samedi 15 septembre 2018

15/09 - DÉCÈS DE L'ARGENTIN FABIAN TOMASI, 
SYMBOLE DE LA LUTTE CONTRE LE GLYPHOSATE. 


L'Union européenne a reconduit pour 5 ans l'autorisation de ce produit classé «cancérogène probable» par l'OMS. Le président Emmanuel Macron s'engage, lui, à l'interdire en France, au plus tard dans 3 ans. Cet "homme" promet mais ne tient pas
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Son témoignage était précieux, puisqu’il a lui-même utilisé du glyphosate pendant des années, que la mort de M. Tomasi grave au fer rouge dans les consciences, l’urgence de changer de modèle agricole. Si les agriculteurs utilisent des produits pytosanitaires c’est parce que l’agriculture BIO est plus difficile et donc plus coûteuse. Mais ce n’est en rien un problème « technique », l’agroécologie pourrait créer jusqu'à 600.000 emplois en France. Comme pour d'autres domaines, il faut que notre pays se concentre sur ce qu’il sait faire le mieux, à savoir de la « qualité » et non pas de la « quantité ». Car à ce jeu-là, d’autres pays qui se foutent éperdument de leur éco-système ou de leur population nous battrons toujours à plate couture. Et ce que j’ai mis longtemps à comprendre, c’est que ce sont les citoyens qui sont AUSSI des clients qui doivent réorienter les choix des producteurs, en demandant des produits de qualités respectueux de l’environnement et de la santé de chacun. Ou à défaut (s'ils vivent assez longtemps)...  nos enfants finiront comme M. Tomasi
Fabian Tomasi, devenu un symbole de la lutte contre le glyphosate en Argentine où il a travaillé pendant des années à remplir d'herbicides les réservoirs d'avions de fumigation, est mort à l'âge de 53 ans des suites d'une polyneuropathie toxique sévère.
"Hier (vendredi) ils ont fini de l'assassiner. Fabian était malade depuis plus de dix ans. Il s'empêchait de mourir pour pouvoir dénoncer la pratique agricole génocidaire qui l'a détruit", a déclaré à l'AFP Medardo Avila, membre du Réseau des médecins des villages fumigés.
Père d'une fille, Fabian Tomasi, qui n'avait plus que la peau sur les os, a consacré les dernières années de sa vie à éveiller les consciences sur les dangers des herbicides et avait même accepté de se laisser photographier pour les besoins de la lutte, a rappelé Medardo Avila.
En 2005, il avait commencé à travailler dans une entreprise de la province d'Entre Rios (centre-est), où il était chargé de remplir d'herbicides les réservoirs des avions de fumigation. Il avait expliqué qu'il manipulait des bidons de produits toxiques sans protection, personne ne l'ayant averti des dangers du glyphosate, classé comme "cancérigène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"Sa mort nous rend très tristes et nous met très en colère. Nous avons un système de production qui contamine la moitié du pays", a ajouté le médecin militant.
Quelques mois avant de mourir, Fabian Tomasi avait témoigné auprès de l'AFP. Pour lui, le glyphosate était "terriblement trompeur, un piège qui nous a été tendu par des gens très puissants". "Il ne restera personne. Toutes les terres que nous avons ne suffiront pas pour enterrer tous les morts", avait-il ajouté.
La maladie l'empêchait alors de consommer des aliments solides, il marchait avec difficulté car il avait perdu toute sa masse musculaire et la mobilité de ses mains était limitée. Incapable de vivre seul, c'est sa mère de 80 ans qui s'occupait de lui.
En Argentine, le soja OGM s'est considérablement répandu dans les années 1990, gagnant du terrain sur l'élevage bovin traditionnel, le rendement à l'hectare étant plus avantageux.
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Glyphosate : un jardinier atteint d'un cancer fait condamner Monsanto
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L'interdiction du glyphosate n'est pas inscrite dans la loi sur l'Agriculture
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GLYPHOSATE: CES PAYS OÙ L'UTILISATION DE CE PESTICIDE FAIT DÉBAT.


Commercialisé sous diverses marques et substance de base des désherbants, le glyphosate est classé «cancérigène probable» depuis 2015 par l'Organisation mondiale de la santé. Très décrié, il a été jusqu'ici rarement condamné ou interdit sur la planète. Tour d'horizon.
La condamnation historique de Monsanto par la justice américaine de verser 290 millions de dollars à un jardinier atteint d'un cancer pourrait en appeler d'autres. Classé «cancérigène probable» depuis 2015 par l'Organisation mondiale de la santé, le glyphosate, substance de base du Roundup, désherbant le plus utilisé au monde produit par le groupe américain Monsanto, est attaqué partout sur la planète. Mais jusqu'ici, cette substance, utilisée sous diverses marques, a rarement été interdite ou condamnée. Le point sur ces diverses restrictions et procès en cours.

