vendredi 15 juillet 2016

15/07 - ATTENTAT DU BATACLAN A PARIS :
L’INTERVENTION EN ACCUSATION. ENFIN !


Les forces de police comme le gouvernement ne sont pas là pour nous protéger. 
Le peuple pourrait accuser les force de l'ordre de "non assistance à personnes en danger" quand ils obéissent à des ordres qui vont à l'encontre du peuple où ne bougent pas pendant que des personnes se font assassiner. Quant au gouvernement, autant demander à une poupée de chiffon de réfléchir !

Des militaires étaient en faction devant le bataclan et ne sont pas intervenus.
L’assaut mené au Bataclan aurait-il pu être plus rapide et efficace ? La question est posée, en filigrane, par le président de la commission parlementaire Georges Fenech. Selon le député (LR), les auditions ont mis en relief la décision des autorités de ne pas déclencher la force d’intervention de la police nationale (FIPN). Ce dispositif permet de mobiliser l’ensemble des unités spécialisées de police sous la direction du patron du RAID. Cette structure avait notamment été déployée lors de l’attentat de l’Hyper Casher. « On peut s’interroger sur la raison pour laquelle ce choix n’a pas été fait », indique-t-il.

Selon lui, le patron de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) - les policiers d’élite de Paris compétents pour intervenir au Bataclan - n’aurait pas demandé le soutien de la FIPN alors qu’il en avait la possibilité. Les deux autres officiels capables de prendre une telle décision - le préfet de police, et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve – se seraient eux aussi abstenus d’actionner le dispositif. « J’ai demandé pour quelle raison, je n’ai pas obtenu de réponse », assure le parlementaire.

Pourtant, quelques minutes après le début de l’intervention de la BRI, des policiers du RAID viennent en renfort. Qui a pris cette initiative ? Durant les auditions, deux versions s’affrontent. Le directeur général de la police nationale dit qu’il en est à l’origine. Le patron du Raid, lui, indique avoir pris lui-même cette décision. Mais, en l’absence du déploiement de la FIPN, le commandement des opérations reste aux mains du chef de la BRI. « J’ai néanmoins eu le sentiment de subir cette intervention », a critiqué le patron du RAID devant la commission. «Quelque chose ne va pas lorsqu’un groupe spécialisé de compétence nationale se met sous la compétence d’un groupe non spécialisé de compétence locale», a-t-il ajouté.

Des appels du GIGN à la BRI restés sans réponse
L’absence remarquée du GIGN pose aussi question. Si les forces d’élite de la gendarmerie n’ont en théorie pas l’autorisation d’intervenir à Paris, elles auraient pu faire exception à cette règle vu l’urgence. Un constat semble-t-il partagé par le patron du GIGN, puisque celui-ci aurait téléphoné à son homologue de la BRI pendant l’attaque afin de lui offrir son aide. «Ces appels sont restés sans réponse», poursuit Georges Fenech qui souligne que le GIGN avait de toute façon «pour ordre de rester dans sa caserne afin de pouvoir être prêt à intervenir en cas de nouvel attentat».

Enfin, l’apparent attentisme des militaires de la force Sentinelle est une autre source de questionnement pour le député. Selon lui, huit soldats étaient à proximité de la salle de spectacle ce soir-là. Des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC), venus eux aussi en renfort, leur auraient demandé leur aide, puis le prêt de leur fusil d’assaut plus efficaces que les pistolets dont ils sont équipés. «Dans les deux cas, les militaires ont refusé, expliquant qu’ils n’avaient pas reçu d’ordre en ce sens», complète Georges Fenech. Autant d’interrogations exprimées par le député qui s’inscrivent dans un contexte de guerre des services d’intervention entre RAID, BRI et GIGN, et qui ne sont pas partagées par l’ensemble de la commission.

«Georges Fenech est relativement isolé dans ses questionnements sur l’assaut du Bataclan, répond Sébastien Pietrasanta, député (PS) et rapporteur de la commission. Il faut rappeler que la BRI est une force d’élite à part entière, avec des effectifs suffisants, et qu’elle est compétente sur le territoire de Paris. Tous les intervenants auditionnés ont reconnu la qualité et le professionnalisme de leur action ce soir-là. Quant au RAID, il était bel et bien présent lors de l’assaut, avec notamment un tireur d’élite, des médecins, et des fonctionnaires au sein de la colonne d’intervention. Au fond, le déploiement de la FIPN n’aurait rien changé, si ce n’est sur un strict plan administratif ».

Ces gens sont naïfs. Le gouvernement n'est pas là pour nous protéger, mais pour exécuter les ordres de ceux qui les ont placé là. Non, nous ne choisissons pas qui nous gouverne.

Pendant les manifestations à Paris et ailleurs en France, les forces de police n'ont pas non plus reçu d'ordre d'arrêter les casseurs, vrai ou envoyés par ce même gouvernement. Par contre ils ont reçu l'ordre de se retirer de devant l’hôpital Necker pour laisser les policiers casseurs, casser quelques vitres, protégés par leur collègues et filmés par les médias complices.
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Bataclan : pourquoi la police et l'armée n'ont pas pu intervenir ensemble
Les militaires présents aux abords du Bataclan après l'irruption des djihadistes n'ont pas reçu l'autorisation d'intervenir, d'après les enregistrements d'échanges radio que "l'Obs" a pu consulter.

