lundi 1 août 2016

31/07 - GÉNÉRAL PINATEL : POUR EN FINIR
AVEC LE TERRORISME ORGANISÉ,
S’ALLIER À LA RUSSIE ET FAIRE DISPARAÎTRE L’OTAN.


Mais qu’attendent donc tous ces Généraux pour remettre la France sur la bonne voie ? !

Comme le dit justement Michel Collon il faut arrêter d'appeler cela islamisme. Cela n'a rien à voir avec l'Islam, nous faisons ainsi le jeu de ces terroristes.

Après le coup d’État manqué en Turquie, Erdogan se rapproche de Poutine tandis que Moscou et Washington semblent avoir trouvé un équilibre en Syrie. Pour le général Pinatel, les États européens devraient tenir compte de cette nouvelle donne.

Le général (2S) Jean-Bernard Pinatel est expert en géostratégie et en intelligence économique. Il tient le blog Géopolitique - Géostratégie. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont "Carnets de guerres et de crises" aux Éditions Lavauzelle en 2014.

FIGAROVOX. - Recep Erdogan devrait rencontrer Vladimir Poutine en août dans la capitale russe. La Turquie est historiquement la base avancée du Sud de l’Alliance atlantique. Dans quelle mesure la nouvelle alliance entre Moscou et Ankara pourrait perturber l’OTAN ?
Général (2S) PINATEL. - L’OTAN est une organisation issue de la Guerre froide entre l’URSS et l’Occident démocratique. Son maintien et son extension aux anciens pays de la CEI procède de la volonté des États-unis de conserver ouvert le fossé entre l’Europe et la Russie. En effet si l’Europe et la Russie étaient alliées, elles leur contesteraient la primauté mondiale qu’ils ont acquise en 1990 à l’effondrement de l’URSS et qu’ils veulent conserver à tout prix. Mais la menace terroriste a changé la donne. Cette menace, présente en Russie depuis les années 1990, s’est étendue à l’Europe en juin 2014 avec la proclamation du Califat par l’irakien Al Bagghadi puis récemment en Turquie quand Erdogan a dû fermer sa frontière à Daech après les attentats commis en France et les pressions que les américains ont du faire sur Ankara pour ne pas perdre le soutien de l’opinion européenne.

Si l’Europe et la Russie étaient alliées, elles contesteraient aux États-unis la primauté mondiale
Dans ce contexte d’actes terroristes meurtriers, la déstabilisation du régime syrien et son remplacement par un régime plus favorable aux intérêts américains, européens, saoudiens et qataris passe au second plan face à l’urgence de maîtriser ce nouveau Califat qui menace la stabilité du Moyen-Orient et favorise la montée en puissance des partis nationalistes anti-atlantistes en Europe. Par ailleurs, l’intervention massive et victorieuse de la Russie en septembre 2015 pour soutenir son allié syrien contraste avec les hésitations ou le double jeu des États-unis qui essaient de ménager tout le monde. Ils se condamnent ainsi à une faible efficacité opérationnelle qui, finalement, inquiète leurs alliés traditionnels et les poussent à ménager la Russie. Enfin les liens et les enjeux économiques entre la Russie et la Turquie sont très importants malgré une opposition géopolitique historique .

Contrairement à la guerre que mène la Russie en Syrie, l’OTAN ne sert à rien face à la menace "terroriste".
Plus que le rapprochement entre Moscou et Ankara, ce qui fragilise cette organisation, ce sont ces récents événements. Ils font la démonstration éclatante aux yeux des Français et des Européens que l’OTAN ne sert à rien face à la menace terroriste. En revanche, la guerre efficace que même la Russie contre l’État terroriste fait penser à de plus en plus de français et d’hommes politiques que la Russie est notre meilleur allié. Et cette évidence, acquise dans la douleur de nos 234 morts et de nos 671 blessés depuis 2012, devrait non seulement perturber l’Otan mais conduire à sa disparition ou à son europeanisation complète car son maintien en l’état ne sert que des intérêts qui ne sont pas ceux de la France.