• La France veut l'interdire complètement d'ici 5 ans
En France, le gouvernement a promis d'interdire le glyphosate «dans ses principaux usages» d'ici 2021, et «pour tous les usages» d'ici cinq ans. Par ailleurs, plusieurs actions en justice sont en cours. Depuis juin, le géant allemand Bayer qui a récemment racheté Monsanto, est visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lyon pour «administration de substances nuisibles» suite à la découverte de glyphosate dans du miel. C'est un syndicat d'apiculteurs qui avait porté plainte. À l'automne 2017, un juge français, qui jugeait des militants poursuivis pour avoir peint des bidons d'herbicide contenant du glyphosate, a saisi la justice européenne sur la dangerosité de ce produit. En 2009, la Cour de cassation avait condamné Monsanto à 15.000 euros d'amende pour «publicité mensongère» car le géant américain vantait le Roundup comme «biodégradable».

• L'Europe a renouvelé pour 5 ans la licence du glyphosate
Après deux ans de débat particulièrement houleux, les États membres de l'Union européenne ont renouvelé pour cinq ans la licence du glyphosate. La Commission européenne, organe exécutif de l'Union, a mis en avant le feu vert de ses agences scientifiques, l'Agence européenne de sécurité alimentaire (l'Efsa) et l'agence européenne des produits chimiques (l'Echa), qui n'ont pas classé la substance comme cancérigène. Mais l'indépendance de l'Efsa a été mise en doute. Elle a été accusée d'avoir recopié 100 pages d'une étude du chimiste allemand, dans son dossier d'évaluation du produit de 2015.

• Aux États-Unis, Monsanto condamnée pour la première fois
La décision est historique. Un tribunal de San Francisco a condamné vendredi Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson, un jardinier de 46 ans atteint d'un cancer. La firme est accusée de n'avoir pas informé de la dangerosité de son herbicide. Cette décision pourrait avoir un effet boule de neige alors que des milliers de procédures contre Monsanto sont en cours aux États-Unis, à des degrés divers d'avancement. Mais le géant de l'agrochimie, annonçant son intention de faire appel, a répété que le glyphosate, principe actif du Roundup, ne cause pas le cancer et n'est pas responsable de la maladie du plaignant. Des arguments similaires avancés par le groupe pharmaceutique allemand Bayer, nouveau propriétaire de Monsanto, qui assure que le glyphosate est «sûr et non cancérogène».

• Au centre d'une bataille judiciaire au Brésil
Au Brésil, les désherbants au glyphosate sont très utilisés dans les plantations de soja de la première puissance économique et agricole d'Amérique latine. Mais depuis début août, l'herbicide est au cœur d'une bataille judiciaire. Une juge de Brasilia a en effet ordonné la suspension pour 30 jours de l'enregistrement auprès des autorités de tout nouveau produit à base de glyphosate. Objectif: que l'agence brésilienne de veille sanitaire procède à leur «réévaluation toxicologique». Mais le gouvernement brésilien entend déposer un recours pour tenter d'annuler cette décision avant la prochaine récolte.

• En Argentine, des restrictions localement
Troisième pays producteur de soja, l'Argentine consomme des quantités massives de glyphosate. Dans certaines plaines fertiles de la Pampa, le conflit est quotidien entre des habitants et les producteurs agricoles, pour qui ce produit est indispensable. En l'absence de législation nationale, localement, certains maires ont émis des arrêtés municipaux pour encadrer la fumigation. Mais ces règles sont généralement contestées par les producteurs.

• Toujours vendu au Salvador mais régulé
Dans ce petit pays d'Amérique centrale, le Parlement a voté en septembre 2013 le retrait du marché de 53 produits agrochimiques, dont des désherbants et des pesticides. Cette décision a été partiellement annulée par le président de l'époque Mauricio Funes qui avait demandé que sur ces produits ne soient pas retirés, au motif qu'ils étaient très utilisés et n'étaient pas interdits au niveau international. Un comité technique avait alors été mis en place et la situation n'a guère évolué depuis cinq ans. Le glyphosate est toujours vendu au Salvador.

• Au Sri Lanka, importé mais limité pour certaines plantations
En Asie, le gouvernement sri lankais avait interdit les importations de glyphosate en octobre 2015, suite à une campagne menée par un moine bouddhiste. Mais face aux critiques des organisations agricoles affirmant que cette interdiction leur avait coûté de lourdes pertes: 10% des 300 millions de kilos de thé produits annuellement, le gouvernement a réautorisé en juillet dernier les importations de glyphosate. Son utilisation reste toutefois restreinte pour les plantations de thé et de caoutchouc.
(Avec AFP)

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