vendredi 13 juillet 2018

13/07 - TRUMP AU SECOURS DE L'EUROPE ? 
VEUT-IL NOUS DÉBARRASSER DE L'UNION EUROPÉENNE ? 
CETTE FOIS LE SAUVETAGE DE NOTRE FRÈRE AMÉRICAIN 
N'EST PAS INTÉRESSÉ. 


Macron a trop compté sur son "charme". Trump n'est pas Gay, lui, mais simplement gai. 
Il a bien joué avec Macron, maintenant il passe aux choses sérieuses.


Les exigences de Donald Trump vont obliger l’Europe à se reconstruire, c’est plutôt une bonne nouvelle
La politique conduite par Donald Trump ne peut que générer une réaction des européens très solidaire. 
Emmanuel Macron a cru qu’il pouvait séduire le président américain, mais il s’est vite aperçu qu’après les embrassades, Donald Trump n’a cédé sur rien. Les embrassades sont devenues embarrassantes.

Angela Merkel a tenté une négociation sur le dossier des échanges commerciaux, mais elle n‘a rien obtenu.
Quant à la Grande Bretagne, quelle déception pour les partisans du Brexit, ou alors quelle naïveté de leur part. Le projet de nouer des accords commerciaux avec les États-Unis pour compenser ce qu’ils allaient perdre avec le divorce, n’a pas abouti. Du coup, Theresa May se retrouve obligée de revenir à proposer un accord avec l’Union européenne qui ressemble étrangement à ce qui existait avant le vote pour le Brexit.

Aujourd‘hui, le président américain persiste et signe et donne une formidable occasion aux européens de prendre conscience que l’Europe est assez forte pour assumer cette prise de distance avec l’oncle Sam, et penser que son avenir se joue presque autant à l’est qu‘à l’ouest. Enfin, alors que Donald Trump joue comme si le concert mondial allait se résumer à un dialogue entre les US et la Chine, l'Europe a tout intérêt à s’apercevoir qu’elle va en faire les frais.
La politique américaine impulsée par Trump va obliger les européens à développer une position commune.
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Sommet de l’Otan : l’Europe saura-t-elle transformer le choc Trump en électrochoc de survie ?
Donald Trump au sommet de l'Otan en enchaîné les déclarations choc sur l'Allemagne s'attirant l'ire générale. Pour autant, n'est-ce pas lui qui met l'Europe face à ses contradictions et pointe les vrais problèmes?

Edouard Husson : Il faut repartir de ce qui se passe lors de la réunification de l’Allemagne en 1989-1990. L’Allemagne de l’Ouest de l’époque ne veut pas voir émerger une Allemagne de l’Est démocratique indépendante. Elle veut absorber cette dernière. George H.S. Bush donne le feu vert, à une condition: que l’Allemagne ainsi réunifiée appartienne à l’OTAN. Dans les années qui suivent, pourtant, l’Allemagne se comporte comme si elle n’était plus dans l’Alliance Atlantique: elle ne cesse de faire baisser la part de PIB qu’elle consacre à la défense. Elle en est aujourd’hui à moins de 1%. Presque trois décennies plus tard, Donald Trump qui, mettant, derrière les apparences, ses pas dans ceux de Barack Obama, abandonne la politique impériale des USA et revient à une politique d’intérêt national, ne voit pas pourquoi continuer à assurer la défense de l’Allemagne: elle préfère investir ses excédents commerciaux dans la prise de participations dans des entreprises américaines ou dans la construction d’un oléoduc reliant directement la Russie à l’Europe occidentale plutôt que dans la participation à l’effort de défense occidental commun. Donald Trump parle soudain aux Allemands la langue que les Allemands parlent à leurs partenaires européens. C’est cela qui les surprend: depuis la fin de la Guerre froide, ils croyaient ne plus avoir à rendre de comptes aux USA. C’était oublier qu’ils demandent encore aux Américains d’assurer leur défense. Vu de Washington , la hiérarchie européenne n’est pas celle de l’Union européenne: regardez comme Trump a tendu la main à Emmanuel Macron qui se trouve être à la tête du pays qui fait, proportionnellement à son PIB, le plus gros effort de défense en Europe occidentale. Ensuite, je ne suis pas sûr que Trump veuille faire le bien de l’Europe à sa place: il est trop respectueux du principe de souveraineté des Etats pour cela. Enfin, je ne crois pas qu’il soit dans l’intérêt des Européens , en particulier des Allemands, de se couper de la Russie. Ce n’est pas l’intérêt des États-Unis non plus, d’ailleurs, qui ne devraient pas continuer à pousser Moscou vers Pékin. 


