dimanche 14 décembre 2014

14/12 - MATTHIEU RICARD,
 LE MOINE OCCIDENTAL
QUI MET LE BOUDHISME 
ET LA MÉDITATION
A LA PORTÉE DES OCCIDENTAUX. 


Matthieu Ricard, né en France en 1946 et fils du philosophe français Jean-François Revel et de l’artiste peintre Yahne Le Toumelin, est moine bouddhiste, auteur de livres, traducteur et photographe. Après un premier voyage en Inde en 1967 où il rencontre de grands maîtres spirituels tibétains, il termine son doctorat en génétique cellulaire en 1972, et puis part s’installer définitivement dans la région de l’Himalaya où il vit maintenant depuis plus de 40 ans.

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Les écrits :Matthieu Ricard est l’auteur de plusieurs livres dont "Le moine et le philosophe", un dialogue avec son père Jean François Revel, "Plaidoyer pour le bonheur", "L’art de la méditation", "L’infini dans la paume de la main" (un dialogue avec l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan), et "Plaidoyer pour l’altruisme".Ses livres ont été traduits en plus de vingt langues.

Les traductions de textes bouddhistes :Matthieu Ricard a consacré sa vie à l’étude et à la pratique du bouddhisme auprès des plus grands maîtres spirituels tibétains de notre époque, et est l’interprète français du Dalai Lama depuis 1989. 
Il est l’auteur de plusieurs volumes de traductions à partir du tibétain, dont Shabkar, "autobiographie d’un yogi tibétain", "Le cœur des être éveillés", "Au cœur de la compassion" (enseignements de Kyabjé Dilgo Khyentsé Rinpotché), et "Chemins spirituels", Anthologie de textes tibétains.La photographie :


Photo Om Mani Padmé Houng - Matthieu Ricard


Depuis de nombreuses années, Matthieu Ricard photographie également les paysages, les maîtres spirituels, et les populations de la grandiose région himalayenne. 

Ses photographies sont exposées dans des musées et galeries à travers le monde, et ont été regroupées dans des livres de photos tels que Bhoutan : "Terre de sérénité", "Un voyage immobile : L'Himalaya vu d'un ermitage", et "Tibet : Regards de compassion et 108 sourires"




La contribution scientifique :Matthieu Ricard est également un membre actif de l’Institut "Mind and Life", une association qui cherche à approfondir la compréhension scientifique du fonctionnement de l’esprit dans le but de réduire la souffrance intérieure. 

Matthieu contribue à l’étude des bienfaits que l’entraînement de l’esprit et la méditation sur la compassion peuvent avoir sur le cerveau et est le cosignataire de plusieurs publications scientifiques.


(Voir autre article à ce jour)L’engagement humanitaire :L'intégralité des droits d'auteurs de Matthieu Ricard, ainsi que les bénéfices de ses conférences et de la vente de ses photos, sont dédiés à l’association humanitaire qu’il a créée, "Karuna-Shechen". 

Fondée sur la vision de «compassion en action», Karuna-Shechen a développé plus de 130 projets éducatifs, médicaux, et sociaux dans la région himalayenne au bénéfice des populations les plus déshéritées.

Son site :

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APPRENDRE LA MÉDITATION AVEC MATTHIEU RICARD

La « méditation » en français est un terme qui nous met mal à l’aise puisqu’il fait référence, dans notre imaginaire, à un univers religieux de type sectaire. Mais la méditation est avant tout une activité du mental qui, suivant les courants, est l’exercice de base dans l’univers bouddhiste pour obtenir le calme mental nécessaire à l’éveil spirituel.
Dans le bouddhisme, la méditation est une marche éclairée sur le chemin qui amène à la délivrance de la souffrance. Elle est un entraînement à une disposition d’esprit qui doit être maintenue dans toutes les activités du quotidien.

Alors pourquoi et comment méditer ?

Premier temps, se rappeler la motivation à la source de l'exercice. Soulager la souffrance, la sienne bien-sûr, ce qui n'est pas le moindre des bénéfices, mais aussi celle des autres. La méditation est unetechnique d'entraînement de l'esprit, un outil qui vise à libérer la conscience prise dans le cercle vicieux de l'attachement, de la distorsion, du manque de discernement. Il suffit de regarder en soi ou autour de soi pour voir les dégâts causés par un déficit de conscience, par la colère, la haine, le vengeance, la jalousie, la peur, qui n'en sont que les conséquences. 

Pratiquer la méditation demande le courage de sortir des automatismes, des distractions, pour entraîner sa conscience à mieux fonctionner.


