lundi 25 avril 2016

25/04 - HISTOIRE DE «NUIT DEBOUT».

Le jeudi 31 mars : On ne rentre pas chez nous !
On a décidé ça, avec des personnes de la CGT et de «Solidaires», avec des intermittents et précaires, avec des lycéens et des étudiants, un collectif informel, mais avec quand même un millier de présents à la Bourse dufakir detective
 travail.
Le jeudi 31 mars, on participe à la manif nationale à Paris. Mais après le défilé, on ne rentre pas chez nous. On occupe une place, un lieu, on verra bien où. On fait une projection géante de «Merci patron» !, à rigoler tous en chœur. On se fait des concerts pour la bonne humeur. Et aussi, surtout : on cause. On essaie d’inventer un truc, un point de fixation des espoirs et des luttes.
Donc, vous prévoyez le sac de couchage et le bonnet !

Patrons malpolis : jamais un «Merci !»
Quoi de neuf avec la loi El Khomri ? Rien :
voilà trente ans que, d’un gouvernement à l’autre, ils répètent les mêmes recettes.
Voilà trente ans qu’ils demandent aux salariés, et jamais au capital, de «s’adapter», de se «moderniser».
Voilà trente ans qu’ils flexibilisent, compétitivent, précarisent, tempartiellisent, allègefillonisent, ANIsent, CICEisent, etc.
Avec quoi, pour résultat ?
Un chômage toujours plus de masse. Et des patrons malpolis, qui ne disent jamais «merci» !
Au-delà de la dernière contre-réforme, c’est à toute cette histoire qu’il faut tourner la page.
La «gauche de droite», ça suffit.

Le samedi 12 mars se tient à Amiens «le réveil des betteraves», avec l »a Compagnie Jolie Môme », « l’Arrache fanfare », « les Sapag », Frédéric Lordon (économiste) et Mickaël Wamen (délégué CGT de Goodyear).
François Ruffin (rédacteur en chef de Fakir) viendra y raconter la suite, pas montrée sur grand écran, de Merci patron ! : «Bernard, ses barbouzes et moi».
Et ensemble, on viendra imaginer une suite à Merci patron ! : Qu’est-ce qu’on peut faire ensemble, maintenant ?
Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut beaucoup.
Et c’est pour ça qu’à la fin, c’est nous qui allons gagner !

Rouges et verts : tous ensemble !
Le Code du Travail et la pollution, les Goodyear et Notre-Dame-des-Landes, c’est un seul et même combat : contre l’oligarchie.
Comme on l’écrivait y a une paire d’années :
On le sait, désormais : ils iront jusqu’au bout. Ils raseront les forêts. Ils videront les mers des thons, des baleines, des sardines. Ils pressureront les roches. Ils feront fondre les pôles. Ils noirciront l’Alaska. Ils réchaufferont l’atmosphère jusqu’à ébullition. Ils nous vendront un air coté en Bourse. Ils affameront des continents. Ils sauveront les banques avec nos retraites. Ils solderont les routes, les îles, les jardins publics au plus offrant. Ils spéculeront sur nos maisons, notre santé, notre éducation. Ils mettront, à force de stress, la moitié des travailleurs sous antidépresseurs – et l’autre moitié au chômage. Ils lèveront des impôts sur nos égouts, nos chaussettes, notre haleine – plutôt que de toucher à leurs bénéfices.
Le doute n’est plus permis : qu’on les laisse faire, et tout ça ils le feront. Voilà leur programme pour ne rien changer, ou si peu. Pour préserver leurs privilèges, leurs dividendes, leurs jets privés, leurs allers-retours en classes affaires. Pour se bâtir des ghettos sociaux, sécuritaires, climatiques – où les plus riches de nos enfants, les plus serviles, les plus laquais, seront admis en leur compagnie.
Mais les laissera-t-on faire ?

Depuis les cavernes…
Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, a vu sa fortune augmenter de 9,27 milliards d’euros en 2015.
C’est comme s’il gagnait 10 000 € par minute !
Les ouvrières de Poix-du-Nord (59), qui fabriquaient les costumes Kenzo, étaient payées au Smic, soit – environ – 20 000 € par an (avec les cotisations retraites, chômage, etc.). En une année de travail, elles touchaient l’équivalent de deux minutes de leur PDG ! Et il aurait fallu qu’elles cousent 463 500 ans pour accumuler autant que Bernard Arnault en douze mois. C’est-à-dire depuis l’âge du feu ! Depuis que l’ «homo erectus» a commencé à se redresser !
Ça paraît déjà hallucinant.
Mais le plus drôle, et le plus tragique, c’est que le salaire des ouvrières de Poix-du-Nord est trop élevé ! Leur usine a délocalisé en Pologne, et maintenant en Bulgarie ! Et les médias, les économistes, nous le répètent tous les matins, sans humour, qu’en France «les salaires sont trop élevés» ! Nos salaires à nous, pas ceux des grands patrons...


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