lundi 29 janvier 2018

+29/01 - LE DOSSIER QUI DÉPASSE L’IMAGINATION :
 URANIUM ONE. 

Le 11 janvier 2018

Source: Chronicles Magazine | Par Anne Williamson

L’histoire à plusieurs niveaux autour d’Uranium One – l’ancienne société Sud-Africaine, puis Canadienne et maintenant Russe, dont à la fois Bill et Hillary Clinton et leur fondation familiale ont été les heureux bénéficiaire – présente tous les éléments usuels d’un scandale Clinton typique.

L’arnaqueur de talent qu’est Bill Clinton, a peaufiné son jeu en Arkansas. Par le contrôle qu’il exerçait sur les contrats d’état, les services de réglementation et les nominations judiciaires, la création d’instituts de crédit publics et de services, tels que l’"Arkansas Development and Finance Authority" (Service de Développement et de Financement de l’Arkansas) et l’usage détourné qu’il en a fait, Clinton, alors Gouverneur de l’Arkansas, a été en mesure de récompenser ses amis, de punir ses ennemis et de mêler sa machine politique à chaque projet, public ou privé, au niveau national. Clinton a rendu indispensable la franchise que constituait son couple en se faisant continuellement réélire Gouverneur de l’Arkansas, pendant que son épouse s’occupait de la paperasse dans la Société d’Avocats Rose.

Lorsque Bill et Hillary* ont déménagé de Little Rock à Washington, le territoire sous leur influence s’est élargi et les deniers publics à leur disposition se sont accrus de manière significative, mais leur mode opératoire est resté le même. La seule chose qui a changé lorsque Hillary a entamé sa carrière au Sénat des États-unis et ensuite au Département d’Etat, est que c’est elle qui était désormais la détentrice du pouvoir politique, et que Bill a désormais joué les utilités.
*Tous deux des Rockefeller (NdT)

Le prédécesseur d’Uranium One est une société Canadienne, UrAsia Energy Ltd., fondée en 2005 par le financier de l’exploitation minière, le Canadien Frank Giustra. Par des moyens mystérieux, Giustra sut donner un contenu à ce qui n’était guère qu’une coquille vide, grâce aux droits d’exploitation de trois mines d’uranium situées au Kazakhstan, une ancienne République Soviétique qui est fantastiquement riche en minerais, y compris d’uranium. Bill Clinton semble avoir joué un rôle non négligeable pour arrondir les angles trop rugueux de la bonne fortune de Giustra en soutenant la candidature du Président Kazakh Noursoultan Nazarbaïev à la direction d’un service des Nations Unies destiné à valider les élections, un excellent coup médiatique pour Nazarbaïev.

Après quoi, Bill a pu utiliser le luxueux jet privé de Giustra, et tous deux commencèrent à faire ensemble le tour du globe en avion à destination de pays du Tiers-Monde qui bénéficiaient de ressources naturelles attirantes. Bill faisait les discours, et Frank faisait des affaires.

En 2007, UrAsia acheta une société d’uranium Sud-Africaine, Uranium One, et transféra le siège au Canada tout en conservant la raison sociale Sud-Africaine. Bill et Frank montèrent ensuite leur propre entité philanthropique, la Clinton Giustra Sustainable Growth Initiative (L’Initiative Clinton Giustra de Croissance Durable), pour promouvoir « des pratiques environnementales et sociales progressistes dans l’exploitation des ressources naturelles ». Giustra fit don de 100 millions de $ de sa poche et réunit 16 millions de $ supplémentaires lors d’un gala de charité bourré de vedettes en 2008 à Toronto.

En 2008, les choses commencèrent à devenir plus intéressantes. L’agence pour l’énergie atomique Russe Rosatom, à court d’uranium pour subvenir à ses besoins, entra en négociation pour acquérir 17 % du capital d’Uranium One. Mais en 2009, le Kazakhstan remit en question la prétention d’Uranium One d’avoir obtenu l’autorisation publique du gouvernement pour l’achat des premières mines d’UrAsia. Les doutes publics du gouvernement Kazakh coïncidèrent avec l’arrestation de Moukhtar Djakichev, le directeur de Kazatomprom (l’entité nationale d’import-export de composants de combustible nucléaire), pour des chefs d’accusation de ventes illégales de réserves d’uranium à des sociétés étrangères.