Deuxième temps, travailler la clarté et la stabilité de l'esprit. En se concentrant sur sa respiration, la sensation thoracique ou abdominale, avec sa régularité de métronome, il est possible de focaliser son attention. Les pensées peuvent alors surgir dans le champ de conscience, provoquant l'agitation. Il suffit alors de les observer, de les laisser surgir puis disparaître, sans lutter, comme on regarderait un papillon apparaître, se poser sur une fleur puis s'envoler au loin. Se faisant, l'esprit progresse vers la pleine conscience. La même préparation peut être obtenue en se concentrant sur un objet, une pierre, une flamme, sur une image, une sculpture. En particulier, les bouddhistes aiment se concentrer sur une image de Bouddha, extérieure ou intérieure, et méditer sur son infinie compassion. Le même travail peut aussi s'accomplir lors d'une marche conscience. 

Pour ce qui est de la posture, à chacun de trouver la sienne, ni trop lâche sous peine de céder à la torpeur, ni trop tendue, sous peine d'être trop agité. C'est comme accorder une corde de guitare.


Troisième temps, l'esprit étant disponible, il est maintenant possible de méditer sur 4 domaines incommensurables : l'altruisme inconditionnel, la compassion, la réjouissance et l'impartialité ou équanimité. 

Pendant la méditation, diriger son altruisme, amour inconditionnel vers les êtres chers, pour élargir progressivement ce flot généreux vers l'ensemble des êtres et souhaiter la fin de leurs souffrances. 
Pour la compassion, l'exercice est semblable, mais adressée cette fois-ci à des personnes en souffrance. De la même manière, en étendant la portée de votre compassion. La compassion va au-delà de l'empathie. Résoner avec les émotions des autres est la première phase, qui permet de partager la souffrance, mais ce n'est pas tout. Un exercice méditatif simple consiste à inspirer la souffrance des autres, comme si l'on aspirait leurs troubles, puis à expirer le bonheur, toute la compassion, un flot d'énergie bienveillante et généreuse pour aider à la transformation des autres. 
La réjouissance consiste à célébrer le bonheur et la réussite des autres, le développement de leurs qualités, l'éveil de leurs potentialités. Cet exercice devient l'antidote de l'envie et de la jalousie. 
L'impartialité est l'engagement de développer ces trois formes, altruisme, compassion et réjouissance, envers tous les êtres, sans distinction, qu'ils soient amis ou perçus comme ennemis. Matthieu Ricard rappelle qu'il ne s'agit en rien ici d'excuser des atrocités ou de les banaliser, mais simplement de souhaiter à ces personnes de connaître la libération des souffrances, causes de tant de violence et de destruction.

Quatrième temps, travailler la vision pénétrante. Percevoir l'impermanence en toute chose, en toute situation pour mieux vivre dans le flux de l'instant présent. Prendre conscience des projections, dérivées des attentes de l'ego, identifier les distorsions qui en résultent et les dissoudre dans la lumière, comme l'obscurité cesse au premier rayon de soleil. Comme l'a dit le poète Rilke : "Ne vous laissez pas abuser par la surface; dans les profondeurs tout devient loi."

Ce bref aperçu de la pratique méditative bouddhiste peut surprendre l'occidental. Ces thèmes ne sont plus abordés dans nos sociétés, sauf pour en rire, en moquant la naïveté qui s'en dégage. A tel point que Matthieu Ricard soulignait qu'après vérification, il s'avère que dans les études de médecine américaines, le mot compassion n'est pas prononcé une fois...! Inutile d'espérer un meilleur résultat dans la médecine française. 

Pourtant, cette pratique de clarification de l'esprit, de maîtrise de soi et d'action juste envers la communauté rejoint une tradition occidentale qui me semble faire un certain retour : le stoïcisme.
Les plus récalcitrants se rassureront peut-être en apprenant que la pratique de la méditation est associée à de nombreux bénéfices pour la santé, dans les domaines cardio-vasculaires, en tant que traitement complémentaire des cancers ou d'autres pathologies chroniques lourdes et bien plus encore. Les études les plus récentes montrent des bénéfices à court terme, en quelques semaines de pratiques.

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L’altruisme n’est plus un luxe mais une nécessité.
Matthieu Ricard publie un livre passionnant sur l’altruisme. Ou comment faire du bien simplement, tant à soi-même qu’à la planète entière.

Rencontre.
Par Emmanuelle Friedmann
Jeune scientifique français comment êtes-vous devenu moine bouddhiste dans l’Himalaya ?
Matthieu Ricard. Durant ma formation scientifique, à l’Institut Pasteur, j’ai eu l’occasion de rencontrer une foule de gens passionnants dont je pouvais envier le talent de musiciens, d’écrivains ou de grands mathématiciens... Mais, au fond, je cherchais des modèles de vie et je ne trouvais pas de corrélation évidente entre leurs compétences et leurs qualités humaines. C’est un documentaire sur des maîtres bouddhistes tibétains qui m’a donné envie de partir en Orient. Là-bas, j’ai rencontré des hommes et des femmes d’une grande sagesse, d’une bonté infinie. Leurs présences étaient inspirantes ; je voulais leur ressembler. Longtemps j’ai fait des aller-retours pendant mes congés. Puis, à 26 ans, en 1972 j’ai décidé d’aller vivre auprès de mes maîtres dans l’Himalaya. Je n’en ai pas bougé pendant 25 ans.