Que se passe-t-il aujourd’hui en Syrie ? Russes et Américains semblent se rapprocher ou à tout le moins se coordonner davantage, notamment sur la question du Front Al-Nosra, très présent près d’Alep. Un nouvel équilibre dans la région est-il en train de se constituer ?
Les «rebelles modérés» en Syrie servent d’interface avec Al Nostra à qui elles revendent les armes qu’elles reçoivent via la CIA
Dès leur intervention en septembre 2015 sur le théâtre syrien, les Russes ont proposé aux Américains de coordonner leurs frappes contre Daech et Al Nostra. Mais les Américains ont refusé car au niveau politique, ils voulait maintenir la fiction qu’il existait encore un potentiel de forces modérées sur le territoire syrien qui n’avaient pas été absorbées ou qui ne s’étaient pas alliées à Al-Nostra et qui ainsi pourraient prétendre, un jour, à être partie prenante à la table de négociation. C’est clairement une fiction contestée non seulement par la Russie, mais par d’autres voix y compris aux États-unis. Ces experts affirment que les unités qui existent encore en Syrie servent d’interface avec Al Nostra à qui elles revendent les armes qu’elles reçoivent via la CIA. C’est le bombardement d’une de ces bases en Syrie par la Russie, qui a eu l’habileté de prévenir les américains à l’avance pour qu’ils puissent retirer en urgence les agents de la CIA présents, qui a permis ce rapprochement opérationnel. Il est clair qu’un nouvel équilibre est en voie de se constituer au Moyen-Orient. La Russie qui y a été historiquement présente est de retour en force. La Chine, et c’est une nouveauté, y pointe plus que son nez et la France qui y avait une position privilégiée de médiation, l’a perdue par suivisme des Etats-Unis.

Quelle pourrait être la place de l’Europe dans les relations avec ces deux grands pays que sont la Russie et la Turquie ? Peut-on imaginer un nouvel équilibre sécuritaire aux marches de l’Europe ?
C’est vrai, nos portes orientales sont verrouillées par la Russie et la Turquie.
Avec la Russie nos intérêts économiques et stratégiques sont totalement complémentaires. La France a une longue histoire d’amitié avec la Russie que symbolise à Paris le pont Alexandre III et plus récemment l’épopée de l’escadrille Normandie Niemen que le Général de Gaulle avait tenu à envoyer en Russie pour matérialiser notre alliance contre le nazisme. Je rappelle aussi que c’est parce que l’armée allemande était épuisée par trois ans de guerre contre la Russie et la mort de 13 millions de soldats russes et de 5 millions d’allemands que le débarquement de juin 1944 a pu avoir lieu. Ce rappel ne veut en aucun cas minimiser le rôle des États-unis et le sacrifice des 185.924 soldats américains morts sur le sol européen. Mais la volonté des États-unis de restaurer un climat de Guerre froide en Europe qui se développe notamment au travers de l’OTAN ne sert que leurs intérêts et ceux des dirigeants européens qui sont soit des corrompus soit des incapables.

