jeudi 2 mars 2017

02/03 -  UKRAINE : N. VITRENKO DÉNONCE 
UN PUTSCH NÉONAZI POUSSÉ PAR L’OTAN. 

Jacques Cheminade, ancien candidat
présidentiel et président de S&P, 
avec Natalia Vitrenko, présidente
du Parti socialiste progressiste d’Ukraine.
Entretien avec NataliaVitrenko, présidente du Parti socialiste progressiste d’Ukraine. Cette opposante à Ianoukovitch dénonce fermement le péril néonazi qui menace l’Ukraine depuis que l’UE et les Etats-Unis ont légitimé et rendu incontrôlable l’extrême droite ukrainienne.
Transcription de la conférence internet de Natalia Vitrenko
A la tête d’une délégation venue d’Ukraine, l’ancienne candidate présidentielle Natalia Vitrenko, économiste et fondatrice du Parti socialiste progressiste d’Ukraine (PSPU), a démarré sa tournée européenne le 24 février à Paris, où elle a pu s’entretenir avec différentes personnalités. « Bonjour camarades ! » a-t-elle lancé à la cinquantaine de personnes réunies au siège de S&P, en ouvrant une conférence-débat de plus de deux heures introduite par Jacques Cheminade et retransmise en direct par internet. Quelque 500 personnes, partout en France et dans le monde, ont pu, lors d’échanges animés, dialoguer en direct avec Mme Vitrenko.

Avant un bref propos introductif (ci-dessous), l’ancien candidat présidentiel et président de S&P, Jacques Cheminade, a présenté les membres de cette délégation, tous signataires de l’appel lancé le 25 janvier 2014 par 29 organisations ukrainiennes aux dirigeants mondiaux et aux autorités internationales : le colonel Valeri Sergachov, président du parti Kiev Rus et ancien membre du Conseil municipal d’Odessa, Volodymyr Marchenko, président de la Confédération pan-ukrainienne des syndicats ouvriers (Confédération ukrainienne du travail), ancien député, membre de la Commission parlementaire des questions constitutionnelles et vice-président du PSPU, et bien sûr, l’ancienne députée Vitrenko qui, ayant anticipé depuis vingt ans l’éventualité d’une telle crise, est intervenue pour tenter de l’éviter.

Introduction de Jacques Cheminade
Bonsoir à tous. En ce moment tragique de l’histoire, nous sommes heureux d’accueillir parmi nous la délégation ukrainienne, présidée par Natalia Vitrenko, présidente du Parti socialiste progressiste d’Ukraine. Elle se bat pour une véritable indépendance et une véritable justice sociale en Ukraine, une Ukraine qui est bafouée, appauvrie et détruite depuis une trentaine d’années.
Aujourd’hui, on assiste à une opération que l’on peut qualifier d’occidentale, mais qui est en fait celle de services américains, anglais et de leurs complices dans d’autres pays, pour déstabiliser l’Ukraine dans une manœuvre visant à en faire un détonateur vis-à-vis de la Russie, d’une part, et d’autre part, à s’emparer de l’espace que Halford MacKinder et tous les Britanniques nommaient l’« île centrale », en vue de ce que Zbigniew Brzezinski appelait « le reflux » de la Russie.
Nous avons, d’une part, cette offensive lancée par cette agrégation de puissances occidentales, dont certaines factions aux Etats-Unis et en Angleterre sont prêtes à aller jusqu’au seuil d’une guerre thermonucléaire, et d’autre part, une résistance de la Russie qui, elle aussi, peut montrer ses dents nucléaires et thermonucléaires. C’est une situation extrêmement grave. Natalia elle-même se bat depuis plus de vingt ans pour éviter que cette crise ne se produise. Maintenant, nous y sommes.
Ayant été attaquée de toutes parts, Natalia Vitrenko représente aujourd’hui l’esprit d’indépendance de son pays, qui doit rejoindre celui du nôtre.
Avec elle, auprès d’elle, une délégation de personnes parmi lesquelles Valeri Alexandrovich Sergachov, le président du Parti des slaves orientaux – ce qu’on appelle là-bas le Parti Rus de Kiev. C’est un mouvement d’origine ruthène, mais qui va beaucoup plus loin : il est pour une Ukraine unie et contre une partition pour des raisons ethniques, communautaires ou autres.
Il y a aussi Vladimir Romanovitch Marchenko, le président de la Confédération ukrainienne du travail, qui se bat depuis très longtemps sur le front de l’indépendance et de la liberté de son pays.
Natalia a été deux fois députée. Son ami, qui se bat avec elle, l’a été lui-même plusieurs fois. Ce sont donc des gens qui ont été aux affaires, qui connaissent très bien la vie politique ukrainienne et qui sont sur le front de la bataille depuis très longtemps. Elle-même a été candidate à la présidence : la première fois, elle a obtenu 11 % des voix, la deuxième, seulement 1,5 % mais elle était combattue de toutes parts, et la dernière fois, elle n’a pas pu réunir les 100 000 euros exigés comme « droit d’entrée ».
Dans ce pays en proie aux oligarques qui évaluent les choses par milliards,
100 000 euros, ça ne paraît rien. Le fait qu’elle n’ait pu les rassembler, c’est le reflet de l’indépendance, c’est le reflet, je dirais, de l’honnêteté qu’elle représente. Je lui laisse la parole.


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