 Comment s’est passée votre première rencontre avec le Dalaï-Lama ?
Je ne l’ai pas rencontré tout de suite : ces premières années, je suis resté tranquillement à Darjeeling en Inde. C’est par l’entremise de mon deuxième maître, Dilgo Khyentsé Rinpotché, qui était l’un des maîtres spirituels du Dalaï-Lama que j’ai enfin eut la grande fortune de le rencontrer. Je suis ensuite devenu son interprète en français. Aujourd’hui, j’ai l’occasion d’être auprès de lui plusieurs fois par ans, lors de ses déplacements ou pour des événements scientifiques. J’ai une immense admiration et dévotion pour lui. C’est quelqu’un qui n’a pas la moindre façade : il se conduit de façon identique avec une employée de l’hôtel ou il loge et avec un chef d’Etat.

 Vous êtes revenu en Occident régulièrement ?
C’est suite au dialogue que j’ai fait, en 1997, avec mon père, le philosophe Jean-François Revel (Le moine et le philosophe, éd. Pocket), que j’ai commencé à revenir régulièrement. J’ai renoué avec la science, notamment en collaborant avec des neuro-scientifiques sur les effets de la méditation sur le cerveau.
Et comme le livre a eu beaucoup de succès, grâce aux droits d’auteurs j’ai fondé une association humanitaire, Karuna-Shechen (Karuna signifie compassion et Shechen est le nom de notre monastère).

C’est l’observation faite lors de vos différentes visites en Occident qui vous a donné l’idée de promouvoir l’altruisme ?
Oui, les gens sont confrontés à des inégalités de richesses, à des défis environnementaux inédits ; les enjeux sont considérables. Individuellement, ils sont un peu désorientés ; on parle beaucoup de stress, de dépression. La question que je me suis posée, c’est : comment relier toutes ces thématiques économiques, psychologique et environnementales? Il m’a semblé que le fait d’avoir davantage de considération pour autrui n’est pas simplement une utopie mais une façon de mieux vivre et le seul concept qui permet de réconcilier le court terme de l’économie, le moyen terme de la qualité de vie et le long terme de l’environnement. L’altruisme n’est plus un luxe mais une nécessité. Au jour le jour, adopter cette éthique permet d’avoir des rapports plus harmonieux avec les autres. On peut établir des relations épanouissantes dans les transports, au travail, au sein des familles. Enfin, avoir plus de considération pour les générations à venir est indispensable pour éviter de saboter la planète qu’on leur laissera en héritage.

Comment parvenir à développer cet altruisme chez chacun?
Par l’éducation, dès le plus jeune âge. En montrant aux enfants que la coopération, le tutorat sont plus efficaces que la compétition aussi bien sur le plan des résultats scolaires que sur celui de la qualité des relations humaines et de l’épanouissement personnel. Il faut aussi lutter contre l’individualisme exacerbé qui fait rage, aux Etats-Unis et pas mal en France notamment où toutes les petites filles sont des princesses et les petits garçons des champions du monde. Et expliquer la vacuité des réseaux sociaux. Avoir 3000 amis sur Facebook ne permet pas un dialogue, c’est une fenêtre pour le narcissisme.


D’un autre coté les réseaux sociaux peuvent aussi permettre de réaliser des choses extraordinaires, comme de rassembler des centaines de personnes pour accomplir un projet humanitaire ou combattre pour la justice et la liberté.

Enfin, on sait aujourd’hui que la violence dans les médias, les films et les jeux vidéos ont un effet significatif sur l’agressivité des gens, surtout chez les jeunes, immédiatement et des années plus tard. Songez qu’un jeune homme de 20 ans a vu 40 000 meurtres à la télévision, alors que fort heureusement, l’immense majorité n’en a heureusement jamais vu dans la vraie vie.
Alors que, souvent, les gens veulent protéger leurs enfants de la moindre contrariété!
Une étude a été menée au Canada pendant trois mois : une ville de taille moyenne a fait l’expérience de ne montrer ni film ni jeux vidéo violents aux enfants. Dans ce laps de temps, la violence verbale et physique dans les cours de récréation a baissé de 30%. Aujourd’hui, l’équipe de mon ami Richard Davidson, à l’Université de Madison aux Etats-Unis, travaille sur la mise au point de jeux vidéo tout aussi spectaculaires et passionnants mais avec des scénarii pro-sociaux. Il faut agir dans ce sens.