Avec la Turquie, c’est l’Allemagne qui a des relations historiques comparables aux nôtres avec la Russie. La Turquie et l’Allemagne étaient des alliés au cours des deux guerres mondiales car les allemands espéraient avec leur aide couper la route du pétrole aux alliés. Les Turcs de leur côté espéraient ainsi récupérer le contrôle du Moyen-Orient et notamment celui de l’Irak et de la Syrie.
Ce rappel historique met en évidence l’importance du couple franco-allemand pour définir une politique européenne commune face à ces deux puissances et éviter de revenir à des jeux du passé comme a semblé le faire récemment Angela Merkel avec l’affaire des réfugiés en négociant directement avec Erdogan sans se concerter avec ses partenaires européen.
Alexis Feertchak 29 juillet 2016
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Général Pinatel: il devient clair que c'est la Turquie qui a organisé l'envoi des migrants
© Sputnik. 03.12.2015
"On sait qu'Erdogan laisse sa frontière ouverte au pétrole de Daech et qu'en Turquie Daech se réapprovisionne en armes et en munitions", affirme un expert militaire français.
Le président russe Vladimir Poutine attache beaucoup d'importance à la crise survenue dans les relations entre Moscou et Ankara suite au crash d'un avion militaire russe abattu par un chasseur turc, mais il ne veut pas aggraver les tensions, estime le général Jean-Bernard Pinatel, Président de LP Conseil.
Je pense que Vladimir Poutine fera tout de son côté pour ne pas laisser passer cette affaire qui est très grave. Mais en même temps, il a été très mesuré et il ne veut pas escalader dans cette affaire", a déclaré le général Pinatel dans une interview à l'agence Sputnik.
Interrogé sur les affirmations du président russe selon lesquelles le président turc Recep Tayyip Erdogan était impliqué dans le trafic de pétrole avec Daech, l'interlocuteur de l'agence a répondu: "Là, il n'y a rien de nouveau. Je l'ai écrit plusieurs fois".
"On sait très bien qu'Erdogan laisse sa frontière ouverte au pétrole de Daech, qu'en Turquie Daech se réapprovisionne en armes et en munitions, que les blessés de Daech sont soignés dans ce pays. Même la fille d'Erdogan, jusqu'à une période récente, dirigeait un hôpital où étaient soignés les blessés de Daech", a affirmé M. Pinatel
Selon lui, le fait que ces preuves ont été dévoilées par un chef d'Etat a beaucoup plus d'importance que s'il s'agissait de révélations faites par un simple expert.

La Russie appelle à enquêter sur le trafic pétrolier entre Daech et la Turquie

D'après le général, les États-unis sont les premiers à pouvoir faire pression sur Erdogan. Or, la position des Américains est "totalement ambiguë".
"Maintenant, il devient clair au niveau des opinions occidentales que c'est la Turquie qui a organisé l'envoi de tous ces migrants dans lequel les terroristes étaient dissimulés et que ça a été entièrement pensé par Erdogan probablement en liaison avec Daech", a indiqué l'interlocuteur de l'agence.
Il est persuadé que "ce n'est pas aujourd’hui, ni demain, ni après-demain que la Turquie rentrera dans l'Union européenne".
Interrogé sur le rôle de la France dans la lutte contre l'État islamique, le général Pinatel a déclaré: "La France fait ce qu'elle peut, car la France est déjà engagée au Sahel, en Afrique où elle supporte pratiquement seule la guerre menée en vue de stabiliser la situation au Mali, au Niger et au Tchad".
Pour la France, l'opération contre Daech est plutôt une "action symbolique", a conclu le général.
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* Général Pinatel :

Général Pinatel : "On paye le prix d'une politique totalement irresponsable" - independenza webtv  - 30 mars 2009
Un Bataclan par moi a Bagdad depuis le coup d'état de 2009
"La France a perdu sa place."

Et autres vidéos...

Livre : Russie, alliance vitale par Jean-Bernard Pinatel
Un retour de l'Europe dans les affaires du monde ? Pas sans une alliance avec la Russie. Voilà la conclusion de cette investigation très fouillée sur les rapports de force géopolitiques en ce début de siècle. S'appuyant sur des informations inédites, Jean-Bernard Pinatel livre une analyse éclairée de la relation entre Washington et Pékin. Relation ambivalente, nébuleuse mais fascinante. L'Europe, elle, se voit éconduite et raillée, trop occupée à se chercher une consistance politique. Désinformée sur les dangers qui menacent ses frontières et pénalisent son développement, elle accepte de voir se perpétuer, à ses frontières, les conflits israélo-palestinien, irakien ou afghan. Ce portrait du début de siècle s'achève sur un plaidoyer original en faveur d'une liaison européano-russe renforcée que l'auteur estime autant indispensable que bénéfique à la stabilité de notre continent.

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