Les actionnaires et les directeurs d’Uranium One étaient hors d’eux. La société allait-elle perdre ses mines Kazakhs ? Déjà, le cours de bourse d’Uranium One s’était effondré de 40 %. La banque d’affaire Moscovite Renaissance Capital était elle-aussi en alerte étant donné qu’elle avait abondamment recommandé les actions d’Uranium One à ses investisseurs. Se pourrait-il que se trame un ignoble complot Russe pour prendre le contrôle des ressources en uranium du Kazakhstan ? Et se pourrait-il que Vladimir Poutine, qui entretient d’excellentes relations avec son voisin Kazakh, et avec le Président Nazarbaïev en personne, soit à la tête de cette opération ?

Mais qu’est-ce qui permettrait de le penser ?
La fonction de président de la Fédération de Russie est relativement nouvelle, n’ayant été créée qu’il y a à peine un quart de siècle. L’interprétation de cette fonction par Vladimir Poutine est ce qui allait lui donner forme et définition. Il est le khozyain de la nation (celui qui prend soin de la nation), une fonction unique dont les origines se perdent dans le passé lointain où les tribus Slaves écumant la grande steppe Eurasienne étaient parmi les gens les plus libres sur terre. A l’inverse de l’Europe Occidentale, le seigneur tribal n’était pas une fonction héréditaire, mais une fonction élective, élue par la vétché (une assemblée populaire) dans laquelle chaque chef de famille mâle de la votchina (du domaine) possédait une voix. Au cas où la gestion du khozyain laissait à désirer, la votchina n’hésitait pas à le remplacer. Et comme chaque chef de famille se considérait comme destinataire d’une partie des revenus de la votchina, le critère du soutien politique était la prospérité partagée et la sécurité de toutes les parties prenantes.

Le but principal de Vladimir Poutine avait été la restauration de l’état et de l’économie Russe, et pour cela l’état devait être protégé à la fois contre les envahisseurs et les usurpateurs. Cela exige une armée, qui à son tour, a besoin d’un état qui a des revenus – de préférence des revenus qui ne proviennent pas de l’écrasement d’une concurrence loyale et de la population en général, comme c’était le cas sous les tsars et les commissaires du peuple.

Nous en arrivons donc en 1999 et la Loi sur les Sociétés d’état qui régit les industries stratégiques et géantes comme les Chemins de fer Russes, la Sberbank, Rosneft et Rosatom. Chaque société est créée par une législation distincte et échappe à la supervision du Service Fédéral pour la Gestion de la Propriété d’Etat, en étant directement sous le contrôle du Kremlin.

Au cours des premières années du règne de Poutine, les stratèges du Kremlin se demandaient quels étaient les meilleurs moyens de raviver l’économie Russe. Quels pouvaient être leurs domaines d’excellence dans ce nouveau monde moderne dans lequel la Russie de l’ère post-Soviétique peinait à trouver ses marques ? En quoi la Russie excellait-elle ? Que pouvait fournir la Russie en-dehors du pétrole et du gaz naturel ? La réponse était le gigantisme.

Le gigantisme procure aux Russes une joie particulière. L’idée de l’énormité les encourage : le plus grand pays, le plus grand barrage, la plus grande aciérie. Lorsqu’ils décrivent certains aspects de leurs industries ou de leur pays au visiteur étranger en termes de gigantisme, ils soupirent d’exaspération parce que leur hôte n’arrive visiblement pas saisir à quel point c’est gigantesque. Le poète Lermontov a bien saisi la fière défiance des Russes lorsqu’il écrivait : « Nous sommes peut-être des esclaves, mais nous sommes soumis par la Russie, le maître de l’univers ».