C’est le genre de conversation que personne ne souhaite relire à l’avenir. Elle se déroule le soir du 13 novembre, à 22h22, sur les ondes de la radio réservées aux policiers chargés de surveiller l'agglomération parisienne. L’un des interlocuteurs est un agent de la la brigade anti-criminalité (BAC) arrivés parmi les premiers devant le Bataclan juste après le début de la tuerie. Un autre fonctionnaire, un commissaire qui passait devant la salle de spectacle en voiture, est déjà là et a pris l'initiative d'y rentrer, arme au poing, et d'ouvrir le feu sur un terroriste qu'il a tué. Mais le policier qui parle à la radio ne peut que sécuriser les abords de la salle de concert, son équipement et son arme ne lui permettent pas de rentrer.

Seulement, ce soir-là, le carnage ne se déroule pas seulement à l’intérieur : dehors, des victimes, parfois blessées, tentent péniblement de s’échapper par une sortie de secours donnant dans le passage Saint-Pierre Amelot, derrière le Bataclan. Le policier est l’un de ceux qui assistent à ce spectacle insupportable, filmé par certains riverains et notamment par un journaliste du "Monde". D'après les retranscriptions que "l'Obs" a pu consulter, il les signale à sa hiérarchie : 
"Deux victimes se trouvent dans le passage Saint-Pierre Amelot [...], il est impossible d’aller les chercher."
A cette heure-là, l’un des deux terroristes toujours vivants tire avec sa kalachnikov vers les forces de l’ordre postées dehors. Les hommes de la BAC ne sont pas équipés pour riposter, et encore moins pour couvrir un de leurs collègues et lui permettre d’aller chercher des victimes.

13 novembre : ce que se sont dit les policiers pendant les attentats
A la radio, le policier demande donc à l'état-major de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) si les "militaires porteurs de Famas" de la force Sentinelle présents à ses côtés sont "autorisés à engager" [à "tirer", NDLR]. Les militaires sont au nombre de 8. Eux aussi se sont arrêtés devant le Bataclan en entendant la fusillade, alors qu'ils allaient relayer une équipe chargée de surveiller des bâtiments situés non loin de là.

"Bah, passe-moi ton Famas"
La consigne donnée par radio au policier est claire : le chef "répond par la négative et précise que les militaires ne sont qu'en assistance, ils ne peuvent pas intervenir". Fin de la conversation. A 22h28, l'état-major demande si les policiers font toujours l'objet de tirs. Un policier de la BAC répond par la négative mais signale : 
"Un individu [...] au niveau de la porte qui donne sur le passage et qui nous attire vers la porte où il y a les blessés et il attend juste qu'on passe pour pouvoir nous rafaler. [...] Avec les moyens qu'on a d'armement et de protection, on ne peut pas aller chercher les victimes."
Les militaires n'ont toujours pas le feu vert pour tirer. Les victimes ne seront secourues que plus tard, sans l'aide de l'armée. 
Le soir du 13 novembre, les militaires de la force Sentinelle présents aux abords du Bataclan n’ont donc pas reçu l’autorisation d’intervenir, alors que le contexte aurait pu l'exiger, comme le montrent ces bribes de conversation. Un autre épisode avait déjà illustré le manque de coordination entre police et armée le soir des attentats de Paris.

Attentats de Paris : le réveil de la guerre des polices
D’après le témoignage livré par un représentant syndical policier, un agent de la BAC présent devant le Bataclan aurait demandé à un militaire de l’accompagner pour pénétrer dans la salle de concert. "Le détachement Sentinelle a dit : 'Non j'ai pas d'ordre pour bouger'", avait raconté Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires de la police nationale devant la commission d’enquête parlementaire créée après les attentats.
"Alors le policier lui a dit : 'Bah, passe-moi ton Famas.' Le militaire a refusé de se séparer de son arme."

Une doctrine très stricte
Comment expliquer l’absence d’une intervention commune, alors que la situation aurait pu s’y prêter le 13 novembre ? La "doctrine" qui encadre l’action des militaires sur le sol français est très stricte. Elle prévoit notamment que les militaires ne peuvent agir dans l’Hexagone que sous l’autorité policière. Par ailleurs, aucune unité mixte, composée à la fois de policiers et de militaires, ne peut passer à l’action ensemble. Il était donc impensable, pour les huit militaires de la force Sentinelle présents ce soir-là dans le 11e arrondissement de Paris, de pénétrer dans le Bataclan avant les hommes de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) ou encore à leurs côtés.
"Dans le cas du Bataclan, leur rôle était d’établir un périmètre de sécurité aux abords de la salle de concert pour permettre aux unités d’intervention de se mettre en place", explique une source policière parisienne, qui insiste sur la formation spécifique reçue par les deux forces d'intervention de la police (Raid et BRI) et de la gendarmerie (GIGN). Sur ordre de la hiérarchie policière, la priorité des militaires ce soir-là était donc de tenir ce périmètre avec les policiers de la BAC.

Entre le Raid et la BRI, la guerre de position
Concernant leur marge de manœuvre dans le passage Amelot pour aider les policiers à secourir les victimes, la "doctrine" est beaucoup moins claire. Ils auraient pu ce soir-là avoir l’autorisation de tirer contre les terroristes retranchés... "Il est toujours facile de juger a posteriori", indique une source policière parisienne : 
"Quelques minutes avant ces échanges radio, les terroristes avaient fait feu sur les policiers. La situation n’était pas clairement connue. Les primo-intervenants doivent tenir le périmètre, figer la situation, s’ils sont tués ou blessés, ils ne peuvent plus aider personne."


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