samedi 6 janvier 2018

06/12 - Livre polémique que Donald Trump 
ne veut pas voir publier. 

Inutile de lire ce chiffon et engraisser son auteur.
Les avocats de Donald Trump ont tenté de bloquer la publication du livre "Fire and Fury : Inside The Trump White House", prévue mardi 9 janvier et finalement avancée à vendredi.
Les pressions de la Maison Blanche n'ont pas eu l'effet escompté. L'auteur et l'éditeur de Fire and Fury : Inside the Trump White House ont décidé d'avancer la publication de ce livre explosif, dont Donald Trump tente d'empêcher la sortie. L'enquête de Michael Wolff (Le Feu et la fureur : à l'intérieur de la Maison Blanche de Trump, en français) sera donc en librairie aux Etats-Unis dès le vendredi 5 janvier. Le journaliste au Hollywood Reporter y raconte les coulisses de la première année au pouvoir de Donald Trump, marquée par un "chaos" permanent. Voici quatre choses à savoir sur cet ouvrage.

C'est le résultat d'un an et demi d'enquête
Michael Wolff est un journaliste de 64 ans. Il a notamment écrit pour le New York Magazine et Vanity Fair et il est l'auteur de sept livres, selon ABC News (en anglais). Son plus connu, The Man Who Owns The News, sorti en 2008, est consacré à un autre magnat : Rupert Murdoch. En 2004, le magazine New Republic le décrivait comme "en partie éditorialiste mondain, en partie psychothérapeute, en partie anthropologue social". Mais sa narration, basée sur des conversations ou des informations obtenues de source indirecte, a déjà semé le trouble dans le passé.
Le New York Magazine (en anglais), qui en a publié mercredi les bonnes feuilles, explique que Fire and Fury : Inside the Trump White House est le résultat de dix-huit mois d'entretiens avec des membres du staff de Donald Trump et avec le président lui-même. Pour les besoins de son enquête, Michael Wolff aurait pris ses quartiers dans la Maison Blanche rapidement après l'investiture de Donald Trump et aurait conduit plus de 200 interviews. L'auteur affirme avoir occupé "quelque chose comme une place semi-permanente sur un canapé de l'aile ouest [de la Maison Blanche]".
Citée par NPR (en anglais), la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a expliqué que Donald Trump n'avait eu qu'une "brève conversation" avec Michael Wolff. Elle a aussi assuré que la présence de Michael Wolff à la Maison Blanche était due à Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump. Sur Twitter, le président américain affirme de son côté sur Twitter qu'il n'a "autorisé aucun accès à la Maison Blanche" à Michael Wolff et qu'il ne lui a jamais parlé.
Dans l'introduction du livre, Michael Wolff admet que "beaucoup d'informations sur ce qu'il s'est passé à la Maison Blanche depuis la prise de pouvoir de Donald Trump sont contradictoires ; beaucoup, dans le style trumpien, sont simplement fausses". Ces contradictions ou cette prise de liberté avec la vérité constituent "le fil" du livre, dit-il, ajoutant avoir publié "la version des évènements qu'[il croyait] vraie".