Rosatom, une grande société d’état Russe créée en 2007 à partir des décombres de l’industrie nucléaire Soviétique, est un excellent exemple de la politique de l’état Russe de développer des industries stratégiques et des infrastructures cruciales. Ces grandes sociétés d’état sont (du moins en théorie) positionnées pour permettre et stimuler le reste de l’économie ; en retour les bénéfices de Rosatom (et de sociétés similaires) soutiennent l’état.

Les projets de Rosatom sont énormes et les Russes ont prouvé qu’ils étaient capables de développer la technologie des réacteurs nucléaires, ainsi que la technologie et les procédures de sécurité évoluées. Ils sont également capables de renforcer la position du pays sur le marché de l’énergie nucléaire. L’idée du Kremlin de fournir aux clients des produits de l’industrie nucléaire qui couvrent la totalité de la chaîne d’approvisionnement depuis l’uranium brut jusqu’à l’énergie électrique fournie par les centrales est désormais réalisée, et Uranium One fait partie de cette aventure. C’est une histoire qui a commencé à Vancouver lors du premier sommet Clinton-Eltsine.

En avril 1993, les Américains étaient préoccupés à juste titre par la prolifération des armes nucléaires, mais se concentraient à tort sur un contrat que Moscou avait conclu avec l’Iran pour construire un réacteur nucléaire. Dans ses mémoires, The Russia Hand (La Main de la Russie), Strobe Talbott, le conseiller de Bill Clinton pour les affaires Russes, a insisté sur le fait que ce réacteur, une fois achevé, allait « faire partie du programme secret d’armes nucléaires d’un régime qui soutenait le terrorisme international et s’opposait violemment au processus de paix au Moyen-Orient ».

Les Russes savaient parfaitement que les Iraniens n’avaient pas de « programme secret d’armes nucléaires » et que la paix au Moyen-Orient dépendait davantage du comportement d’Israël que de celui de l’Iran. Viktor Mikhaïlov, alors ministre de l’énergie atomique, refusa de gober ce qu’il appelait le projet de dissimulation de Washington destiné à masquer son véritable objectif : maintenir la Russie en-dehors d’un marché légitime de technologie nucléaire. La Russie avait besoin de revenus, et ce que la Russie vendait et à qui n’était pas l’affaire de Washington.

Mais ce n’était pas ce que les Américains voulaient entendre. Talbott cite son assistante de l’époque et future stratège Ukrainienne du Département d’Etat et ardente avocate de l’Union Européenne, « Toria » Nuland : « Vous voyez, c’est ainsi que sont les Russes. Vous essayez de leur faire avaler leurs épinards, et plus vous leur dites que c’est bon pour eux, plus ils ferment la bouche ».

Après la première Guerre de Tchétchénie en 1994, le contrat Iranien prit une importance supplémentaire. La Russie possède la plus grande population Musulmane de tous les grands pays Chrétiens. Concentrées dans le Caucase (Tchétchénie, Ingouchie, Daguestan, Circassie, Bachkirie, etc.), les peuplements et communautés Islamiques présents depuis plusieurs siècles s’étendent vers le nord sur les deux rives de la Volga vers le Tatarstan, et vers l’ouest jusqu’au Bachkortostan. Ayant déjà perdu la zone-tampon de l’Europe de l’Est et près d’un tiers du territoire national de l’Union Soviétique, le Ministre de la Défense Russe Pavel Gratchev avait prévenu Boris Eltsine que si la Tchétchénie faisait sécession, cela produirait un effet-domino sur les régions voisines à dominante Musulmane. La Russie courrait le risque d’être coupée en deux.

A part cela, sur la question de la prolifération, les intérêts Russes et Américains étaient en phase. Les deux nations furent promptes à se mettre d’accord sur la proposition de l’administration George W. Bush de « Mégatonnes en Mégawatts », annoncée en août 1992, selon laquelle au cours d’une période de 20 ans, la Russie allait convertir 500 tonnes d’uranium extrêmement enrichi provenant des têtes nucléaires démantelées en uranium faiblement enrichi qu’achèteraient les États-unis pour alimenter leurs centrales nucléaires. L’accord fut conclu sous l’administration du Président Clinton en 1993, et tout le monde en était satisfait. Les Russes gagnaient de l’argent grâce à leur expertise nucléaire tout en réduisant leur arsenal nucléaire surdimensionné (tout comme celui des Américains), et les Américains disposaient d’une source fiable d’uranium pour alimenter leur industrie nucléaire.  

