite qu’on ne le croit… Oui, ce sera rapide et terrible ! »  Et lorsque Romain l’interroge quant à la date probable, son ami lui répond franchement :
« La fin de janvier n’est pas hors de question. » Puis après réflexion : « Mai. Oui, mai. C’est plus probable. »
Et tout aussi difficile pour lui et ses généraux d’ignorer, la veille, les principaux titres des quotidiens parisiens : Le 9 mai  Le jour écho de Paris, annonce : « Alerte aux Pays-Bas. Une véritable atmosphère de mobilisation en Hollande. Des précautions spéciales ont été prises sur les côtes. La population est calme. La Hollande aura ainsi, après le rappel des pensionnaires sous les drapeaux, l’armée la plus nombreuse qu’elle ait jamais possédé au cours de son histoire. » Le Journal  affiche en première page : « La Hollande qui mobilise toutes ses forces, attend, sûre d’elle-même, les événements. »
Quant à la blague qui court dans l’armée, elle résume assez bien le sentiment général :
–  Tu as vu, les Hollandais ont rappelé les permissionnaires ?
–  Heureusement qu’on n’est pas Hollandais…
Ces quelques faits, connus de tous, illustrent ce que certains décrivent comme une  « vision inexplicablement mal appropriée des évènements ».  Admirable euphémisme…
Fin de citation
Note de l’auteur :
Le reste de ce chapitre consacré aux « grands agents » traités par les services secrets français, démontre qu’en aucun cas le général Gamelin, commandant en chef des forces alliées, ne pouvait ignorer ni le Plan Manstein, ni les date et heure de l’attaque.
La question posée dans ce 1er tome est donc : Comment est-il possible que l’Histoire officielle ait réussi à faire admettre au plus large public, d’une part que l’armée allemande était supérieure, alors qu’elle ne pouvait combattre plus de deux mois, faute de munitions, d’obus et d’essence et d’autre part, que le haut-commandement allié n’avait rien compris du Plan Manstein avant le 14 mai, alors que la partie était déjà virtuellement perdue ?
Question à laquelle je propose de répondre en faisant intervenir le paramètre « trahison ». Une trahison qui seule permettait cette victoire « éclair » indispensable. Ce qui change tout.
En effet, selon le point de vue qui sera développé tout au long des deux premiers tomes concernant la trahison militaire, Gamelin a tendu un piège à Hitler. En laissant sa frontière dégarnie à Sedan et Givet. En n’opposant que peu de forces dans les Ardennes, il désirait attirer l’élite des divisions allemandes devant la Meuse, puis les écraser avec son artillerie tout en faisant remonter ces divisions cuirassées stationnées à une centaine de kilomètres de là, pour « pincer » les quelques Panzer qui auraient pu, malgré tout, traverser le fleuve.
Les archives de la bataille enfin ouvertes aux chercheurs depuis les années 2 000 confortent cette théorie en révélant que ce  piège fut contré par quelques généraux français. Ainsi, si les rives de la Meuse ont été perdues, ce n’est en rien dû, comme la version officielle le prétend à une « hallucination collective », ayant provoqué une « panique incontrôlable » parmi les défenseurs, mais suite aux ordres du général Huntziger, qui ordonna le retrait de ses troupes, l’abandon sur place des pièces d’artillerie et stoppa l’arrivée des renforts qui auraient dû venir renforcer le front afin de refermer le piège. Ceci sans aucune raison d’ordre stratégique ou tactique, puisque les Panzer n’avaient toujours pas pu franchir la Meuse ce 13 mai au soir.
Les mêmes archives et témoignages révèlent que parfaitement informé de la situation sur le terrain par ses officiers de renseignements, c’est en toute connaissance de cause, qu’il donna ces ordres.
D’autre part, le piège préparé par Gamelin a également été saboté sur le front de la IXe armée à Givet, où le général Martin, loin d’exécuter la contre-attaque ordonnée par ses supérieurs a, sous les mêmes faux prétextes de franchissement du fleuve par les Panzer, retiré ses troupes des rives de la Meuse, stoppé l’arrivée des renforts et même abandonné sur place la 1ère division cuirassée, sans essence, sans soutien d’infanterie, ou d’artillerie. Celle-ci sera détruite en quelques heures.
Enfin, l’aviation fut maintenue au sol avec interdiction de vol et l’intervention des deux autres divisions cuirassées prévues par Gamelin fut sabotée. L’ensemble de ces trahisons explique pourquoi Rommel et Guderian ont pu franchir la Meuse sur des ponts flottants, sans pratiquement subir de pertes.
En résumé, le seul « miracle » qu’il y ait jamais eu dans les Ardennes et sur la Meuse, tient uniquement à une trahison militaire dont les nouvelles archives, et autres témoignages « oubliés » des théoriciens du Blitzkrieg, nous révèlent tous les détails.
Voilà pourquoi le piège de Gamelin s’est refermé sur lui et qui explique pourquoi les deux plans qu’il mettra en œuvre dans les jours qui suivirent – eux aussi sabotés par les mêmes artisans de « l’étrange défaite » –  furent tout aussi consciencieusement effacés de l’histoire de la  bataille.
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Le Grand Mensonge du XXe Siècle Tome 2 : Controverses sur quelques trahisons "oubliées": 10 - 14 Mai 1940 - 28 Jun 2017


Après avoir pu progresser pendant trois jours sans être bombardé, le groupement von Kleist, fer de lance de l’armée allemande, se retrouve devant la Meuse. C’est à cet endroit, alors qu’il est empêtré avec ses Panzer au milieu des Ardennes, totalement à la merci des canons français, que le généralissime Gamelin a choisi de l’affronter. Mais son piège va se retourner contre lui, car le 13 mai, le général français Huntziger, commandant la IIe armée ordonne le retrait des troupes tenant les rives et stoppe l’arrivée des renforts stationnés non loin. Sur le front de la IXe armée, le général Martin, commandant le 11e corps agit de même le lendemain, interrompant la contre-attaque prévue par le général Corap et livrant à la destruction la 1ère division cuirassée française, isolée à l’avant de ses lignes, privée de tout soutien et d’approvisionnement en essence. Au cours de ces deux jours cruciaux, les chasseurs et les bombardiers français resteront cloués au sol, sur ordre du haut commandement de l’Air. Quant aux deux autres Divisions cuirassées, qui auraient pu stopper les Panzer sur la rive droite de la Meuse, elles seront immobilisées, puis éparpillées par les généraux Georges et Huntziger, principaux artisans de cette « étrange défaite ». Non, il ne s’agit pas là d’un scénario de fiction, mais d’une effrayante réalité, révélée par les archives de l’armée française, ouvertes au public depuis l’année 2000. L’auteur, après sept années de recherches, nous livre ici ses conclusions : Pour lui, la défaite française de mai 1940 n’est due ni à une série de « miracles », ou à une quelconque « fatalité », mais à une petite trahison … entre amis, et pour une grande cause : L’Europe et la Paix…

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