Etes-vous êtes optimiste ?
Oui, nous n’avons plus le temps d’être pessimistes!, Contrairement aux idées reçues, la violence a considérablement diminuée dans le monde. En Angleterre, à Oxford, en 1350, le taux annuel d’homicides était de 110 pour 100000 habitants. Ce taux est tombé à 10 au XVIe siècle et à 1 aujourd’hui. Les pays d’Europe sont tous démocratiques et ne pensent plus à se faire la guerre. Dans une journée, il y a plus d’actes de sollicitude que d’actes malveillants. C’est pour cela que l’on remarque davantage la personne qui vous bouscule que celle qui vous tient la porte! C’est la même chose en ce qui concerne l’économie. Le postulat de départ est faux : tout le monde ne cherche pas forcément à maximiser ses intérêts. La plupart des gens sont prêts à se faire confiance. Il n’y a que 20% de profiteurs. Il faut réguler l’économie pour empêcher ces profiteurs de faire dérailler le système, il faut développer une économie positive, qui incluse le commerce équitable, les banques coopérative, le micro-crédit, etc. et réduire les inégalités.

L’humanitaire, c’est une manière de mettre la compassion en action ?
Oui. Pour moi qui suis un contemplatif et qui ai passé des années dans un ermitage, c’est formidable de pouvoir cultiver l’amour des autres. Mais il faut aussi la mettre en action! Pendant des années, dans l’Himalaya je vivais avec trente euros par mois et je n’avais pas besoin de plus. Lorsque j’ai gagné des droits d’auteurs, j’ai créé une fondation pour construire des écoles, des cliniques, des aides aux personnes âgées, pour apprendre à écrire aux femmes. Aujourd’hui, nombreux de philanthropes nous ont rejoint et nous gérons plus de 130 projets au Népal, en Inde et au Tibet.

Quels sont vos projets ?
Que la fondation Karuna-Shechen continue après moi! Désormais, j’ai 67 ans. Je souhaite passer davantage de temps dans mon ermitage avant de mourir. Je pense aussi écrire un livre sur les animaux que l’on «désanimalise» en les traitant comme des objets, comme des machines à faire des saucisses.

Comment définir le bouddhisme ?
Le bouddhisme est une science de l’esprit, un chemin de transformation pour devenir meilleur et éliminer de sa vie la haine, la jalousie, l’obsession et, plus que tout l’ignorance.

 … Et comment pratiquer la méditation ?
Méditation signifie “cultiver”, ou “se familiariser avec”. De façon générale, quand bien même des pensées altruistes naissent en notre esprit, elles sont bientôt remplacées par d’autres pensées, comme la colère ou la jalousie. C’est pourquoi, si nous souhaitons que l’altruisme prédomine dans notre manière d’être, il importe de passer du temps à le cultiver, car là encore un simple souhait ne suffit pas. 

Pour commencer à méditer, imaginons un jeune enfant qui s’approche et lève les yeux vers nous avec un regard joyeux, confiant et plein d’innocence. Nous lui caressons la tête en le contemplant avec tendresse et le prenons dans nos bras. Un amour et une bienveillance inconditionnels naissent en notre esprit. Laissons-nous imprégner entièrement par cet amour qui ne veut rien d’autre que du bien à l’enfant. Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée. Ensuite, étendons cet amour altruiste, à tous les êtres vivants. Souhaitons de tout cœur qu’ils trouvent le bonheur et les causes du bonheur. Souhaitons ce bonheur à ceux qui nous sont chers, puis à tous ceux que nous ne connaissons pas. Cet enfant ça peut-être vous.
L’expérience montre que c’est comme s’entraîner à courir : les progrès sont très rapides et réels. Au bout d’un mois seulement, on voit des changements fonctionnels et structurels dans les zones du cerveau qui sont liées à l’empathie, l’amour maternel, aux émotions positives. Méditer ne sert pas seulement à se sentir bien, cela peut changer notre vie, notre comportement.
* Plaidoyer pour l’altruisme, Nil éditions, 928 pages

Matthieu Ricard -" Plaidoyer pour l'altruisme", après ses best-sellers.
Abreuvés d'images violentes, confrontés à une société en crise, on n'imagine pas la force de la bienveillance, le pouvoir de transformation positive qu'une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière. Moine bouddhiste depuis près de quarante ans, Matthieu Ricard, lui, expérimente les vertus de l'altruisme au quotidien. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l'économie, de l'écologie, son "Plaidoyer pour l'altruisme" est la somme d'années de recherches, de lectures, d'expériences, d'observation et de réflexion. Avec le sens de la pédagogie qui le caractérise et toujours en s'appuyant sur des exemples très concrets, l'auteur de "Plaidoyer pour le bonheur" démontre point par point que l'altruisme n'est ni une utopie ni un vœu pieux, mais une nécessité, voire une urgence, dans notre monde de plus en plus interdépendant à l'heure de la mondialisation. Un essai passionnant, inspiré par un humanisme et une lucidité qui emportent l'adhésion.