Cependant, les six années suivantes furent révélatrices. Poutine les a bien résumées récemment : « Nous vous avons fourni de l’uranium ; vous nous avez remboursé en bombardant Belgrade ». Qu’est-ce que Poutine entendait exactement par-là ? Que résumait-il ?

Dans l’industrie du pétrole et du gaz naturel, la clé réside dans la distribution. Celui qui contrôle le tuyau qui part du champ contrôle le produit.

En assurant une alimentation en énergie depuis les champs de la Mer Caspienne vers l’Europe, l’Occident fournirait un approvisionnement significatif en pétrole et en gaz naturel à l’Europe centrale et occidentale par pipeline, et aux terminaux intermédiaires Américains dans la zone de l’OTAN, en Turquie, en Grèce et en Albanie. Le seul problème était de « maintenir la stabilité » le long du tracé du pipeline depuis la Mer Caspienne à travers le Caucase et les Balkans jusqu’en Europe Occidentale ; la solution retenue fut de créer des protectorats individuels sous l’égide des Nations Unie et de l’OTAN à partit des six républiques et deux régions autonomes qui composaient la Yougoslavie avant 1989. Les « bombes de la paix » de l’OTAN ont servi à saper le dernier état souverain qui entravait la colonisation des Balkans par l’Occident.

Rien de tout cela n’échappa aux Russes. Ils comprenaient qu’il n’y avait rien « d’humanitaire » dans l’agression du Kosovo par l’OTAN, et la rhétorique minable de l’Alliance ne servait que de couverture au pillage en cours du pétrole par l’Occident et à l’expansion de l’OTAN, qui se poursuivent jusqu’aujourd’hui.

Moscou avait toujours contrôlé les oléoducs et les gazoducs qui amenaient le pétrole et le gaz naturel de l’Union Soviétique jusqu’aux marchés Occidentaux. Il valait bien mieux, selon les Américains, que les républiques de l’Asie Centrale, soient redevables de leur future richesse, de leurs frais de transit et de leur sécurité à l’impériale Washington.

Privée de son monopole des oléoducs et gazoducs, avec une capacité nucléaire réduite par l’obsolescence, son secteur de la défense en déclin par manque de moyens, et affligée d’un gouvernement corrompu, de remboursements de la dette insupportables, et d’une élite prédatrice, la Russie ne serait bientôt plus qu’un vaste territoire continental désorganisé et inefficace, tout juste capable de fournir des matières premières (et des milliers de têtes thermonucléaires) à l’Occident. Et même l’exportation efficace de matières premières, prétendaient certains intérêts, allait nécessiter une gestion Occidentale.

Au cours de la décennie suivante, la révolution de la fracturation rocheuse allait changer le visage de l’industrie du pétrole et du gaz naturel ; à présent les États-unis, par exemple, allaient devenir un exportateur de pétrole, et pas seulement un importateur. Mais la pression sur la Russie n’a pas cessé : elle n’a fait que s’amplifier. Les sanctions des régimes Occidentaux ont obligé la Russie à vivre au 21ème siècle l’équivalent d’un siège médiéval.

increasing Russia’s supply of raw uranium, not settling old scores.
En 2009, ce fut Sergeï Kirienko qui le premier a entrevu l’opportunité. L’Occident, qui s’était focalisé sur la prise de contrôle du pétrole et du gaz Russe, avait négligé l’uranium. L’ancien premier ministre d’Eltsine comprit que des actifs profitables qui même alors garantissaient une bonne rentabilité pouvaient s’acquérir à bon marché. Il savait également que le programme Mégatonnes en Mégawatts allait se terminer en 2013, et que les États-unis manqueraient d’uranium pour approvisionner leur industrie. La proposition de Kirienko allait permettre à la Russie de mettre la main sur des actifs en uranium des États-unis. Mais ce n’était pas cela qui était le moteur de ce plan. Ce qui était essentiel pour le développement de Rosatom était d’accroître l’approvisionnement de la Russie en uranium brut, non de régler de vieux comptes.

