samedi 20 décembre 2014

20/12 - CUBA : LES ETATS-UNIS 
PRÊTS À ACCUEILLIR RAUL CASTRO
 
Les Etats-Unis ont affirmé jeudi être prêts à accueillir le président cubain Raul Castro, Barack Obama ayant lui-même évoqué son possible voyage dans l’île communiste pour consacrer le rapprochement historique entre les deux pays.
L’annonce choc mercredi des deux chefs d’Etat sur la volonté de normaliser leurs relations diplomatiques après un demi-siècle de brouille sera suivie dès janvier de premiers entretiens officiels. Les deux gouvernements avaient mené pendant 18 mois des tractations ultra-secrètes en vue de mettre fin à l’un des derniers vestiges de la Guerre froide.

"Je n’exclurais pas une visite du président (Raul) Castro", a déclaré Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche.
Mercredi, la présidence américaine avait déjà évoqué une éventuelle visite de Barack Obama à Cuba. "Je n’ai pas de projet particulier à ce propos pour le moment, mais voyons comment les choses évoluent", avait déclaré le président sur la chaîne ABC.

Mais cette amorce de réconciliation va buter sur un Congrès américain globalement hostile à la levée de l’embargo économique que Washington impose depuis 1962 à La Havane. Les deux présidents ont reconnu que cette épineuse question n’était pas réglée.

M. Obama a réclamé un débat, qui s’annonce houleux, avec le Congrès sur la levée du "plus vieil embargo du monde", une mesure punitive "inscrite dans la loi" américaine.
Les républicains, qui contrôleront dès janvier les deux chambres, ont déjà prévenu : "Ce Congrès ne va pas lever l’embargo", selon Marco Rubio, sénateur de Floride. L’ambitieux élu d’origine cubaine a fustigé "la légitimité diplomatique et les dollars américains accordés au régime castriste par l’annonce du président Obama".
Même du côté démocrate, le représentant Eliot Engel a prévenu que "le Congrès devait voir davantage d’ouverture politique à Cuba avant de lever l’embargo".

Mais les premières mesures de rapprochement ne nécessitent pas pour l’instant l’aval du Congrès : petits assouplissements économiques et discussions en vue du rétablissement des relations diplomatiques rompues en 1961, notamment avec l’ouverture d’ambassades remplaçant les actuelles sections d’intérêts.

La secrétaire d’Etat adjointe pour l’Amérique latine Roberta Jacobson a précisé que ces premiers entretiens officiels entre les deux gouvernements se tiendraient en janvier à Cuba. Les deux pays profiteront de leurs négociations régulières et programmées de longue date sur les flux migratoires. Mme Jacobson conduira la délégation américaine.

Jeudi, la communauté internationale — en Asie, en Amérique latine et en Europe — continuait de s’incliner devant une "décision historique", un "geste courageux", voire la "fin de la Guerre froide".

  • Le président français François Hollande s’est réjoui de cette "détente", lançant que "la guerre froide, ça doit être terminé, une fois pour toutes".
  • Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a salué un geste d’une "importance historique".
  • La Chine, a "salué la normalisation" des relations entre Washington et l’un des derniers régimes communistes, appelant les Américains à lever "le plus tôt possible" l’embargo.
  • Les pays latino-américains, réunis en sommet régional en Argentine, se sont félicités du "début de la fin de la Guerre froide sur le continent américain".
  • La Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (Celac) a évoqué "un moment historique pour notre communauté et la communauté internationale" et la présidente argentine, Cristina Kirchner, est allée jusqu’à déclarer que Barack Obama passerait dans l’Histoire avec cette mesure, "la plus importante" de ses deux mandats. "Todos somos americanos" ("Nous sommes tous américains"), avait lancé mercredi le président américain, une formule déjà promise à figurer dans les livres d’histoire.
  • Même l’un des contempteurs les plus acerbes des Etats-Unis, le président vénézuélien Nicolas Maduro, a salué une "rectification historique", un "geste courageux d’Obama et nécessaire pour l’Histoire", en même temps qu’une "victoire de la morale (...) et de Fidel" Castro.
Un mur commence à tomber :
Le pape François, artisan avec le Canada de ce rapprochement, avait le premier parlé d’une "décision historique". L’Union européenne, qui cherche à renouer avec Cuba depuis 2003, y a vu un "tournant historique". "Un nouveau mur commence à tomber", a lancé sa chef de la diplomatie, Federica Mogherini.
En rompant avec leur politique d’hostilité à l’égard de Cuba, les Etats-Unis ont voulu mettre fin à leur isolement sur un dossier cubain qu’ils étaient quasiment les seuls à défendre.
"Ni le peuple américain ni le peuple cubain ne tirent bénéfice d’une politique rigide héritée d’événements qui ont eu lieu quand la plupart d’entre nous n’étaient pas nés", avait justifié mercredi M. Obama, né en 1961. Et comme l’avait souligné son chef de la diplomatie John Kerry, "ce n’est pas Cuba qui est isolée, ce sont les Etats-Unis".