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SON ONCLE, LE NAVIGATEUR SOLAIRE :

photo matthieu ricard entouré de jacques-yves le toumelin et de sa mère yahne : « nous avons eu de longues et affectueuses discussions sur le sens de l'existence et le chemin spirituel ». photo collection privée
 Matthieu Ricard entouré
de Jacques-Yves Le Toumelin, le frère de sa mère
et de sa mère Yahne.

«Nous avons eu de longues et affectueuses discussions sur le sens de l'existence et le chemin spirituel». 
Les proches de Jacques-Yves Le Toumelin, aujourd'hui âgé de 90 ans, racontent son tour du monde.



LE CROISIC :
Les joues du Kurun, tonnerre en breton, bousculent le petit clapot bleu de la baie croisicaise. «Beau temps doux, il est 16 heures, écrit Jacques-Yves Le Toumelin. La brise de sud/sud-ouest est modérée, mais le cotre bien appuyé par toute sa toile fait bonne route.» Nous sommes le 19 septembre 1949. Le voilier de dix mètres, amoureusement bâti au Croisic pendant deux ans, s'élance autour du monde.


« Nous l'avons accompagné pour quitter le port du Croisic. Nous étions cinq à bord, témoigne André Bligné, ami d'enfance. Jacques-Yves, son équipier Gaston Dufour, son père, moi-même et un ami. Jean Quilgars est venu nous chercher près du phare du Four avec son «Indomptable». Il rentrait de pêche, des crevettes splendides plein le pont. Nous avons embarqué avec lui, Kurun s'est éloigné. »

« Un sage immobile »
Le Toumelin est alors l'un des premiers Français, après Alain Gerbault et LouisBernicot, à courir les mers en solitaire. Sa navigation de trois ans nourrira les mythes fondateurs de la voile en solitaire. Les bourlingueurs d'océans ont puisé leurs rêves dans ses écrits, vingt ans avant ceux de Bernard Moitessier et les victoires de Tabarly. Entre 1999 et 2002, le Nantais Pierre Raffin est parti dans le sillage de Le Toumelin à la barre de «Babar».


Tabarly



«Jacques n'était pas un ethnologue, observe sa soeur, Yahne Le Toumelin. Mais il eut le souci d'aller à la rencontre des gens aux escales. Il fut l'un des premiers témoins de la disparition des cultures du monde.» «Nous sortions de la guerre, il rêvait de grands voyages, d'aventure, se souvient Jean Quilgars. Il voulait s'évader du monde moderne.» «Il vécut ce voyage comme une retraite intérieure, continue Yahne : un dissident de la société de consommation inspiré par la mer.»

«Caractère très fort», disent ses proches, indépendant, têtu, méticuleux, volontiers bagarreur, Le Toumelin avait l'âme ascétique. Elle est toujours aussi vive. À près de 90 ans aujourd'hui, il vit avec sa femme Josée dans l'écrin de «Gwenved», une propriété nichée sur les grèves de Pen-Bron. «Comme un sage immobile dans la frénésie du monde», esquisse Jean Quilgars.

«C'est un homme profond et intègre, témoigne son neveu Matthieu Ricard. Mon oncle fut pour moi comme un deuxième père. Lorsque j'étais jeune, je l'admirais pour ses qualités de grand marin et pour l'exigence du travail bien fait qu'il appliquait à toutes ses activités, même la plus simple.»

«Il me parlait avec beaucoup de respect des grands navigateurs qui l'avaient précédé dans l'histoire. Joshua Slocum, Louis Bernicot, Vito Dumas, ainsi qu'Annie Van de Wiele qui fit un tour du monde à la même époque que lui. Il ne ménage pas ses éloges aux «bons marins».»

Franc-tireur
A l'heure du Vendée Globe et des sprints océaniques, le capitaine Le Toumelin incarne l'esprit pionnier, la tradition. «Il manifeste quelque effarement devant le culte de la vitesse et l'ambition de faire le tour du monde le plus vite possible», prévient Matthieu Ricard. «Les records sont pour lui une incongruité, presque une provocation à la mer, complète André Bligné. Le bon marin évite de faire souffrir son bateau», il réduit la toile dans la tempête. «Il vit avec la mer».

