dimanche 31 mai 2015

31/05 - FRAISES D’ESPAGNE, 
ON ARRÊTE LE MASSACRE? 

Pourquoi je ne mange plus aucun fruit ou légume espagnol.
Toxique à tous les étages, la fraise d’Espagne
Aujourd’hui, attaque en règle de la fraise d’Espagne encore trop fréquente sur nos étals. Elle fait partie de nos importations massives, plus de 80 000 tonnes chaque année.

Qu’on se le dise, l’envie de fraises n’est pas qu’une question d’hormones. Dès les premiers beaux jours tout le monde en veut dans son assiette, polichinelle dans le tiroir ou pas. L’industrie, toujours à l’affût de nos désirs intensifie donc la cadence. En 15 ans, la production mondiale a doublé. Chaque seconde on produit dans le monde 129 kilos de la belle rouge, soit au final plus de 4 milliards de kilos chaque année. Où ça ? Aux Etats-Unis et en Espagne qui assurent respectivement 1,1 milliard et près de 300 millions de kilos. Dans ce contexte, l’Hexagone avec ses 3 000 producteurs et ses 50 à 70 millions de kilos est… aux fraises.

"Champ" de fraises en Espagne

Le problème c’est qu’en France, on se boulotte près de 2 kg de fraises par an et par personne. Si vous faites le calcul, ça fait donc 130 millions de kilos de fraises avalées : le compte n’est pas bon. Garriguette, ciflorette, charlotte ou mara des bois ne font pas le poids même si l’on intensifie les productions en multipliant les cultures hors sols. Pour combler notre déficit, on n’hésite pas à faire venir la belle en camion et à lui faire parcourir près de 1500 kilomètres. Car c’est en Andalousie, dans la région de Huelva qu’on en produit le plus.

Depuis les années 60, sur la côte Ouest de l’Espagne, c’est le paradis de la fraise et l’enfer des écologistes. Sur près de 6000 hectares, de gigantesques bâches recouvrent les paysages et grignotent en toute impunité le territoire du parc naturel de Donana, l’un des plus grands sites naturels protégés d’Europe. Mais ce n’est pas tout, les cultures pompent un tiers des réserves en eau de la région se souciant comme une guigne des besoins des 500 000 oiseaux qui y trouvent refuge chaque hiver, encore moins du lynx ibérique, figure locale menacée d’extinction. 

4500 tonnes de plastique sont utilisées chaque année. Fantastique !
Garantie 100% produits chimiques.
Elle est bonne au moins cette fraise d’Espagne ? 
Si on aime les fruits au goût de concombre, pourquoi pas. Si on apprécie les produits chimiques aussi. 
En 2005, la DGCCRF (la direction des fraudes donc) a trouvé des traces de pesticides dans 76% des barquettes contrôlées. Le verdict d’une étude allemande est encore pire : il y aurait au total plus de 105 molécules différentes détectées, parmi lesquelles le cyprodinil, le fludioxonil, le fenhexamide, le tolylfluanide (désormais interdit en France) et l’azoxystrobine. Bon appétit.

Vous en voulez encore ? On continue. Claude-Marie Vadrot, journaliste baroudeur de la première heure et auteur «des fraises en hiver» rappelle que la production est totalement artificielle. L’été, les plants sont placés dans des frigos pour leur faire croire que c’est l’hiver et avancer la production. Au printemps, les bâches noires permettent de chauffer à bloc le sol. Et à l’automne, c’est le grand ménage de printemps.

«La terre sableuse est nettoyée, stérilisée, la microfaune détruite, avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine.
Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone signée en 1987 (dernier délai en 2005) ;
-  le second, composé de chlore et d’ammoniaque est aussi un poison : il bloque les alvéoles pulmonaires en entraînant de violentes douleurs. Il a longtemps servi de gaz de combat et a été utilisé pour la dernière fois par Ali Hassan Al-Madjid dit Ali le Chimique, au Kurdistan, contre les Chiites et contre les Iraniens pour le régime de Saddam Hussein»

Bio la fraise d’Espagne ? Certainement pas.
Résultat : à mesure que l’on trempe nos fraises dans la chantilly, les maladies de peau et de poumons explosent dans la région de Donana. Pendant que l’on commande un fraisier, des marocains, des roumains, des clandestins vivent dans des conditions plus que précaires pour un salaire de misère. Et le temps de lire cet article, plus de 3 tonnes de fraises ont été cueillies en Espagne.
Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver.

Hélène Binet

Certains ouvriers sont recrutés dans des pays de l'Est, on leur fait signer un contrat qui n'est pas dans leur langue et arrivés en France les belles promesses s'envole et si un meneur réclame une augmentation il est parfois retrouvé assassiné pour l'exemple et mis comme un déchet sur un tas d'ordure avec sa carte d'identité sur la poitrine.
Alors, cultivez vos fraises. Si vous n'avez pas de potager faites le sur votre balcon, dans des jardinières sur votre fenêtre, mangez-en peu, mais mangez sain et la conscience tranquille.



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