Il dresse un portrait peu reluisant du président
Le livre, d'après les extraits qui ont été obtenus et publiés mercredi par le Guardian, le Washington Post et le New York Magazine, est rempli d'anecdotes croustillantes, risibles et parfois invraisemblables sur Donald Trump.
Donald Trump ne voulait vraiment pas être président. Le milliardaire avait déjà expliqué qu'il ne pensait pas remporter l'élection présidentielle. Mais le livre de Michael Wolff révèle que ce n'était même pas son objectif. Selon un extrait publié par le New York Magazine, Donald Trump voulait profiter de la campagne pour "renforcer sa marque" et s'ouvrir "des opportunités incroyables". "Je peux devenir l'homme le plus célèbre du monde", aurait-il déclaré à son conseiller, Sam Nunberg.
Un candidat bien mal renseigné. Donald Trump aurait déclaré qu'il ne connaissait pas John Boehner, alors qu'il discutait avec ses proches d'un potentiel futur chef de cabinet pendant la campagne. Le républicain était pourtant président de la Chambre des représentants, avant Paul Ryan. Une fois élu, le milliardaire aurait souhaité embaucher son gendre, Jared Kushner, comme chef de cabinet. "Finalement, Ann Coulter a pris le président à part", raconte le livre. "Apparemment personne ne vous l'a dit, mais vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez pas embaucher vos enfants", lui aurait-elle dit.
Ambiance délétère à la Maison Blanche. Donald Trump serait fréquemment reclus dans sa chambre dès 18h30, avec un cheeseburger, les yeux rivés sur ses trois écrans de télévision. Un seul ne suffisait apparemment pas et il en aurait fait installer deux supplémentaires. Il multiplierait aussi, tous les soirs, ses appels à un petit groupe d'amis sur lesquels il déverse "un flot de récriminations", allant de la malhonnêteté des médias au manque de loyauté des membres de son équipe.
Donald Trump serait paranoïaque. Le président aurait interdit au personnel de ménage de toucher les objets dans sa chambre, en particulier sa brosse à dents, car il redouterait d'être victime d'un empoisonnement. Selon Michael Wolff, cette crainte serait également à l'origine de son goût prononcé pour McDonald's. "Il aime manger [dans les restaurants de la chaîne] car personne ne sait qu’il vient et la nourriture est préparée d’avance", affirme le livre.
Les secrets de sa coiffure expliqués par sa fille ? Raillé pour sa coupe pendant la campagne, Donald Trump avait laissé plusieurs personnes lui tirer les cheveux pour prouver qu'il ne portait pas de perruque. Ivanka Trump a finalement révélé à ses amis les secrets de la chevelure de son père. "Un sommet du crâne chauve, absolument propre – une petite île limitée grâce à une opération du cuir chevelu – entouré par un cercle de cheveux devant et sur les côtés, qui sont lissés pour couvrir le dessus et fixés avec avec une laque forte". Quant à la couleur blond orangé ? Elle serait due à l'impatience de Donald Trump, qui n'attend pas le temps de pose prescrit pour sa teinture "Just for Men".

Il contient de nouvelles révélations sur l'affaire russe
Steve Bannon, ancien conseiller spécial de Donald Trump, livre plusieurs confidences à Michael Wolff. Il estime que l'entretien en juin 2016 entre le fils aîné du président, des cadres de son équipe de campagne et des interlocuteurs russes, est assimilable à une trahison. Cette rencontre est au cœur de l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion entre l'équipe de campagne du président et la Russie, en vue d'influencer l'élection présidentielle au profit du républicain.
"Les trois personnes les plus importantes de la campagne ont pensé que c'était une bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger dans la Trump Tower, dans la salle de conférence du 25e étage, sans avocats, explique Steve Bannon dans le livre. Même si vous pensez que ce n'était pas une trahison, pas antipatriotique ou pas une connerie, et moi je pense que c'est tout cela, vous auriez dû appeler le FBI tout de suite."
La réaction de Donald Trump ne s'est pas fait attendre. Il a accusé Steve Bannon d'avoir "perdu la raison" et a immédiatement entamé une procédure judiciaire. Dès mercredi soir, l'avocat du président américain a adressé une mise en demeure écrite à Steve Bannon, l'accusant d'avoir rompu un accord de confidentialité et d'avoir tenu des propos diffamatoires "à l'encontre de Monsieur Trump et de membres de sa famille".

Il est au cœur d'une bataille entre la Maison Blanche et l'éditeur
Selon le Washington Post, l'avocat personnel de Donald Trump, Charles Harder, a tenté jeudi 4 janvier d'empêcher la sortie de Fire and Fury : Inside the Trump White House. Dans une lettre envoyée à l'auteur et à son éditeur Henry Holt, les conseils du président américain dénoncent des comptes-rendus "faux/sans fondement" contenus dans cet ouvrage et demandent que l'auteur et l'éditeur "cessent immédiatement" la publication du livre. Ils évoquent en outre de possibles poursuites, notamment pour diffamation.

Les menaces n'ont toutefois pas eu l'effet recherché. La sortie de l'ouvrage sur les coulisses de la Maison Blanche, initialement prévue mardi 9 janvier, a finalement été avancée au vendredi 5 janvier. "Et voilà. Vous pouvez l'acheter (et le lire) demain. Merci, monsieur le président", a lancé Michael Wolff dans un tweet.

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