Après la présentation de Kirienko au Présidium, Poutine donna le feu vert à Rosatom pour s’emparer de ces actifs. La première étape a consisté à faire l’offre d’acheter 17 pourcent du capital d’Uranium One, qui avait tellement alarmé la direction de la société et les promoteurs de ces actions par Renaissance Capital.

Uranium One a réagi rapidement à la remise en cause de la propriété des mines Kazakhes par la société – que la Russie n’avait aucune raison de contester – et a contacté des diplomates Canadiens et Américains en leur disant qu’ils avaient besoin d’une confirmation écrite que les licences étaient valables. Les messages affluèrent au Département d’Etat des États-unis, dont le Secrétaire était alors Mme Clinton.

Mi-juin 2009, selon un article du New York Times (daté du 23 avril 2015), le fonctionnaire responsable de l’énergie à l’ambassade des États-unis au Kazakhstan rencontra des officiels Kazakhs. « Trois jours plus tard », écrit le Times, « une filiale à 100 pourcent de Rosatom finalisa l’achat de 17 pourcent des actions d’Uranium One ». Ce même mois, Bill Clinton fit son désormais célèbre discours de Moscou à un demi-million de dollars chez Renaissance Capital « lié au Kremlin ». « Au bout d’une année », poursuit le Times, « le gouvernement Russe avait notablement augmenté sa mise, avec une généreuse offre qui allait accorder (à la Russie) 51 pourcent des actions ».

Mais pour conclure cet accord, Rosatom devait obtenir l’approbation de la Commission pour l’Investissement Étranger aux États-unis (Committee on Foreign Investment in the United States - CFIUS), à laquelle siégeait le membre le plus important de la Commission, Hillary Clinton, dont le mari était en train de collecter des millions en donations de la part de gens associés à Uranium One.

La garde prétorienne de longue date de Bill et Hillary, à savoir le FBI, a même réussi à mener une enquête, et le Département de la Justice (DOJ) des poursuites concluantes, contre Vadim Mikerine, que le DOJ décrit comme « l’ancien directeur du Département Panaméricain de JSC Techsnabexport (TENEX), une filiale de la Société d’état de l’Énergie atomique de Russie », pour blanchiment d’argent et faits de corruption, sans avoir à recourir à ce qu’on qualifiait de « valises de preuves » rassemblées par un informateur Américain au sein de l’équipe de Rosatom, William Campbell. Ceci fait, le Département de la Justice s’empressa de faire taire son informateur.

Contrairement à l’accord que Hillary avait conclu avec l’administration Obama, en contrepartie de sa nomination comme Secrétaire d’Etat des États-unis, la razzia de 145 millions de $ que la Fondation Clinton avait récoltée de la part des individus liés à Uranium One n’a pas été déclarée, pas plus que les noms des donateurs. Les journalistes n’allaient pas tarder à comprendre que demander des détails aux porte-paroles, anciens employés de campagne ou de bureaux de la fondation, pouvait leur coûter cher.

Les donations de Giustra et de ses copains se montaient à quelque 50 millions de $. D’où provenait alors le reste des 145 millions de $ ? Peter Schweizer, l’auteur de Clinton Cash, raconta à FOX News que selon ses sources au FBI, parmi l’amas de preuves rassemblées par Campbell se trouve un enregistrement « d’officiels Russes de cette société d’uranium parlant d’effectuer des donations à la Fondation Clinton pour obtenir gain de cause ». Si c’est vrai, le FBI aurait découvert le complot Russe avant que l’administration Obama n’approuve l’offre Russe de 2010 pour acquérir 51 pourcent d’Uranium One, que la Russie – par l’intermédiaire d’ARMZ, une filiale de Rosatom – possède en totalité aujourd’hui (100 pourcent, contrairement aux intentions de Moscou déclarées en 2010), et de ce fait contrôle 20 pourcent de l’uranium des États-unis. Pourquoi la CFIUS n’a-t-elle pas été informée de cette escroquerie ? Pourquoi l’enquête et les poursuites contre Mikerine ont-elles été dissimulées au Congrès ? Pourquoi ont-elles été dissimulées au public, alors que la moindre calomnie infondée envers la Russie est clamée du haut des toits ?

