mardi 19 juillet 2016

19/07 - «LA POLICE, AVEC NOUS !»
QUAND POLICIERS ET MANIFESTANTS
VEULENT FAIRE LA PAIX !

Lors d’une manifestation anticapitaliste, des policiers allemands 
retirent leur casque et rejoignent le peuple dans le cortège – 2012
Préparons une rentrée calme. TOUS UNIS pour défaire le Pouvoir oppressif.

Dans un contexte de grande instabilité, entre attentats et manifestations contre la loi travail, les policiers français n’ont pas toujours une vie facile. Si nous connaissons assez les dérives de certains, la position opposée d’autres membres est peu médiatisée : ils sont pourtant nombreux à rejeter la loi travail et paradent même aux côtés des autres manifestants. Rencontre avec ces flics en civil, tiraillés entre convictions et devoir. 
Alors que la mort des deux policiers de Magnanville endeuille la France, les manifestations contre la loi travail continuaient mardi, opposant une fois de plus flics et manifestants. Bilan : 30 blessés chez les premiers, une quarantaine chez les seconds. Après plus de trois mois de conflits, près de 400 membres des forces de l’ordre ont été blessés. Chez les manifestants, c’est encore plus difficile à évaluer.


2016 - C'est arrivé au cours des 2 dernières manifestations en juin au cours desquelles la police a enfin eu l'autorisation de fouiller les manifestant et où il n'y a pas eu de violences. Petit à petit nous avançons.


Faites suivre tout ceci, ça aide à changer les mentalités, d'aller au delà des peurs, des malentendus... Certains CRS et des manifestants lors des manifestations à Paris me le confirment.

Les merdias/mensonge, arrêtez votre sale travail de désinformation, de manipulation. Vous faites partie du peuple.
Entre les deux «camps», les médias attisent la haine, dans une sorte de dichotomie articulée de vidéos-choc, nombres à l’appui.
Vous aurez à répondre de ce comportement un jour ou l'autre.
Attitude des médias : accentuer la  dichotomie policiers/manifestants 
Les grandes chaînes de télévisions ne cessent de relayer le nombre de blessés parmi les forces de l’ordre, ainsi que d’insister sur la violence des manifestants. Alors que la violence et le fait des casseurs protégés par les forces de l'ordre ou qui font partie des forces de l'ordre, comme lors de l'incident de l’hôpital necker.

A l’inverse, sur les réseaux sociaux, c’est la haine anti-flics qui domine. 
Tout est de leur faute et leur violence est impardonnable. Qui ne se souvient pas des vidéos-choc : sur la petite vieille qui se fait tabasser ? Sur Romain D, jeune journaliste indépendant parisien, touché par une grenade et qui finit dans le coma ? Sur l’étudiant de Rennes qui a perdu son œil ? Autant de vidéos marquantes, qui nous montrent la violence de ces manifestations.
Certains blogueurs cherchent à faire du sensationnel, à faire monter le nombre de leurs lecteurs et sont responsables de la division des 2 camps.
Pourtant, la division entre ces deux «camps» est-elle si grande que ce qu’on veut nous le faire croire ? Les casseurs ne sont pas le gros des manifestants : certaines sources fiables au sein de la police laissent d’ailleurs entendre que ses membres ont reçu des ordres clairs stipulant de laisser faire les casseurs pour mieux réprimer. Selon le responsable CGT de la police : «Les ordres étaient de laisser passer les casseurs, de les laisser se mêler à la manifestation» et « Des collègues voyaient des magasins se faire casser, et ils n’avaient pas le droit d’intervenir». De même, les «tabasseurs d’innocents» ne constituent pas le gros des forces de police.

Les casseurs nous doublaient sur les trottoirs avec des drapeaux noirs, habillés en noir avec des masques et étaient bien repérables et n'étaient pas arrêtés, au contraire ils étaient protégés et les manifestants gazés. je parle de cela au passé, car j'espère que cela ne va plus se reproduire à la rentrée.

Flics manifestants, c’est possible ? 
C’est contre cette pensée trop répandue que se sont dressés plusieurs voix lors de la manifestation du mardi 14 juin (journée la plus terrible!). Parmi les manifestants, on retrouve ainsi tout un petit groupe de policiers en civil, suscitant de nombreuses réactions. «Je suis policier, contre la loi Travail et les violences d’Etat» : ce sont les panneaux qu’ils arborent. Car oui, on peut être policiers, être contre la loi travail en civil et continuer tout de même à faire son travail.
Au sein de la police, ils sont apparemment nombreux à être tiraillés entre devoir et convictions : Gaëlle Van der Maslow, manifestante venue du Sud, assure qu’en coulisses «90 % sont d’accord avec nous».

A Lisbonne (Portugal) en pleine manifestation,
cette jeune manifestante tente de faire la paix
avec un policier en lui faisant un bisou – 2012
Diviser pour mieux régner
Ce qui agace nombre de policiers, c’est que la haine contre le gouvernement se concentre contre eux, alors que la plupart ne soutiennent pas forcément la loi Travail. Pour Alexandre Langlois, secrétaire de la CGT-Police, il est temps que cela cesse : «Nous souhaitons que ce gouvernement ne puisse plus se servir de la police pour prendre les coups à sa place et qu’il arrête de ternir l’image des fonctionnaires qui sont du côté de la population», clame le tracte qu’il distribue. Pourtant, lorsqu’il est en service, il continue à faire son travail, par devoir.
Certes, certains ne manqueront pas de dire que le travail de la police, c’est de défendre et protéger les citoyens. Et ils ont raison. Mais leur rôle est aussi d’obéir à l’Etat, en tant que fonctionnaires. Et en effet, ce n’est pas parce que l’Etat dit quelque chose, que cela est forcément juste et bon : les policiers en ont bien conscience. Peu d’entre eux ont rejoint les forces de l’ordre pour casser du manifestant. Il est aisé d’imaginer que, au contraire, leur idéal de «protéger et servir» est aussi mis à mal par la tournure récente des événements.

Etre flic aujourd’hui, cela doit être un tiraillement constant. «Ceux avec qui on noue le dialogue sont d’accord avec nous, ils rejettent la loi Travail. Mais ce n’est pas facile, ils ont des ordres et encourent de lourdes sanctions s’ils désobéissent.» 
La sortie de crise passe par un rapprochement entre civils et policiers.

Des initiatives pour une réunification ? 
Et c’est bien ce qu’a enclenché mardi le groupe d’Alexandre Langlois : «Nous sommes tous le peuple, civils et policiers, unissons-nous», lance Alexandre Langlois.
En se divisant, on fait le jeu du gouvernement. Rejoignons-nous au lieu de nous taper les uns les autre. 
Quand médias dominants et politiques mettent l’accent sur les violences, ça permet de ne pas parler de la loi Travail ; dans cette affaire, c’est d’abord travailleurs contre élite, et les policiers sont des travailleurs comme nous».

Pour permettre aux autres policiers anti-loi travail de s’exprimer, le groupe de mardi a mis en place un courriel, afin de témoigner anonymement : levezvousavecnous@gmail.com. De parts et d’autres, des îlots de rapprochement policiers-manifestants se créent. Certains sont surpris de la présence policière dans leurs rangs, d’autres les couvre d’applaudissements, sous des cris enthousiastes : «La police, avec nous !».

L’amour entre la police et le peuple n’est pas mort. Il est juste gangréné par les velléités de gens violents, d’un côté comme de l’autre, qui exacerbent les tensions afin de mieux en tirer profit. Des initiatives comme celles de mardi tentent d’apaiser les tensions entre deux groupes que tout n’oppose pas, malgré les apparences.  


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