Emmanuel Vautier




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Cultiver l’altruisme pour un monde meilleur
Publié le 26 décembre 2013
Nombre de philosophes ont mis l’accent sur l’aspect détestable de l’homme, soulignant sa disposition égoïste et malveillante, au détriment de ses autres qualités. Devant des manifestations de bonté, nous avons tendance à chercher une motivation cachée. Mais ne vaut-il pas mieux redécouvrir notre potentiel de bonté et l’exprimer envers tous ceux qui nous entourent ? L’altruisme est une nécessité pour faire face aux défis de notre époque. La bonne nouvelle est que les recherches scientifiques confirment que l’altruisme véritable existe et qu’il est possible de le cultiver davantage.
Notre époque est confrontée à de nombreux défis. L’une de nos difficultés majeures consiste à concilier les impératifs de l’économie, de la recherche du bonheur, de notre degré de satisfaction dans la vie, et du respect de l’environnement. L’économie et la finance évoluent à un rythme toujours plus rapide. Les marchés boursiers s’envolent et s’écroulent d’un jour à l’autre. Ceux qui vivent dans l’aisance rechignent à réduire leur train de vie pour le bien des plus démunis et pour celui des générations à venir, tandis que ceux qui vivent dans le besoin aspirent légitimement à davantage de prospérité, mais aussi à entrer dans une société de consommation qui encourage l’acquisition du superflu.
La satisfaction de vie se mesure, elle, à l’échelle d’un projet de vie, d’une carrière, d’une famille et d’une génération. Elle se mesure aussi à la qualité de chaque instant qui passe, des joies et des souffrances qui colorent notre existence, de nos relations aux autres ; elle s’évalue en outre par la nature des conditions extérieures et par la manière dont notre esprit traduit ces conditions en bien-être ou en mal-être.
Quant à l’environnement, jusqu’à récemment, son évolution se mesurait en termes de dizaines de millénaires. De nos jours, le rythme de ces changements ne cesse de s’accélérer du fait des bouleversements écologiques provoqués par les activités humaines. Depuis 1950, nous sommes entrés dans une nouvelle ère pour notre planète, l’Anthropocène, (littéralement «l’ère des humains »). C’est la première ère où les activités humaines modifient profondément (et, pour l’instant, dégradent) la biosphère.
Pour nombre d’entre nous, la notion de «simplicité » évoque une privation, un rétrécissement de nos possibilités et un appauvrissement de l’existence. Pourtant, l’expérience montre qu’une simplicité volontaire n’implique nullement une diminution du bien-être, mais apporte au contraire une meilleure qualité de vie. Est-il plus agréable de passer une journée avec ses enfants ou entre amis, chez soi, dans un parc ou dans la nature, ou de la passer à courir les magasins ? Est-il plus plaisant de jouir du contentement d’un esprit satisfait ou de constamment vouloir davantage une voiture plus coûteuse, des vêtements de marque ou une maison plus luxueuse ?
Les pays riches, qui profitent le plus de l’exploitation des ressources naturelles, ne veulent pas réduire leur train de vie. Ce sont pourtant eux les principaux responsables des changements climatiques et des autres fléaux (augmentation des maladies sensibles au climat, le paludisme par exemple qui se propage dans de nouvelles régions ou à des altitudes plus élevées dés que la température minimale augmente) qui affectent les populations les plus démunies, celles dont, précisément, la contribution à ces bouleversements est la plus insignifiante. Un Afghan produit 2500 fois moins de CO2 qu’un Qatari et 1000 fois moins qu’un Américain.

La nécessité de l’altruisme
Nous avons besoin d’un fil d’Ariane qui nous permette de retrouver notre chemin dans ce dédale de préoccupations graves et complexes. L’altruisme peut constituer ce fil d’Ariane et permettre de relier naturellement les trois échelles de temps court, moyen et long terme en harmonisant leurs exigences.
Aujourd’hui, l’altruisme est plus que jamais une nécessité, voire une urgence. Il est aussi une manifestation naturelle de la bonté humaine, dont nous avons tous le potentiel, en dépit des motivations multiples, souvent égoïstes, qui traversent et parfois dominent nos esprits.
Si nous avions davantage de considération pour autrui, nous agirions tous en vue de remédier à l’injustice, à la discrimination et au dénuement. Les décideurs et autres acteurs sociaux veilleraient à améliorer les conditions de travail, de vie familiale et sociale, et de bien d’autres aspects de l’existence. Ils seraient amenés à combler le fossé qui se creuse toujours davantage entre les plus démunis et ceux qui représentent 1% de la population mais qui détiennent 25% des richesses. Ils seraient amenés à reconsidérer la manière dont nous traitons les espèces animales, les réduisant à n’être que des instruments de notre domination aveugle qui les transforment en produits de consommation.
Enfin, si nous avions davantage de considération pour les générations à venir, nous ne sacrifierions pas aveuglément le monde à nos intérêts éphémères, ne laissant à ceux qui viendront après nous qu’une planète polluée et appauvrie.
De nouvelles avancées dans la théorie de l’évolution montrent que la coopération a toujours été au cœur de l’évolution, plus encore que la compétition. Nous pouvons donc envisager la possibilité d’un altruisme étendu qui transcende les liens de proximité familiaux et tribaux et met en valeur le fait que les êtres humains sont essentiellement des «super-coopérateurs. »