A La Havane, des habitants oscillaient entre joie spontanée et scepticisme prudent.

---------------------------------

A CUBA, LE RAPPROCHEMENT AVEC LES ETATS-UNIS
DIVISE RÊVEURS ET SCEPTIQUES
Par Rigoberto DIAZ Publié le 18/12/
Bien sur, il y a toujours des sceptiques.
Comme la fausse du même nom !

Une femme porte un collant aux couleurs des Etats-Unis dans une rue de La Havane le 18 décembre 2014
Encore sonnés par l'annonce historique du rapprochement avec les Etats-Unis, les habitants de La Havane oscillaient jeudi entre joie spontanée et scepticisme prudent, faute de disposer d'informations détaillées sur les changements à prévoir dans l'île communiste.
"Je suis encore sous le choc, en train de digérer la nouvelle, mais je manque vraiment d'éléments pour assembler le puzzle d'une nouvelle relation", confie à l'AFP Rolando Rodriguez, un laveur de voitures de 44 ans rencontré dans le quartier du Vedado, près du centre-ville.
Selon lui, Raul Castro a été "très bref" dans son allocution solennelle de mercredi, et la presse parue dans la matinée ne propose pas de "bon article" expliquant "l'origine et l'impact de cette annonce si retentissante".

Manuel Ramos, cubano-américain de 62 ans, fait partie de ceux qui sont revenus à Cuba à la faveur des réformes lancées par Raul Castro depuis qu'il a succédé à son frère en 2008.
Devant la télévision mercredi soir, il a laissé échapper quelques larmes en entendant la nouvelle qu'il attendait "depuis 54 ans", lorsque ses parents ont quitté l'île pour fuir la Révolution castriste.
Comme beaucoup toutefois, il affiche une certaine réserve face à ces annonces: "Jusqu'à maintenant tout ce que nous avons ce sont des promesses de changement (...) c'est difficile d'y voir clair".
Si les annonces simultanées de Barack Obama et Raul Castro ont soulevé l'enthousiasme de la plupart des Cubains mercredi, l'embargo reste bien en place tant que sa levée ne sera pas validée par le Congrès américain.
Toutefois, dans les limites de ses prérogatives, le président américain a annoncé une série d'assouplissements économiques et migratoires en vue du rétablissement des relations diplomatiques rompues en 1961, deux ans après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro.

-         'Maintenant Obama mérite le Nobel' –
Il s’est incarné pour ce grand virage, mais, c’est retrouvé comme agent double après le douloureux événement su 11/sept, il fallait qu’il évite de se faire assassiner comme JFK.
"Une bonne relation avec les Etats-Unis nous apportera la prospérité. Avec l'argent des +Yumas+ (surnom souvent donné aux Américains, ndlr), l'embargo sera levé en trois jours", veut croire Yordanis Herrera, un "bicitaxista" (taxi à bicyclette) de 35 ans qui travaille dans la vieille ville de la Havane.

L'électricien Armando Rodriguez, 49 ans, se prend lui à "rêver de l'arrivée de milliers de touristes et d'entreprises nord-américaines".

"Obama est un +caballo+ (un "cheval", surnom souvent accolé à la personne de Fidel Castro, ndlr), maintenant il mérite vraiment le prix Nobel de la paix", poursuit M. Rodriguez, qui se souvient des années où Cuba était considérée comme la "jolie jeune fille" des Etats-Unis, avant la Révolution.

"Ce pays peut être très important pour le tourisme américain", souligne l'économiste Juan del Sol, 52 ans, qui loue le rez-de chaussée de sa maison à un restaurant italien.
Ce dernier appelle aussi de ses voeux une libéralisation du tourisme américain vers l'île, mais cette mesure est suspendue à la levée éventuelle de l'embargo.
Silfredo Reyes, propriétaire du restaurant privé "Abdala", place ses espoirs dans la possibilité d'un meilleur approvisionnement pour son commerce.
"Ce rapprochement peut aider Cuba à construire l'infrastructure dont nous avons besoin pour faire notre travail", plaide-t-il, tout en soulignant les difficultés actuelles qu'il rencontre face aux pénuries et aux problèmes de livraison.

Ce qui compte c’est la liberté, le rapprochement des peuples, plus que les affaires….

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.