Quels sont ces dossiers que Donald Trump osent affronter et que les européens préfèrent éviter ? 
Les points de désaccord sont nombreux. Et ils sont largement liés au fait que l’Europe, de par les mécanismes de décision propres à l’Union Européenne, est effroyablement lente à s’adapter au monde tel qu’il est. Regardez la question des relations avec Israël. L’Union Européenne critique la politique palestinienne de Tel Aviv comme si on en était encore à la fin des années 1990. Entretemps, Israël a fait plusieurs propositions de règlement du conflit, a évacué la bande de Gaza et vu s’y installer le Hamas et se trouve bien plus vulnérable face à l’Iran que lorsque l’Irak et la Syrie étaient des États solides. Pourquoi l’Europe et les États-Unis ne pourraient-ils pas se rejoindre dans une politique d’alliance intelligente avec Israël? Au lieu de subir la crise de l’espace géopolitique méditerranéen comme elle le fait, pourquoi est-ce que l’Europe ne s’entend pas avec les États-Unis pour la construction d’un nouvel ordre méditerranéen? Pourquoi l’Europe n’aurait-elle pas une relation d’équilibre des puissances avec la Russie, à laquelle Trump semble se ralllier? Avoir un partenariat équilibré avec la Russie ne signifie pas être dépendante d’elle sur le plan énergétique comme l’Allemagne qui, par idéologie, est sortie de l’industrie nucléaire sans que la technologie des énergies renouvelables soit suffisamment avancée ni bon marché et se trouve obligée d’acheter massivement du gaz russe pour ne pas perdre la face. Pourquoi l’Europe se condamne-t-elle à avoir une politique monétaire malthusienne au lieu de mettre la monnaie au service de la croissance comme le font les États-Unis? Comment l’Europe peut-elle croire, dans un monde d’États souverains ,que l’on puisse peser en quoi que ce soit sur les affaires internationales sans qu’il existe une « défense européenne » digne de ce nom? Comment l’Allemagne, qui dit croire au commerce international, peut-elle ne pas jouer le jeu traditionnel de l’économie ouverte: cela implique non pas d’accumuler les excédents mais de les dépenser ou de les investir?  Vu de Washinfton, les questions sont nombreuses. Et n’importe quel président américain aurait fini par les poser.  Ne confondons pas les provocations de style de Trump et la réalité des rapports de force entre Américains et Européens. 

En quoi la pression mise par Donald Trump pourrait aboutir à une prise de conscience ? Cette prise de conscience pourrait-elle aboutir elle même à un renforcement, ou à délitement de l'UE ? 
Premier scénario: les dirigeants européens font front contre Donald Trump. Il les réconcilie à ses dépens. C’est peu probable parce que l’Europe est divisée sur beaucoup de sujets. Deuxième scénario, aussi improbable, les Européens s’entendent avec Trump, en faisant abstrction de sa personne pour se rendre compte que n’importe quel président américain se poserait ces questions tôt ou tard du point de vue des intérêts nationaux américains. En fait, le dialogue entre Européens et Américains est impossible parce que les conceptions budgétaires respectives sont à l’ opposé: l’Allemagne a fait triompher au sein de l’Union Européenne, et plus particulièrement de la zone euro, une vision très restrictive. Franchir les 2% du PIB consacrés à la défense pourrait amener plusieurs pays à dépasser les plafonds de déficit autorisés par les traités européens. Quant à 4%, ce ne serait possible qu’après la fin du système de l’euro. Le débat est très significatif de la différence fondamentale entre les États-Unis, où la monnaie est au service de la croissance et de l’investissement et l’Europe où l’activité économique est soumise à l’exigence de stabilité monétaire.  Dans tous les cas, Trump a un impact immédiat en concentrant ses critiques sur l’Allemagne: il pose la question de l’efficacité du leadership allemand en Europe. L’Allemagne devient du coup plus vulnérable dans les discussions internes à l’UE. 


Donald Trump est arrivé au conseil de l’Otan avec une idée précise, faire payer aux européens le juste prix selon lui de l’OTAN. Cette organisation militaire basée à Bruxelles dont l’objectif était de protéger l’Europe. Il veut donc principalement taxer l’Allemagne, accessoirement les autres pays européens membres de l’OTAN. Ce dossier concerne aussi la France qui a réintégré le commandement intégré de l‘Otan en 2009 sous Sarkozy après l’avoir quitté en 1966 à l’initiative du Général De Gaulle qui lui avait choisi l’indépendance militaire.
La demande de Donald Trump est légitime mais archaïque. Elle doit obliger le européens à s’interroger sur le rôle et l'utilité de l’OTAN.
Soyons sérieux, l‘Alliance Atlantique a été créé après la guerre pour permettre à l'Europe de se protéger contre l'Union soviétique et les risques de l’empire communiste. Très bien. Seulement aujourd’hui, l’Union soviétique et les risques communistes n’existent plus. L’ennemi numéro 1 en Europe, ce n’est plus la Russie. Les ogives nucléaires ont changé d'orientations et de cibles. L'ennemi commun des européens et de la Russie d’ailleurs, c’est le terrorisme islamique. Les forces de l’OTAN sont complètement inadaptées.
Plus sérieux encore, la défense européenne est principalement assurée par les deux seuls pays qui sont équipés d’une véritable force militaire en Europe, la France et la Grande Bretagne. L‘Allemagne est absente.
Ce débat engagé par Donald Trump devrait logiquement accoucher d’un autre débat portant sur la construction d’une défense européenne et d’un budget européen. Si l’Allemagne doit payer une contribution à sa défense, ça n’est pas aux américains qu‘elle doit payer, mais aux européens dans le cadre d’un budget et d’une politique commune qu’il faut construire et c’est urgent.

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