Etendre l’altruisme par l’entraînement de l’esprit
Des années de recherches ont permis au psychologue Daniel Batson et à ses collègues de mettre en évidence que l’altruisme n’est pas l’apanage exclusif du héros ou du saint, qu’il n’est ni exceptionnel ni contre-nature, mais que c’est une motivation qui anime fréquemment chacun d’entre nous. Il a montré que c’est dans le vécu de tous les jours que l’on peut trouver les meilleures preuves du rôle de l’altruisme dans la vie humaine. Á l’issue de ce travail de recherche patient et systématique, Daniel Batson conclut : «L’examen de vingt-cinq travaux de recherche en psychologie sociale, étalés sur quinze ans, a permis de vérifier l’hypothèse selon laquelle l’altruisme véritable, celui qui a pour seule motivation la réalisation du bien d’autrui, existe bien. À l’heure actuelle, il n’existe aucune explication plausible des résultats de ces études qui serait fondée sur l’égoïsme.»
Du point de vue du bouddhisme, l’expérience de milliers d’années de pratiques contemplatives atteste que la transformation individuelle est possible. Cette expérience a été maintenant corroborée par les recherches en neurosciences qui ont montré que toute forme d’entraînement l’apprentissage de la lecture ou d’un instrument de musique par exemple induit une restructuration dans le cerveau, tant au niveau fonctionnel que structurel. C’est ce qui se passe également lorsque l’on développe l’amour altruiste et la compassion.
En 2000, une rencontre exceptionnelle eut lieu à Dharamsala, en Inde. Quelques-uns des meilleurs spécialistes des émotions, psychologues, chercheurs en neurosciences et philosophes passèrent une semaine entière à discuter avec le Dalaï-lama dans l’intimité de sa résidence située sur les contreforts de l’Himalaya. C’était aussi la première fois que j’avais l’occasion de prendre part aux fascinantes rencontres organisées par l’Institut Mind and Life qui fut fondé en 1987 par Francisco Varela, un chercheur renommé en neurosciences. Le dialogue portait sur les émotions destructrices et sur la façon de les gérer.
Lors de cette rencontre, un matin, le Dalaï-lama déclara : «Toutes ces discussions sont fort intéressantes, mais que pouvons-nous vraiment apporter à la société ? » A l’heure du déjeuner, les participants se sont réunis pour discuter avec animation, débat qui déboucha sur la proposition de lancer un programme de recherche sur les effets à court et à long terme de l’entraînement de l’esprit, ce que l’on appelle généralement «méditation ». L’après-midi, en présence du Dalaï-lama, ce projet fut adopté avec enthousiasme. Ce fut le début d’un passionnant programme de recherche, celui des «neurosciences contemplatives ».
Plusieurs études furent lancées, auxquelles j’eus la chance de participer dès le départ, dans les laboratoires du regretté Francisco Varela en France, de Richard Davidson et Antoine Lutz à Madison (Wisconsin), de Paul Ekman et Robert Levenson à San Francisco et Berkeley, et Tania Singer à l’Institut Max Planck de Zurich.
Après la phase d’exploration initiale, une vingtaine de méditants expérimentés furent testés : moines et laïques, hommes et femmes, Orientaux et Occidentaux, tous ayant effectué entre 10.000 et 50.000 heures de méditation consacrées au développement de la compassion, de l’altruisme, de l’attention et de la pleine conscience. Plusieurs articles publiés dans de prestigieuses revues scientifiques ponctuèrent ces travaux, conférant par là ses lettres de noblesse à la recherche sur la méditation et la gestion de l’équilibre émotionnel, domaine qui, jusqu’alors, n’avait guère été pris au sérieux. Pour reprendre les termes de Richard Davidson, «ces travaux semblent démontrer que le cerveau peut être entraîné et modifié physiquement d’une manière que peu de gens auraient imaginé. »

Un bienfait global
Les méditants expérimentés ont la faculté d’engendrer des états mentaux précis, ciblés, puissants et durables. Des expériences ont montré notamment que la zone du cerveau associée à des émotions comme la compassion, par exemple, présentait une activité considérablement plus grande chez les personnes qui avaient une longue expérience méditative. Ces découvertes indiquent que les qualités humaines peuvent être délibérément cultivées par un entraînement mental.
D’autres expériences scientifiques ont également montré qu’il n’était pas nécessaire d’être un méditant surentraîné pour bénéficier des effets de la méditation, et que vingt minutes de pratique journalière contribuent significativement à la réduction de l’anxiété et du stress, de la tendance à la colère (dont les effets néfastes sur la santé sont bien établis) et des risques de rechute en cas de dépression grave. Huit semaines de méditation sur la pleine conscience (de type MBSR), à raison de 30 minutes par jour, s’accompagnent d’un renforcement notable du système immunitaire, et des facultés d’attention, ainsi que d’une diminution de la tension artérielle chez les sujets hypertendus.
Selon le bouddhisme, «méditer » signifie «s’habituer » ou «cultiver ». La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle manière d’être, de gérer ses pensées et de percevoir le monde. Sans vouloir faire de sensationnalisme, il importe de souligner à quel point la méditation et l’»entraînement de l’esprit » peuvent changer une vie. Nous avons tendance à sous-estimer le pouvoir de transformation de notre esprit et les répercussions que cette «révolution intérieure » entraîne sur la qualité de notre vécu.