Le petit levier sur les besoins énergétiques des États-unis que la Russie a retiré de la possession d’Uranium One valait-il une rétribution de 145 millions de $ offerte aux Clinton ? Les contrats de Rosatom se chiffrent en milliards, ce qui signifie que la campagne de 145 millions de $ n’a rien de déraisonnable, selon les pratiques usuelles du marché international de l’escroquerie : une part de 10% est le pourcentage habituel de pots-de-vin qui est versé. La Russie a-t-elle surpayé les actions d’Uranium One dans l’offre de 2013 en sachant bien que les heureux bénéficiaires allaient envoyer une part du gâteau aux Clinton ? Giustra lui-même est réputé avoir touché près de 300 millions de $ pour ses actions dans Uranium One, après quoi il a fait don de 31,5 millions de $ à la Fondation Clinton.

Par-dessus tout, la question qui s’impose est la suivante : Pourquoi les Russes, qui ont conclu un compromis aussi excellent avec Hillary et tout en entretenant des relations aussi géniales avec Madame Reset, voudraient-ils un Trump aussi volatile et capricieux à la Maison Blanche à sa place ? Ils en ont eu leur part chez eux avec Boris Eltsine. Ils connaissaient Hillary ; alors qu’ils ne connaissaient pas Trump.

Et qu’en est-il de Poutine ? Est-il un corrupteur ? Est-il un personnage aussi sûr de lui et confiant qu’il plongerait dans les eaux troubles de la corruption internationale, en s’impliquant avec les Clinton aux Etats-Unis, un pays qui à la fois l’amuse et le trouble ? Malgré les racines historiques des structures juridiques de Poutine, favorisant l’émergence de ce qu’il appelle des « champions de la Russie », ne se pourrait-il pas qu’elles produisent une structure proto-fasciste qui ne serait pas sans rappeler le Service de Développement et de Financement de l’Arkansas du Gouverneur Clinton ?

L’utilité pour la Russie de ses sociétés d’état dépend presque entièrement du caractère et de la compétence du khozyain et de ses subordonnés. Aux mains de gens ayant leurs propres intérêts cœur, la structure d’ensemble pourrait causer de gros dégâts. Le cas d’un

Il y a d’autres considérations à prendre en compte. Lorsque de grosses sommes changent de main, le problème du traçage des preuves peut être minimisé avec l’aide d’une banque d’affaire offshore amicale – comme, disons, Renaissance. Le rachat complet d’une société privée offre une opportunité rare aux gens qui sont au courant. Est-ce que d’autres bénéficiaires ayant des intérêts politiques sont intervenus pour acheter des actions à un prix gonflé aux actionnaires d’Uranium One pour ensuite les vendre à perte aux Russes à un prix convenu d’avance ? (Il existe toutes sortes de moyens pour les riches de se faire de nouveaux amis en augmentant leur cercle d’influence). Qui d’autre aurait pu bénéficier aux côtés des Clinton des supposées largesses de Rosatom ?

Toutes ces questions ont besoin de réponses. Début 2018, les grands médias ont mentionné « l’obsession » de Trump par rapport à Uranium One (NBC News) comme étant une manœuvre de diversion de sa part et de celle de ses soutiens pour détourner l’attention des Américains de sa supposée « collusion » avec la Russie pour truquer l’élection de 2016 en sa faveur. Bizarrement, ceux qui s’échinent à établir des liens entre la Russie et Trump ont des liens avec les Clinton, y compris sur des sujets relatifs à Uranium One.


Sydney Powell dans le Daily Caller (« L’équipe de choc de Mueller a couvert les activités de Clinton et persécute les associés de Trump », du 6 décembre 2017) souligne les nombreuses connexions entre les procureurs qui ont travaillé sur l’affaire d’escroquerie de Mikerine et ceux qui travaillent aujourd’hui dans l’équipe d’enquêteurs du Conseiller Spécial de Trump.