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Les bienfaits de la méditation (7mn)

La coopération plutôt que la compétition.


Bourdin direct: Matthieu Ricard. 
Le meilleur interviewé de Bourdin, ça change! Il redéfinie la méditation que tant d'occidentaux ont mal compris.
Il est gentil avec les journalistes !! Il y a des choses qu'il ne connait pas sur ceux qui dirigent le monde et contrôlent les médias. Mais chacun sa tache. Comme Kevin Annett qui fait un très bon travail, mais continue à poursuivre le Pape François qu'il met dans le même sac que certains du Vatican! 
* Lampedusa dont ils parlent: la presse italienne déplore le "massacre de la honte"

28 minutes sur Arte - Matthieu Ricard - Plaidoyer pour les animaux

Plaidoyer pour les animaux : Matthieu Ricard répond aux questions de la Fondation Brigitte Bardot

Chade-Meng Tan et Mathieu Ricard : conférence "Connectez-vous à vous-même"
Conférence sur l'Intelligence Émotionnelle en entreprise
A l'occasion de la publication de son livre en français, Chade-Meng Tan, ingénieur chez Google et créateur du programme d'intelligence émotionnelle "Connectez-vous à vous-même"


Introduire la méditation en entreprise ? Une idée saugrenue. Et pourtant, Chade-Meng Tan, un des premiers ingénieurs de Google, l'a fait. Dans les meilleures ventes du New York Times dès sa sortie, sa méthode, absolument novatrice, ludique et concrète, testée avec succès sur les employés les plus stressés du géant du web, est maintenant à la disposition des lecteurs du monde entier.
Qui a dit que la méditation était une lubie de babas en quête de zénitude ? Et si vous la pratiquiez là où vous passez certainement le plus clair de votre temps : au travail ? Absurde ? C'est pourtant l'idée qu'a eue Chade-Meng Tan, un des premiers ingénieurs recrutés par Google, qui nous livre une méthode absolument novatrice, ludique et concrète, testée avec succès sur les employés les plus stressés du géant du web et enfin à disposition des lecteurs du monde entier.


Partant du principe qu'un bon employé est un employé bien dans sa peau, Chade-Meng Tan a élaboré une série d'exercices simples et parfaitement adaptés à notre rythme de vie pour nous apprendre à méditer en pleine conscience. Et surtout en tirer tous les bénéfices : sentiment de relaxation, capacité de concentration aiguisée, développement de la créativité et de l'empathie, construction de relations saines et fructueuses...
Porté par la gouaille charismatique de l'auteur, un guide inestimable pour atteindre votre meilleur potentiel dans votre vie professionnelle et personnelle et vous sentir, enfin, connecté à vous-même.

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Destressez-vous en 5 minutes avec la cohérence cardiaque
Une nouvelle application est disponible gratuitement sur l'Applestore : Respirelax.

C'est David Servan-Schreiber, dans son livre « Guérir » qui a sensibilisé les Français à l¹importance de la mise en cohérence du rythme cardiaque avec le cerveau émotionnel pour retrouver un état de bien-être naturel et ainsi lutter contre le stress et les états dépressifs. Cette cohérence cardiaque peut être induite par la respiration, l'induction respiratoire est d'ailleurs la méthode la plus simple d'y parvenir. Il suffit alors de respirer en adoptant une fréquence respiratoire d'une inspiration de cinq secondes, suivie d'une expiration de cinq secondes. Le guide vidéo donne un minutage simple de cette fréquence respiratoire. Inspirez lorsque le logo des Thermes d'Allevard monte et expirez lorsqu'il descend.Les exercices sont efficaces entre trois et cinq minutes consécutives.

Musique de Méditation chamanique Tibétaine de nettoyage des Chakras :


Tan Chade-Meng posa sorridente como sempre ao lado do ator Robin Williams. Foto: The New York Times

Non le bouddhisme n'est pas triste
comme certains reportage veulent nous le faire croire.




Tan Chade-Meng posa sorridente como sempre ao lado do ator Robin Williams. Foto: The New York Times

Non le bouddhisme n'est pas triste
comme certains reportage veulent nous le faire croire.


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