Parmi les relations que mentionne Powell, la première est l’amitié de notoriété publique entre l’ancien Directeur du FBI James Comey et l’ancien Directeur du FBI Robert Mueller, et de leurs anciens subordonnés, Rod Rosenstein et Andrew Weissmann. Le Procureur Général Adjoint Rod Rosenstein nomma Mueller conseiller spécial « moins de sept jours après le limogeage de Comey ». En guise de renvoi d’ascenseur, Mueller est intervenu pour placer M. Weissmann dans la Task Force d’Enron, lui permettant de piétiner les plates-bandes de tout Houston, de détruire Arthur Andersen LLP et 85 000 emplois, et d’envoyer quatre cadres innocents de Merril en prison pour des crimes inventés de toutes pièces pendant que lui et son équipe dissimulaient les preuves établissant leur innocence.

Ensuite il y a le fait que Mueller a protégé Peter Strzok, son principal enquêteur, qui a largement contribué aux efforts de Comey pour dispenser Hillary Clinton des conséquences juridiques de ses manquements pour protéger les informations vitales pour la sécurité nationale via son infâme serveur privé. L’appréciation et le soutien de Weissmann par courriel au Procureur Général Adjoint d’Obama, Sally Yates pour son refus d’appliquer l’interdiction de voyager du Président Trump, n’ont fait que raviver les braises. (Yates prétend qu’elle devait dénoncer le Général Flynn, parce que ses allusions aux intentions de Trump de passer outre aux sanctions d’Obama lors d’une conversation téléphonique avec l’Ambassadeur Russe Kisliak plusieurs jours avant la prestation de serment de Trump, le rendaient sensible au chantage. Mais concernant l’accord de 145 millions de $ avec la Fondation Clinton et le rachat par les Russes d’Uranium One ? Pas un mot.)

Le dimanche 17 décembre, True Pundit publia un rapport sur l’association de longue date du Directeur-Adjoint du FBI, Andrew McCabe avec des figures du crime organisé Russe et son implication très inhabituelle dans les enquêtes sur les poseurs de bombe de Boston (un coup monté foireux - NdT), le supposé enlèvement par les Iraniens de l’agent du FBI Robert Levinson, et autres affaires impliquant des éléments Russes, qui étaient normalement du ressort d’agents de terrain. De tels agents constituaient bien les diverses équipes d’enquête de McCabe, mais il ne leur faisait pas part de ses découvertes, ni des tuyaux qu’il obtenait de ses contacts avec Oleg Deripaska, le multimilliardaire qui était sorti vainqueur des sales guerres de l’aluminium des années 1990, qui joue un rôle éminent dans l’inculpation de Paul Manafort par Mueller.

Ajoutez-y que McCabe a reçu une contribution de 700 000 $ pour la campagne avortée de son épouse pour devenir Sénateur de Virginie, de la part du Gouverneur de Virginie et agent de longue date de Clinton, Terry McAuliffe (lui-même objet d’une enquête à l’époque) ; la promotion par McCabe de l’enquêteur désavoué Peter Strzok ; ses liens avec Fusion GPS lié aux Démocrates, avec le récemment rétrogradé Peter Ohr et son épouse Nellie, une ancienne employée de Fusion GPS et indic de la CIA, et l’équipe de Mueller ressemble davantage à l’instrument de quelques intérêts très particuliers, qu’à des fonctionnaires publics exemplaires tant vantés.

Pour le moment, l’enquête infructueuse de près d’un an, menée par Robert Mueller sur la présumée collaboration de Donald Trump avec des officiels Russes, se poursuit. Au moment de la rédaction de cet article, elle s’égare dans des prêts immobiliers de la Deutsche Bank remontant à plus d’une décennie. Pourtant le scandale ultime des Clinton implique une collusion significative avec certains Russes opportunistes, s’étendant sur des décennies – organisée depuis les États-unis et – une débâcle de financements privés, allant de l’effondrement du marché obligataire Russe financé par le FMI à Uranium One – et représentant une véritable menace pour la sécurité et les intérêts des États-unis.

Traduction de Patrick T.

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